Colombie: terminus, tout le monde descend!!!

Colombie: terminus, tout le monde descend!!!

Du 30 octobre au 25 novembre 2016
Après un passage frontière un peu long côté Equateur, nous arrivons en Colombie, ce pays qui viendra clore une longue série de pays traversés. Nous passons notre première nuit sur le parking du sanctuaire de las Lajas, un site religieux au style néo-gothique situé dans une plaisante vallée.
IMG_3290IMG_3294
En ce début de mois, notre esprit commence sérieusement à se tourner vers la France et la planification du voyage retour. La question récurrente étant : que ferons-nous après?
Nous avons beaucoup parlé, pendant ces 13 mois de périple, de nos attentes, de nos souhaits professionnels et familiaux après le voyage. Est-ce que l’on vend notre maison? Si oui, où est-ce que l’on s’installe?
On aimerait développer telle ou telle activité. Est-ce possible ou illusoire? En avons-nous réellement l’envie et l’énergie? Ne serait-ce pas plus confortable d’être salarié à nouveau?
Nos questions n’ont pas trouvé de réponse concrète. Nous rentrons et nous verrons ce que l’avenir nous réserve. La vie est toujours une question d’opportunités, de chemin qui se présente à un moment donné. Laissons évoluer les choses!!!
En attendant, il nous reste un mois pour en profiter au maximum. Alors, c’est parti direction Mocoa, au sud-ouest du pays. Pour s’y rendre, il faut emprunter une piste bien périlleuse et escarpée à laquelle s’ajoutent plusieurs passages de rivières à traverser. Nous sommes ici au coeur de la Colombie telle que l’on se la représente. Des hectares et des hectares de jungle tropicale s’étendent à perte de vue.
Arrivés à Mocoa, nous stationnons près de la cascade “fin del mundo” où nous voulions nous rendre le lendemain. Des pluies diluviennes tombent malheureusement toute la nuit rendant le sentier impraticable. Nous prenons conscience que nous arrivons en pleine saison des pluies ce qui rendra notre découverte de la Colombie un peu compliquée à notre plus grand regret.
Au petit matin, il pleut toujours et les infiltrations sont nombreuses dans Big Mama. Le toit n’est pas étanche à certains endroits nous obligeant à étaler des serviettes un peu partout pour éponger les flaques. De mon côté, j’ai eu le droit à quelques gouttes qui me sont tombées sur la tête pendant la nuit.
Pour couronner le tout ce matin-là, la clef du capot se casse dans la serrure. Bien sûr, il s’agit également de la clef qui ouvre le réservoir d’essence. Ceci dit, comme souvent, il faut avouer que l’on a de la chance dans notre galère, puisqu’un serrurier de la ville réussira à récupérer la clef et à fabriquer un double dans la matinée. On quitte la ville sous la pluie, dès notre mésaventure réparée, pour se rendre à San Augustin.
Parcourir cette route aurait été dangereuse il y a quelques années à cause de la présence des FARC dans la région. Aujourd’hui, les FARC ont baissé les armes, l’accord de paix est signé et nous pouvons rouler sans crainte pour explorer l’ouest de la Colombie. L’armée et les forces de police sont extrêmement déployées tout au long de la voie. On prend la mesure de l’insécurité qui existait dans le pays auparavant.
IMG_3318IMG_3320IMG_3332
San Augustin est le site archéologique par excellence de la Colombie. Il abrite en effet de curieuses statues précolombiennes disposées majoritairement derrière des dolmens et des tombes funéraires.
On profite de quelques éclaircies pour visiter les sites et se promener dans la campagne. Au camping de San Augustin, un enseignant et son groupe d’élèves nous abordent pour converser en anglais. On se prête au jeu de cette sympathique classe d’anglais.
IMG_3333IMG_3361
“T’as de beaux yeux tu sais!!!”
IMG_3412IMG_3344IMG_3359IMG_3380
San Augustin est aussi le lieu de paysages magnifiques, comme d’ailleurs partout en Colombie.
IMG_3385IMG_3387IMG_3391IMG_3406
Nous prenons ensuite la direction du désert de la Tatacoa. On se dit qu’ici nous devrions être protégés de la pluie pendant quelques jours. Il fait une chaleur étouffante, mais chaque nuit, nous avons le droit à des pluies d’orages et à nos fidèles infiltrations!!!
Pendant la journée, on se balade dans le canyon de Cusco jusqu’à ce que la chaleur nous ramène bien vite, à l’ombre, à déguster un bon verre de jus de canne bien glacé.
IMG_3425IMG_3446IMG_3455
Le lendemain matin, un petit plongeon dans la piscine d’eau minérale assurera notre salut. Elle est implantée au coeur de la forêt sèche dans un magnifique décor.
IMG_3459
Lisa, le cachalot!!!
IMG_3478
On quitte cette région pour aller explorer Salento et la vallée de Cocora. Pour s’y rendre, nous empruntons une route de montagnes qui traverse le centre du pays d’est en ouest. Un vrai cauchemar. Cette route est la voie empruntée par les camions chargés de conteneurs qui relient Carthagène à Bogota. La route est sinueuse et il faut régulièrement s’arrêter dans les lacets pour laisser les poids lourds passés. Bien sûr, il  pleut toute la journée ce qui n’arrange rien. Nous arrivons de nuit complètement crevés (surtout le chauffeur) à Salento.
Le lendemain, nous partons pour une journée de randonnée dans cet endroit splendide composé de collines aux nuances de vert de toute beauté presque fluo parfois avec ces palmiers de cire sous lesquels pâturent les vaches.
Le sentier est énormément boueux, on zigzague comme on peut pour éviter de revenir couvert de boue. Sans bottes, la tâche s’avère impossible.
 IMG_3488IMG_3498IMG_3489IMG_3500IMG_3505IMG_3517
Cette région est également la région de production du café. Sur les conseils d’un voyageur, nous nous rendons à la Hacienda Venezia, une belle exploitation ouverte également au tourisme. Nicolas reste avec les filles pendant que je réalise la visite du café pendant deux heures et demi. Nous avons le droit à une présentation complète, de l’histoire du café en passant par la production jusqu’à la torréfaction.
Le soir, on discute avec les autres voyageurs ou woofeurs. Il y règne un petit air d’auberge espagnole à l’ambiance très sympathique.
Le lendemain, au moment de partir, Nicolas est inquiet à l’idée de traverser la rivière. Le niveau de l’eau a augmenté deux jours plus tôt à cause de pluies d’orages importantes. Finalement, on se sera inquiété pour rien car Big Mama franchira le cours d’eau très facilement.
IMG_3522
Plantation de bananiers
IMG_3528
Plantation de caféiers
IMG_3524IMG_3534IMG_3540IMG_3547
Depuis quelques jours, nous surveillons nos mails quotidiennement. Nous apprenons que le départ du bateau du mois de décembre est repoussé au 17 décembre. Nous attendons donc le feu vert pour prendre celui de fin novembre. Une fois la décision validée par la compagnie, cap nord vers la ville de Carthagène des indes. Et quelle route!!! Les premiers 300 km sont compliqués. Nous devons faire face à une circulation importante de camions containers, de routes de montagnes avec son lot de lacets et de virages. Nous roulons toute la journée pendant trois jours. Nous n’avons pas le choix, nous avons rendez-vous dans trois jours à Carthagène pour organiser le shipping de Big Mama.
Au départ, parcourir 700 km en trois jours nous semblait raisonnable. C’était sans compter la circulation de poids lourds, les accidents, les trous dans la chaussée, les travaux. Il faut être extrêmement vigilant sur la route. Le troisième jour, nous arrivons dans la banlieue de Carthagène de nuit. Et là, c’est le drame. Exténué, Nicolas, en se garant, ne voit pas un cable d’acier qui soutient un poteau électrique. Le pare-brise est cassé. Big Mama pourra-t-il prendre tout de même le bateau prévu dans quelques jours? Ce soir là, le niveau d’énervement et de tension est au sommet dans le camion. On se couche pour oublier et envisager les solutions possibles seulement à notre réveil.
Le lendemain, nous sommes soulagés en apprenant que Big Mama pourra tout de même partir à condition de bien sécuriser la partie abîmée. On campe sur le parking de l’hôtel Bellavista où nous resterons pendant les six prochains jours.
Avec Big mama dans cet état, il est impossible de parcourir trop de kilomètres. Nous sommes à Carthagène, aux portes des Caraïbes. C’est un peu frustrant de s’arrêter là sans pouvoir aller explorer quelques endroits paradisiaques. Par ailleurs, il faut être réaliste et penser au retour et à notre réinstallation en France. Le temps des cigales est révolu…
En attendant le jour des fourmis, nous profitons de nos derniers instants au sein de la belle ville coloniale de Carthagène, à déambuler dans les rues et places colorées du centre ville, à se promener le long de la plage, à profiter de la sympathie du pays et des colombiens. J’aime l’ambiance de la ville et sa chaleur qui nous fera tant défaut dans les prochains mois. Nous aimons aussi beaucoup l’ambiance vintage de l’hôtel.
20161120_15311620161120_15364420161120_15391420161120_15435920161120_15523120161120_16022420161120_17183120161122_110404[1]
Test approuvé du yogurtbar
Nous faisons également sécuriser le pare-brise. Dans cet hôtel et comme souvent en Colombie, tout le monde connaît toujours quelqu’un pour réparer ou dépanner à moindre coût.
20161121_102052 220161122_134839
Avant/après
Nous préparons le camion le dernier jour. Les températures continuent de grimper pour atteindre les 40°, nous faisant perdre des litres d’eau au moindre mouvement.
Et voilà, toutes nos affaires sont rangées dans la chambre des filles, le cadenas est posé à la porte. Terminus, tout le monde descend!!! On regagne notre chambre d’hôtel avec tous nos souvenirs accumulés depuis 13 mois. Les filles sont contentes de rentrer en France. De notre côté, sous sommes à la fois heureux de retrouver notre famille et nos amis, et un peu plus sceptiques quant à la reprise d’une vie routinière…Affaire à suivre…
IMG_3555
Petit déjeuner à l’hôtel Bellavista avant de s’envoler vers la France
Conseils aux voyageurs:
-Pour les voyageurs appréciant l’ambiance roots et vintage : hôtel Bellavista à Carthagène des indes (Marbella, Carrera 1 #46-50) : camping un peu cher (50 000 pesos avec électricité), chambres et restaurant à bon prix
-Pour les baroudeurs cherchant un shipping Carthagène/Anvers ou Le Havre:  contacter Stéphane CF Bergius de la société allemande BKB globe. Il est pro et réactif : sbergius@bk-group.de
Ils ont un contact sur Carthagène qui vous assistera dans les démarches douanières : Luis Ernesto de la Rota : gerencia@enlacecaribe.com
Publicités

Equateur #2: 30 millions d’amis en Equateur

Equateur #2: 30 millions d’amis en Equateur
Du 19 au 29 octobre 2016
Nous voilà arrivés sur la côte pacifique où nos journées alternent entre beau soleil et brouillard. A Puerto Lopez, une petite ville vivant de la pêche et du tourisme, nous rencontrons une famille marseillaise, les Dalton en balade, qui bivouaque à nos côtés sur la plage.
Chaque matin, c’est l’effervescence sur une partie de la plage. Plusieurs stands vendent la pêche du matin pendant que les pêcheurs replient leurs filets. Ici ou là, les pélicans et les frégates survolent la zone espérant sans doute une part du gâteau. Un petit air des Galapagos…on imagine…
On se laissera tenter par un thon et des crevettes pour  un total de 10 US$, cool.
IMG_2746
Happy Clémentine
IMG_2734IMG_2768IMG_2769
“Il est frais, il est frais mon poisson”
Sur le marché, les Dalton nous annoncent qu’un bateau se prépare pour une sortie observation des baleines à bosse. Nous pensions que la saison était terminée mais quelques-unes paressent encore dans le coin. Nous sommes de la partie!!!
Sur le bateau, on s’accroche fortement car il poursuit sa course en transperçant les vagues, et ça secoue!!! Assez rapidement, nous rencontrons une famille de baleines que nous suivrons pendant une bonne heure. Quel spectacle fascinant!!! Nous avons vu beaucoup d’animaux cette année, mais, contempler ce monstre marin de près de 16 mètres et 40 tonnes, aller et venir et entendre son souffle est un moment inoubliable. Son immensité prend tout son sens lorsqu’on le compare à la taille du bateau. On se sent tout petit à côté.
IMG_2811IMG_2771IMG_2922IMG_2852IMG_2864
A quelques kilomètres de Puerto Lopez, se trouve la communauté Agua Blanca dont le territoire abrite une lagune d’eau sulfureuse aux eaux boueuses pleines de vertus d’après Chantal des Dalton.
Nous sommes un peu déçus par le lieu. En effet, nous nous attendions  à un cadre plus naturel en accès libre, alors qu’en réalité, on y accède à l’issue d’une visite guidée de 1h30. Passé ce détail, puisque l’on est ici, on se prête volontiers au jeu de la baignade. Je m’offre un massage corporel de boue, puis, j’applique un masque aux filles. Après le séchage, on plonge dans la piscine naturelle à l’odeur de souffre. Nicolas n’a pas voulu se couvrir de boue. Bouhhhhh!!!
IMG_2990IMG_2993IMG_2995
Fous rires des filles à ma découverte
IMG_3009
L’après-midi, nous nous baladons dans le parc Machalilla avec sa belle plage de Los Frailes. Le soleil a dû mal à percer ce jour là, c’est vraiment dommage car l’endroit aurait été idyllique.
IMG_3057IMG_3047
Toujours sur les conseils des Dalton, nous cheminons vers la plage de San Lorenzo située un peu plus au nord dans le but d’observer les tortues qui viennent y pondre d’août à décembre chaque nuit. A notre arrivée, on découvre effectivement une cinquantaine de nids balisés sur la plage avec les dates de pontes. La tortue de mer est une espèce protégée. Le Ministère de l’Environnement a mis en place un programme de préservation de l’espèce depuis quelques années.
IMG_3082IMG_3083
Les agents du  Ministère ne sont pas présents les nuits de week-end, alors nous nous débrouillons seuls les deux premières nuits. Notre savoir se résume au visionnage d’un “C’est pas sorcier” qui nous apprend que les tortues pondent à marée haute. Par ailleurs, l’éclosion a lieu entre 60 à 65 jours après la ponte.
La première nuit, nous ne sommes pas bien préparés et nous ne découvrons aucune tortue
Alors, le dimanche, on se retrousse les manches. On sort le grand jeu, du grand Javaudin. La plage est grande. Il faut élaborer une stratégie pour quadriller au mieux la zone. Je réalise un plan de la plage avec la position des nids susceptibles d’éclore et Nicolas sort le vélo pour faire des rondes rapidement. Puis, à la nuit tombée, on met en place des tours de garde.
Vers 23h , alors que tout le monde dort à poings fermés, Nicolas arrive en courant : “Levez-vous : alerte rouge, il y a une tortue en train de pondre”. On sort en hâte avec notre lampe frontale en position rouge. Nous assistons à un documentaire animalier dans la pure intimité possible. La tortue a déjà creusé son trou. Elle pond désormais ses oeufs, puis elle rebouchera son nid et repartira en mer. Nous sommes fascinés.
Je monterais ensuite la garde pour surveiller une éventuelle éclosion des oeufs. A 2h35, je suis crevée, aucune action ne se présume. Je décide donc d’aller me coucher. Réveillée à 6h, je me lève en hâte pour inspecter les nids en espérant qu’aucune éclosion n’a eu lieu devant le nid tant chaperonné pendant la nuit. Je vous laisse imaginer ma déception quand j’ai découvert le nid ouvert avec des coquilles d’oeufs éparpillés partout. Grrr!!!
Nous aurons tout de même une belle consolation le matin puisque l’équipe du Ministère passera en revue tous les nids et ouvrira ceux qui sont en retard d’éclosion. Dans deux d’entre eux, les petites tortues essaient de sortir en vain. Ils les aideront à sortir de leurs coquilles et les metteront à l’eau.
Seulement 1% d’entre elles atteindront l’âge adulte. Bon courage les filles!!!
IMG_3098
En fin d’après-midi, Les Content, une autre famille française envoyée par les Dalton, arrive sur la plage. Ils sont entre de bonnes mains avec nous. Nous leur racontons tout de notre humble savoir sur les tortues de mer acquis depuis deux jours.
Nicolas commence son tour de garde avec Benoit. Deux agents du Ministère de l’Environnement sont également présents. La plage est bien surveillée .
Cette nuit sera un festival puisque l’on assistera à la ponte de trois tortues en VIP. Nous serons aux premières loges en jouant les assistants des agents du Ministère de l’Environnement:  à l’arrière de la tortue à compter les oeufs pondus (de 80 à 100 en moyenne). Pendant ce temps, ils les baguent et les mesurent. Quelle nuit! On se couchera à 5 h du matin après avoir dégusté un petit verre de Pisco.
IMG_1089IMG_1100
Quelques jours plus tard, nous arrivons à Mindo, un petit village près de Quito d’une riche biodiversité. On s’offre le luxe de bivouaquer dans le lodge tenu par deux français originaires de Vannes, anciens voyageurs ayant posé définitivement leurs valises ici. Sébastien a construit un véritable paradis. Au programme, farniente sur la terrasse où on admire le vol des colibris et plongeon dans la piscine.
IMG_3243IMG_3248IMG_3128IMG_3236
Puis, nous irons visiter la ferme des papillons qui explique tout leur processus de reproduction. Les filles sont ravies car les papillons se posent sur leurs mains (on les a aidé avec un peu de bananes dont ils raffolent).
IMG_3164IMG_3180IMG_3156IMG_3149
Nous filons ensuite à Otavalo réputée pour son marché artisanal. Je le parcours en duo avec Charlotte. Clémentine est malade depuis la veille et je laisse volontiers Lisa en compagnie de Nicolas.
Le marché est immense. Il présente toute une partie “nourriture à consommer sur place” comme en Bolivie avec toutes les bonnes odeurs qui accompagnent ces stands. Puis, arrive la partie fruits et légumes aux couleurs chatoyantes, et enfin, les innombrables allées d’artisanat. Comme en Bolivie et au Pérou, l’envie d’acheter est forte. Lorsque l’on apprécie les tissus et les objets colorés, il est difficile de résister. On achètera quelques souvenirs au meilleur prix. Je suis très contente de mes négociations lors de ce marché. N’ayant pas à dire toutes les minutes “Ne touche pas à ça”, j’avais l’esprit au clair pour obtenir le meilleur prix.
En conclusion, nous aurons passé un mois en Equateur. C’est un pays d’une incroyable diversité que ce soit au niveau des paysages (montagnes, volcans, forêts, plages, îles…) qu’au niveau de la faune. On ne peut que vous inviter à y aller!!!
De son côté, Nicolas gardera en souvenir les nombreuses routes sinueuses à fort relief. Au bout de 12 mois de conduite dans les Andes, il commence sérieusement à se fatiguer et on peut le comprendre.
Conseils aux voyageurs:
-observation des baleines de juin à octobre à Puerto Lopez : nombreuses agences sur le port (prix normal 26 US$/personne. En basse saison, nous avons négocié à 15 US$/personne)
-la plage de San Lorenzo: ceci n’est pas un endroit touristique, les tortues viennent y pondre car c’est un lieu paisible. On peut y observer la ponte des tortues d’août à décembre la nuit. SVP, ne pas les déranger (lampe frontale  lumière rouge) et respecter le travail de protection du Ministère de l’Environnement. Bref, soyez discrets et respectueux. Si vous n’êtes pas un amoureux de la nature et espérez seulement un selfie, passez votre chemin.
-La Bicoq à Mindo est un endroit très agréable. En revanche, leurs prix sont élevés en comparaison des prix pratiqués dans le reste de l’Equateur. Camping: 7 US$/personne si on reste deux nuits. Le prix pour les enfants est de 5$!!! Ils ont des cabanes à 29 US$.

Equateur #1: c’est le bonheur !

Equateur #1: c’est le bonheur !

Du 29 septembre au 18 octobre 2016
Que connaissons-nous de l’Equateur, ce petit pays andin coincé entre le Pérou et la Colombie? Pas grand chose, il faut bien l’avouer. Si son célèbre voisin le Pérou lui a volé la vedette sur le plan touristique, il n’a pourtant rien à lui envier.
Le pays nous a surpris par son niveau de développement. Le réseau routier est en très bon état y compris dans les provinces les plus reculées ce qui nous a ravi puisque nous avons pu nous aventurer facilement jusqu’en Amazonie, un de mes coups de coeur du voyage.
Aussi bien les habitations privées que les bâtiments publics respirent la vie et l’envie. L’envie d’avancer, l’envie de créer, l’envie d’imaginer un monde meilleur. Toute une campagne de communication du gouvernement le rappelle d’ailleurs sur la route. Le tourisme en Equateur rime avec splendeur, saveur et senteur. Bref, la recette du bonheur.
La nature est omniprésente dans ce pays et nous ne nous sommes pas fait prier pour l’apprécier. Nous avons commencé notre découverte par le parc national de Podocarpus. La saison des pluies s’est installée doucement, et chaque jour qui passe, nous avons eu le droit à notre déluge quotidien. Néanmoins, nous avons profité d’une accalmie pour effectuer un sentier de 5 km que l’on pensait facile. La balade a finalement plus relevé de l’escalade à certains moments, et à une randonnée dans la gadoue à d’autres. Un orage s’est brusquement levé lorsque nous étions au sommet pour marquer le bouquet final. Toutefois, le moral était au beau fixe, heureux d’être de nouveau au milieu d’une végétation verdoyante.
IMG_2096IMG_2105
L’Equateur, c’est comme la région parisienne mais pour d’autres raisons. Ici, on évalue les distances en temps au lieu de les compter en km. La faute aux innombrables volcans et montagnes qui s’étendent au centre du pays. On tourne, on monte, on tourne, on monte, de haut en bas, de gauche à droite, et on remonte…et ainsi de suite. Pendant ce temps, les vaches qui broûtent les verts pâturages nous regardent passer avec leur flegme habituel.
Il nous faudra un jour et demi pour rejoindre Cuenca, une très belle ville coloniale située au centre du pays. Cuenca s’est avérée une belle surprise. Mise à part une ou deux avenues un peu bruyantes à cause de la circulation, les rues sont calmes et agréables. La circulation est fluide, oublié le trafic compliqué et dense du Pérou accompagné de son lot de klaxons incessants.
On flânne dans les rues et sur la place centrale. On lève les yeux vers la Cathédrale, les corniches peintes, les balcons, les boiseries et les façades colorées.
IMG_2142IMG_2178IMG_2145
Nous passons le jour suivant à la Laguna Lliavuco dans le parc national Cajas. Cette fois-ci, on se divise et je pars en duo avec Charlotte pour un tour du lac. On s’allonge sur le ponton, serrées l’une contre l’autre, et on laisse la chaleur du soleil nous réchauffer la peau ainsi que le chant des oiseaux et le bruit du vent nous caresser les oreilles. On est tellement bien. Plus loin, un troupeau de chevaux et de lamas pâturent dans le champ au milieu des collines. L’endroit est reposant.
IMG_2188IMG_2197IMG_2201
Puis, on repart pour une journée de routes sinueuses afin d’arriver au parc national Sangay à 3500 m d’altitude. Le lendemain, au petit matin, le ciel est toujours aussi chargé de nuages et la bruine est également de la partie. Nous décidons finalement de partir vers l’Amazonie dans la journée.
IMG_2258
Comme cela avait été le cas au Pérou pour aller au Macchu Picchu, il nous a suffi de descendre le col, et une trentaine de km plus loin, les températures ont bien remontées. L’accès a été facile même si parfois, le long de la route, on a deviné la violence de certains torrents qui se déversent pendant la saison des pluies. A quelques endroits, la route est abîmée par les éboulements voire des pans entiers se sont effondrés. Nous sommes satisfaits de retrouver la végétation luxuriante de la jungle, les palmiers et les bananiers. J’ai hâte de m’y enfoncer un peu plus. Nicolas, lui, n’est pas très enthousiaste, il sait qu’il lui faudra endurer la chaleur, les moustiques, les bestioles…
IMG_2268IMG_2270IMG_2272
Premier bivouac en Amazonie à Macas
Nous commençons notre aventure en Amazonie par la visite du refuge des singes à Puyo. Les petits singes sont curieux et viennent nous quémander à manger.
IMG_2304IMG_2323
Nous nous installons ensuite à Puerto Misahualli dans les jardins du lodge tenu par les femmes de la communauté Sinchi Warmi. Un endroit magnifique construit par 13 femmes “vaillantes” et 3 hommes de cette communauté pour prendre les choses en mains et apporter des ressources nouvelles à leur communauté et familles. L’initiative est plus que réussie. Un vrai havre de paix.
IMG_2349IMG_2365IMG_2382IMG_2402IMG_2400
Là-bas, j’apprends à confectionner un bracelet artisanal. L’activité commence dans le jardin où nous allons récupérer la fibre d’une plante “Pita” que nous colorons ensuite avec une autre plante. Encore quelques minutes de travail et notre fil pour réaliser le bracelet est prêt.
Le lendemain,  nous participons à l’atelier de découverte du chocolat avec une autre famille. L’ensemble des participants est plus qu’attentif et motivé. Comme la veille, l’atelier commence à la plantation de cacao où nous récupérons les fèves. Elles doivent sécher ensuite pendant trois jours. Puis, elles sont grillées pendant 1/2 heure. Après les avoir écossées, les hommes s’activeront au broyeur pour les moudre à plusieurs reprises. Il faut avoir de bons biceps pour la dernière mouture. On a ajouté ensuite du lait en poudre, du sucre de canne, un peu de vanille. La poudre de cacao est enfin prête. Nous l’avons mélangée avec du lait et le temps de la dégustation était enfin arrivé. La fondue de chocolat avec l’ananas et la papaye n’a pas fait long feu.
IMG_2421IMG_2427IMG_2439IMG_2451IMG_2456
Méliza nous appliquera ensuite un masque au chocolat ce qui ne manquera pas de faire rire les enfants.
IMG_2460
Nous avons passé le reste du temps soit à nous baigner dans le bassin soit à se reposer dans les hamacs situés dans l’espace détente à l’étage. Le paradis.
Le lendemain matin, nous nous baignons dans les eaux de la cascade Latas. L’eau rafraîchissante est bien appréciable pour combattre la chaleur. Les rives du rio sont le refuge des papillons qui s’en donnent à coeur joie autour de nous. Notre préféré est un gros papillon bleu. On découvre aussi un énorme mille-pattes noir et orange. Ici, les insectes se parent de leurs plus belles couleurs. Nicolas s’est même laissé piquer par un moustique tellement il était beau.
IMG_2489IMG_2503
Plus tard dans l’après-midi, sur la route de Coca, Big Mama fait des siennes. La pédale de l’accélérateur est de plus en plus dure et le ralenti ne fonctionne plus. Big mama qui reste en sur-régime fait un boucan d’enfer. La nuit tombe, et on finit par bivouaquer sur le parking d’un poste de santé d’une communauté. Nicolas est obligé de le faire caler pour arrêter le moteur. L’ambiance est maussade ce soir là.
Le lendemain, dès le petit déjeuner terminé, Nicolas a les mains dans le cambouis. Ni connaissant pas grand chose, il décide de commencer par nettoyer tout le système lié à la pédale, puis de le graisser. Et ça marche, la pédale et le ralenti fonctionne correctement. C’est un Nicolas d’excellente d’humeur qui sera à nos côtés ce jour-là fier de sa victoire. Bravo!!! Il s’offrira même le luxe de prendre une petite douche avec l’eau d’une cascade le long de la route.
IMG_2507IMG_2509
Nous arrivons à Coca, dernière ville avant l’immensité de la forêt qui se déploie devant nous. Je rêve de m’y enfoncer  en suivant le rio Napo. Malheureusement, le prix pratiqué par les agences est extrêmement élevé. On se consolera par une activité de deux heures en compagnie d’Henrique, un chaman (docteur de la forêt) de la région et de sa femme. Ils nous parleront de leurs cultures Kichwa et Waorani dont ils sont originaires. Henrique nous présentera les plantes médicinales et culinaires de la forêt et leur utilisation. Il affirme qu’elles peuvent soigner 95% des maladies y compris certains cancers. Les plus sceptiques seront étonnés. Moi, j’y crois. Je suis impressionnée par tout ce savoir qui lui a été transmis par ses ancêtres. Nicolas aura même le droit à une cérémonie de lavage pour purifier son corps et son esprit. Les effets n’ont pas été spectaculaires les jours suivants. Comme je lui ai dit: “vu ton état de stress chronique, il te faudrait au moins une séance par jour pendant un mois!!!”.
IMG_2535IMG_2601IMG_2591IMG_2594IMG_2567IMG_2569IMG_2562
J’ai un petit pincement au coeur en quittant l’Amazonie car c’est une région que j’ai beaucoup aimé tant par la tranquillité et la beauté de la province que par la sympathie et la paisibilité qui se dégagent de ses habitants. Mais, il nous faut avancer, la fin de l’année approche.
On passe rapidement dans la région de Banos où nous nous arrêtons à la cascade “Pailon del Diablo”, une cascade impressionnante par son débit d’eau et sa taille. Un passage est aménagé sous la roche pour s’approcher au plus près d’elle et s’offrir le luxe d’une bonne douche froide. On s’est bien amusé.
IMG_2658IMG_2646
Le même jour, nous parcourons une centaine de km pour arriver à la laguna del Quilotoa à 3800 m d’altitude. Nous avons encore nos maillots de bain, gardés du matin. Dehors, les locaux sont en châle et en bonnets. Nous avons perdu beaucoup de degrés et nous ressortons les gilets et les couettes. La nuit s’annonce fraîche.
Le lendemain, Nicolas accomplit seul le tour de la laguna pendant 4h30. Avec les filles, on se contente d’une légère balade, elles sont en mode repos depuis leurs derniers efforts au Pérou.

IMG_2699

Conseils aux voyageurs:
-lodge communidad Sinchi Warmi à Puerto Misahualli : nuit en camping pour 2 personnes : 10 US dollars
Nombreuses activités à prix correct et équipe très sympa

Pérou #5 : entre désert, mer et montagnes

Pérou #5 : entre désert, mer et montagnes
 
Du 15 au 28 septembre 2016
Après Nasca, nous poursuivons notre traversée de la côte péruvienne complètement désertique. Aussi étrange que cela puisse paraître,  c’est au milieu de ce désert, que se trouvent également plusieurs zones de culture (grâce à l’irrigation) dont les vignes qui produisent le Pisco. Nous avions déjà goûté la précieuse boisson au Chili, mais il est, parait-il, meilleur au Pérou. Nous faisons donc un arrêt à la cave El Catador pour une présentation de la méthode traditionnelle suivie d’une dégustation. Comme nous l’avions fait au Chili à la cave Concha y Toro, les filles regardent un dessin animé pendant que l’on s’attarde au bar devant un pisco sour. Tout le monde est satisfait!!!

IMG_1680IMG_1694IMG_1695IMG_1689
Joël et Sofia, tous les deux guides à la cave, nous invitent à dîner chez eux. Après le repas, ils viennent visiter Big Mama. Sofia est surprise du niveau de confort que nous avons dans un tel espace. Notre mode de fonctionnement quotidien est finalement similaire. En effet, il n’y a pas l’eau courante dans leur ville. Un camion citerne passe chaque matin pendant deux heures.  Chacun apporte ses tanks et ses bidons à remplir. Ils sont habitués ainsi et personne ne semble rien avoir à redire (on se dit que certains français devraient passer des vacances ici, histoire d’arrêter de se plaindre pour tout et n’importe quoi…)
La nuit dans leur rue aura été sommaire. Il y a beaucoup de coqs au Pérou, et ils sont particulièrement nombreux et insomniaques dans le voisinage de Sofia et Joël. Leurs horloges internes sont dérèglées et on a subi le rock and roll des gallinacés pendant une bonne partie de la nuit.  J’en aurais bien guillotiné un ou deux cette nuit là. Pour clôre le tableau, il y a une voiture qui fait une marche arrière à 6 heures du matin avec en bonus, le must du tunning, la Lambada comme alarme de recul. On ne l’avait pas encore entendue, la version la plus courante étant une sorte de cuccaracha. Cultissime…
Après un petit déjeuner copieux, nous quittons Joël, Sofia et Emilio qui nous avaient ouvert la porte de leur maison si généreusement la veille.
IMG_1703IMG_1708
C’est avec les traits tirés que nous entrons dans la péninsule de Paracas. Je ne sais pas si c’est à cause de notre humeur, ou bien si c’est à cause des chantiers en construction à chaque point de vue, mais, elle ne nous laissera pas un souvenir impérissable.
IMG_1720 (2)IMG_1737IMG_1781 (2)
Nous quittons la côte masquée par un brouillard hivernal pour nous rendre dans la Cordillère blanche. Habituellement, les voyageurs y viennent pour visiter des lagunes en altitude ou faire du trekking. De notre côté, nous poserons Big Mama au camping Guadalupe à Caraz.
Nous nous sentirons si bien dans cet havre de paix que nous n’aurons envie de ne rien faire si ce n’est nous reposer et profiter des joies du wi-fi rapide. Nous sommes contents d’être au calme et à l’abri du regard des péruviens. Il faut dire qu’ils sont parfois pénibles et envahissants. J’avais lu sur plusieurs blogs que les enfants blonds aux yeux bleus faisaient l’objet d’une attention particulière avec des demandes fréquentes de photos. Je vous laisse imaginer quand vous avez un enfant répondant à cette description accompagné de deux enfants noirs. Ils sont dingues. Nous sommes montrés du doigt, photographiés et soumis à de nombreuses questions. A un moment donné, j’ai pensé à leur mettre des masques comme faisait Mickaël Jackson avec ses enfants (ce qui, par ailleurs, aurait été tout à fait crédible puisque Nicolas fait très bien le Moonwalk).
Bref, 4 nuits se passent sans que nous n’arrivions à décoller. Nous naviguons sur le web à outrance,  nous n’avons pas à vider la boîte à caca, nous prenons des douches tous les jours. Des vacances, en somme.  Heureusement, la corvée de lessive est là pour nous remettre dans le droit chemin.
Le dernier soir, nous avons la surprise de voir nos amis belges, Valérie et Thomas, rencontrés déjà à deux autres reprises, nous rejoindre ainsi que deux autres français, Coraline et William, qui eux, voyagent à moto. Une bonne soirée bière s’annonce.
IMG_1808IMG_1811IMG_1812IMG_1817IMG_1824IMG_1826
Ensuite, nous campons dans le canyon del Pato, réputé pour ses nombreux tunnels creusés dans la roche et sa route qui longe les parois abruptes des montagnes. Nicolas est presque déçu car les sensations sont moins impressionnantes du fait que la route est désormais asphaltée. Monsieur aurait préféré une bonne vieille piste!!!
IMG_1848IMG_1849IMG_1861IMG_1870IMG_1889
Ce détour rafraîchissant par les montagnes est terminé. Il est temps de retourner dans le désert, et plus précisément sur le site archéologique  de Chan Chan qui abrite la plus grande cité précolombienne en adobe (terre) d’Amérique du Sud.
IMG_1924IMG_1921IMG_1940IMG_1949
Après cette visite, nos pensées sont désormais tournées vers l’Equateur, pays qui fait l’unanimité auprès de la communité de voyageurs. Mais avant, il nous reste à accomplir les derniers centaines de km le long de la panaméricaine.
Dans notre imaginaire, lorsque l’on pense au désert, on se représente ce paysage comme la nuit où nous avons bivouaqué dans le désert, cachés de la route par une dune de sable.
IMG_1983
Malheureusement, la réalité au Pérou est aussi toute autre. Le long de la panaméricaine, ce sont des tonnes de déchets qui sont éparpillés sur le bas côté voire des décharges à ciel ouvert en plein désert. Le Pérou est, dans certaines provinces, un pays sale où la population jette quotidiennement ses détritus et ses gravas à même le sol. Je me souviens d’un dimanche où j’avais voulu me promener sur une plage. La balade avait été de courte durée. Des milliers de crabes déambulaient entre deux cadavres de lions de mer et des tas de déchets présents sur la plage (barquettes et autres déchets en plastique). Ils jouaient leur rôle de charognes. Le tableau était écoeurant, l’odeur encore plus. Avec la marée, une partie de ces déchets étaient emportés vers la mer. C’est pas le Pérou!!!
 
IMG_1955IMG_1958IMG_1977
Espérons que le gouvernement péruvien se donnera les moyens de mettre en place une politique active de gestion des déchets. C’est le souhait de Gonzalo, le propriétaire du camping où nous avons passé notre dernière nuit au Pérou. Nous sommes seuls à profiter des bienfaits de la piscine située au milieu d’un superbe parc arboré et décoré des oeuvres de Gonzalo fabriquées à partir de matériaux récupérés bien sûr!!!
 IMG_2005IMG_1993

 

Conseils aux voyageurs:
– Bodega El Catador (Fundo 3 esquinas #104, Ica) : visite et dégustation gratuite (anglais et un peu français). Aucune pression d’achat.
Camping Guadalupe à Caraz (à l’entrée de la ville en arrivant du sud) : 15 soles/personne
– Camping Porta verde à Piura (secteur université S05.152507 W080.611195 ) : 10 soles/personne

Pérou #3: en route pour le Machu Picchu

Pérou #3: en route pour le Machu Picchu

Du 1er au 7 septembre 2016
 
La Vallée Sacrée des Incas
Nous n’avons pas chômé durant cette semaine. Avant de nous diriger vers le Machu Picchu, nous avons entamé la visite de la Vallée Sacrée des Incas. Le billet touristique, qui permet l’entrée sur 4 sites, est valable deux jours. A cela, nous avons ajouté la visite du site des Salinas autant dire que les levers ont été matinaux.
Nous commençons par le site de Pisac et ses magnifiques terrasses. Les incas avaient le don de choisir les plus beaux endroits pour y construire leurs cités.

IMG_0917IMG_0895
 
Puis, nous enchaînons avec le village de Chinchero. On monte, on descend et ainsi de suite…
IMG_0967IMG_0977IMG_0978
 
Les terrasses en amphithéâtre de Moray sont également splendides. On ne se lasse pas de les contempler.
IMG_1037
 
A seulement quelques kilomètres de Moray, se trouve une montagne bien atypique avec ses 4000 bassins permettant l’exploitation du sel. On regarde les ouvriers travailler du haut de notre point de vue. La blancheur de la montagne est éblouissante.
IMG_1042IMG_1065
 
Allez, on garde le rythme, il nous reste à découvrir la forteresse de Ollantaytambo. Une fois encore, la vue sur la vallée est splendide. C’est ici que Manco Capac, le chef Inca, remporta sa dernière bataille contres les espagnols avant de battre en retraite dans la jungle à l’issue d’une deuxième bataille. Que de sang coulé pour de l’or et des territoires!!!
IMG_1085IMG_1118
 
De retour à Big Mama, nous fêtons l’anniversaire de Lisa. 6 ans d’énergie diabolique, ça se fête!!!
IMG_1127
A la question: est-elle timbrée? La réponse est oui.

IMG_1465

Machu Picchu 1-Machu Picsou 0
Nous commençons notre périple vers le Machu Picchu. Il existe plusieurs moyens de s’y rendre dont le plus répandu est le train. Le hic est que le billet coûte 120€ par personne, la ligne la plus chère au monde. Pas fous ces péruviens. Business is business.
Nous choisissons donc une voie alternative plus longue, plus sportive, mais beaucoup plus sympathique. L’étape n°1 consiste à se rendre jusqu’au village de Santa Teresa avec Big Mama. La route traverse des paysages fascinants avec le passage d’un col à 4350m. Au sommet, le brouillard domine et la neige recouvre le sol. Nous passons ensuite du pic enneigé à la végétation tropicale quelques kilomètres plus loin dans la vallée. De Santa Maria à Santa Teresa, Big mama  a fait sa chevauchée fantastique pendant 25 km sur une piste défoncée mais praticable.
IMG_1468 (2)IMG_1480IMG_1483IMG_1129
Pause déjeuner pendant que Big Mama se repose
 
Arrivés à Santa Teresa, nous nous installons dans un camping où nous laisserons Big Mama pendant notre visite du Machu Picchu.
Le lendemain, nous entamons notre trek jusqu’à Aguas Calientes ou Machu Picchu pueblo. Cette fois, aucune mule ne portera nos affaires. Ce sont Nico et moi qui nous y collons. Les filles porteront chacune leur sac de couchage. En route!!! Déterminés et sûrement aussi parce que nous sommes des grands malades (dixit Cyriac), notre objectif est de parcourir 10 km pour arriver à l’usine Hydroelectrica puis 9.5 km le long de la voie ferrée jusqu’à Aguas Calientes. Nous sommes nombreux à privilégier ce chemin. Le garde nous indique que ce sont 400 personnes qui passent ici chaque jour. D’ailleurs, la balade est plutôt sympathique au coeur des bananiers et de la végétation tropicale. Nous contournons la montagne et le fleuve Urubamba. Chaque marcheur se presse le long de cette mythique voie ferrée.
IMG_1136IMG_1155IMG_1170IMG_1176 (2)IMG_1186IMG_1187IMG_1181
 
Nous avons choisi de camper au camping municipal qui accueille un repère de voyageurs en sacs à dos. Un endroit idéal pour écouter les récits de voyage de chacun.
IMG_1208IMG_1455
Charlotte qui nous raconte l’histoire de Roule galette
 
Le lendemain au lever, il pleut et le Machu Picchu est complètement caché par le brouillard. On part tranquillement à 8h pour les 1h de grimpette. Une fois de plus, nous avons choisi la marche plutôt que le bus pour des raisons budgétaires (45 US$ tout de même), mais également parce que nous avons envie de prendre notre temps. Le Machu Picchu est un site mythique qu’on a rêvé, imaginé. Au delà de la cité inca, c’est tout une chaîne de montagnes au coeur de la jungle tropicale qui est impressionnante et magnifique. Il est nécessaire de s’en imprégner, de digérer cet environnement. Personnellement, si nous étions arrivés par le train et le bus, puis visités le site en 3h et repartis, nous aurions été déçus parce que nous aurions consommé trop rapidement.
La montée des marches nous a semblé facile après Choquequirao excepté pour Clémentine qui n’était pas très motivée ce matin là. Nous resterons 5h sur le site à déambuler parmi les ruines et à les contempler. Que de mieux à faire dans cette cité grandiose…
Je garderai tout de même une préférence pour Choquequirao. En effet, Machu Picchu avec ces milliers de touristes sur l’IKEA trail (c’est le nom qu’on lui a donné car il n’y a qu’un seul sens de visite ce qui nous a énervé plus d’une fois), ce va et vient incessant des bus, je n’ai pas retrouvé ce côté mystique de la cité perdue qui m’avait tant plus à Choquequirao.
IMG_1218IMG_1213IMG_1242IMG_1249IMG_1336IMG_1410IMG_1411IMG_1429
 
Le soir, nous partageons un bon moment autour d’un feu avec d’autres campeurs français.
Pour le retour, nous serons un peu moins téméraires. Nous ferons à nouveau les 9.5 km qui mènent à Hydroelectrica, puis, nous prendrons un taxi pour retourner à Santa Teresa. Il fait chaud et nous avons hâte de nous prélasser au camping!!!
Avec tous ces petits sous sous qui ne sont pas allés au Machu Picsou, on s’est offert un petit plaisir depuis. Vous le découvrirez  dans le prochain épisode!!!

 
Conseils aux voyageurs:
-Camping municipal d’Aguas Calientes: 15 soles/tente
-Taxi Santa Teresa/Hydroelectrica: 5 soles/pers
-Entrée au Machu Picchu: 128 soles/pers (Gratuit pour les moins de 8 ans)
-Camping La Hacienda à Santa Teresa (10 soles/véhicule camping sans électricité, sans wi-fi et douches froides mais propre et bien tenu)
Pour rejoindre Santa Teresa, la route est asphaltée et neuve jusqu’à Santa Maria. Il faut ensuite parcourir 25 km de piste jusqu’à Santa Teresa (défoncée mais praticable, peut-être périlleuse en saison des pluies). On peut laisser son véhicule au camping La Hacienda (10 soles/jour) ou continuer jusqu’à Hydroelectrica. Il y a un parking près d’un restaurant où il est possible de le laisser (15 soles/jour).

Bolivie #4: Retour en arrière de l’Oriente à l’Altiplano

Bolivie #4: Retour en arrière de l’Oriente à l’Altiplano

Du 20 juillet au 9 août 2016
 
1/ L’anniversaire de Charlotte à Aguas Calientes
Nous commençons la Bolivie par le site d’Aguas Calientes que nous avions déjà fréquenté. Toutefois, lors de notre premier passage, le temps était humide. La pluie couplée à l’orage avaient rendu l’eau de la rivière marron cracra. Cette fois-ci, le beau temps est de la partie. L’eau est limpide et c’est un pur bonheur de pouvoir se baigner dans une eau à 37°C. On y rentre comme dans une baignoire. Les filles ont la peau toute fripée d’être restées dans l’eau toute la journée. Une belle revanche sur Bonito au Brésil!!!
IMG_9642IMG_9646IMG_9667IMG_9618IMG_9672
C’est dans ce cadre idyllique que nous fêtons les 5 ans de Charlotte, son deuxième anniversaire sur les routes du monde. Elle est ravie de cette ferme qu’elle considère comme le plus cadeau de sa vie. Il n’a pas été facile de la trouver. Il semblerait que la ferme ne soit plus à la mode dans les magasins de jouets tout comme la panoplie de policier qui a été remplacée par la panoplie du Jedi et autres déguisements de super héros. Eh oui, pour Charlotte, c’est le rayon garçon qu’il faut arpenter. Elle a en horreur les barbies et tout ce qui touche au monde des princesses.
 
2/ Trois jours d’immersion dans la ferme de Pierre à San José de Chiquitos
Nous retournons également chez Pierre où nous avons convenu de participer aux travaux de la ferme pendant trois jours. Il y fait très chaud et la sécheresse bat son plein.
Le premier jour, je me lève à 5h30 du matin pour aller traire les vaches. Le soleil se lève. J’adore cet instant. Pierre m’apprend les gestes pour traire à la main. Je m’occupe de la Blanquette, une gentille et douce vache qui se laisse faire tranquillement. Le comble, pour une ancienne fille d’agriculteurs comme moi, est que c’est la première fois que je trais une vache!!! Au moins, je ne fais pas les choses à moitié en le pratiquant à la main.
C’est ensuite Nicolas qui prendra le relais en accompagnant Pierre et Joël, son associé, pour exécuter les travaux liés à l’exploitation forestière. Il reviendra quelques heures plus tard complètement éreinté d’avoir porté des piliers d’ipé.
Le lendemain, on échange les rôles à l’exception près que je me balade en forêt sans porter les piliers de bois. La balade n’a rien de romantique comme dans l’Amour est dans le pré. Le chemin secoue sévère et j’ai intérêt de m’accrocher au siège de Pierre. Il est passionné par son travail et c’est très intéressant de découvrir toutes les essences de bois ainsi que le travail d’exploitation et de revente qui en découle. Durant cette journée, notre objectif sera également de nettoyer le campement complètement souillé par les bûcherons. 
A la fin de la journée, nous pensions passer une soirée tranquille. Je prépare de la pâte à crêpes avec le lait frais de la Blanquette.
C’était sans compter le voisin idiot qui a allumé un feu pour débroussailler sa parcelle. La méthode est tellement efficace que le feu commence à se propager sur les terres de Pierre. Nicolas et Pierre, partent donc, dans la nuit noire, avec des pelles pour essayer de stopper les départs de feux. Eh oui, il n’y a pas de pompiers à San José.
Les journées de travail ont été longues et éreintantes. Cependant, le  fait d’être constamment dehors, y compris dans sa maison ouverte sur l’extérieur, était très appréciable. Ces moments resteront gravés dans nos mémoires et Blanquette nous manquera. Il nous a offert une belle leçon de partage de vie.
 
20160725_074009IMG_9676
Pancakes au petit déjeuner pendant que Pierre apporte le lait à la ville
IMG_9680
Nicolas et Joël nourrissant les veaux
20160725_170932
Nicolas et les Dupont (Il y en a aussi chez Pierre!!!)
20160725_173552
Blanquette et Blanchette, un duo de choc
20160726_06390920160726_18542420160726_192746
22h: extinction des feux
 
3/ La traversée du Vallée Alto
Pour rejoindre Cochabamba depuis Santa Cruz, nous décidons d’emprunter l’ancienne route. Mauvaise pioche!!! Elle est en travaux. Nous avançons difficilement. Nous sommes parfois bloqués plusieurs heures en attendant que les engins de voirie finissent leur travail.
IMG_9698
IMG_9699
IMG_9734
Nico qui se galère à enlever deux pierres coincées dans les roues jumelées (version sans juron)
 
Comme toujours, les pires routes traversent les plus beaux paysages. La région du Vallée Alto est splendide. Nous traversons de petits villages où la population vit essentiellement de l’agriculture. On retrouve ces hommes ou femmes aux tissus colorés qui gardent leurs troupeaux dans des herbes jaunies. Ici ou là, pointent des champs cultivés et des zones vertes composées de bois d’eucalyptus.  Les femmes lavent leur linge, les enfants jouent. On s’y sent à l’aise.
IMG_9728IMG_9730IMG_9732IMG_9704
Bivouac au bord de la rivière
 
Nous visitons le site d’Incallajta, une ancienne cité Inca, histoire de se mettre en jambes avant le Pérou.

IMG_9750IMG_9752

Nous faisons nos courses au marché de Punata, aux étals bien garnis et colorés. Nous terminons le marché  par la dégustation d’une soupe, plat très courant en Bolivie. Les soupes boliviennes sont composées de bouillons, de légumes, de féculents et de morceaux de viandes qui sont fréquemment des pattes de poules. Un des souvenirs préférés des filles en Bolivie. Ce jour-là, chacun a eu le droit à sa patte de poule excepté Nico. Je les enlève des assiettes des filles pour qu’elles mangent leurs soupes. Lorsque je termine la mienne, il me reste donc 4 pattes de poules dans mon assiette. Je demande à Nico de me prendre en photos, version horreur. Je pensais qu’elles ne se mangeaient pas, qu’elles étaient là pour que la soupe ait du goût. Et bien non car la dame derrière moi et le monsieur devant grignotent leurs pattes. On abandonne l’idée de la photo pour ne pas les offenser!!!
Ah les photos… nous avons souvent eu envie d’en prendre comme cet étal de magasins constitué seulement de pattes de poules, ou encore, lorsque l’on passe dans un village, cette tête de vache étendue sur une table en bois prête à se faire découper, ou bien cette femme qui porte derrière son dos non pas un enfant mais un mouton. Nous ne les prendrons pas, par respect pour toutes ces personnes pour qui ces activités n’ont rien de drôle. Elles sont leur gagne-pain et leur quotidien. Nous vous laissons imaginer. De notre côté, nous gardons ces moments de vie insolites au fond de notre mémoire.
 
4/ Retour sur l’Altiplano: le parc national Sajama et la Paz
Nous grimpons un peu, beaucoup, passionnément les cols, et nous voilà de retour sur l’Altiplano. Il y fait moins froid qu’en avril. On conserve néanmoins notre habitude de faire des pancakes au petit déjeuner pour réchauffer Big Mama. Un luxe qui nous rappelle que nous avons du temps.
IMG_9803

IMG_9828IMG_9824

 
Au parc national Sajama, le décor est féérique. Le volcan Sajama et les volcans Payachatas sont majestueux. Un vrai cliché de la Bolivie avec les troupeaux de lamas et d’alpagas qui patûrent. Le caractère andin que l’on se représente dans notre imaginaire est plus que présent. Une pure merveille.
Nous y sommes le 6 août, jour de la fête nationale de la Bolivie. Toutes les maisons arborent fièrement le drapeau national. Nous faisons de même.

IMG_9852IMG_9841IMG_9853IMG_9907IMG_9861

Nous continuons notre route vers La Paz, capitale la plus haute du monde, établie au fond d’un canyon et entourée de la Cordillère Royale. On parcourt les rues, on s’imprègne de l’ambiance.
IMG_9926IMG_9953IMG_9959
 
Nicolas s’achète son cadeau d’anniversaire avec quelques jours d’avance: un charango.
IMG_9958
 
On déambule sur les marchés. D’abord, au célèbre marché des sorcières pour découvrir les foetus de lamas utilisés dans les fondations des maisons, ponts…
20160809_122715[1]20160809_122305[1]
Le marché des sorcières est un peu décevant. La vente de produits pour favoriser la libido domine le marché. Sacrées sorcières, elles ont tout compris au business!!!
On déjeune ensuite dans un kiosque du marché Lanza. On apprécie particulièrement le gargantuesque dessert.
IMG_9961
 
On termine notre visite par un parcours dans un des nombreux téléphériques de la ville.

IMG_9991IMG_9969

Conseils aux voyageurs:
-Le site El Burriño à Aguas Calientes est le moins fréquenté des trois. Il est tranquille et très joli. Entrée de 10 bol/ adulte/jour.
-L’ancienne route Cochabamba/Santa Cruz est en travaux pour au moins 1 an. A prendre que si vous avez du temps et que vous aimez le ripio. Toutefois, les paysages sont magnifiques.
La route directe Oruro/Sajama est en travaux. L’asphalte est tout frais. Les déviations devraient durer encore un ou deux mois.

Brésil #6: Tchao Tchao Brasil

Brésil #6: Tchao Tchao Brasil

Après plusieurs centaines de kilomètres sous une chaleur étouffante, nous arrivons à Bonito dans le Pantanal Sud. Nous rêvions de cette étape en imaginant nous baigner dans les eaux cristallines du Rio Formoso et pratiquer le snorkeling dans ses eaux poissonneuses. Malheureusement pour nous, un orage la nuit de notre arrivée baissera la température de 20°C. L’air est frais et l’envie de baignade se fait de plus en plus absente.
A Bonito, nous rencontrons une famille morbihannaise, les Oukilay, (oukilay.com) au début de son périple en Amérique du Sud. Ils attendent comme nous le retour du beau temps. Nous sommes contents de partager un moment avec eux car, mise à part la famille Laffont, nous n’avons croisé aucune autre famille de voyageurs au Brésil. Les échanges commençaient à nous manquer.

20160718_174222
Avec la famille Lelay et l’animateur radio de Bonito
 
Deux jours plus tard, nous quittons l’air frisquet de Bonito pour parcourir l’Estrada parque do Pantanal, une autre piste de terre au milieu du Pantanal. Cette fois-ci, 87 ponts de bois nous attendent et la traversée d’une rivière en bac.
La piste est très belle. Nous observons à nouveau les animaux qui peuplent le Pantanal. Le premier matin, nous voyons même un jaguar à côté de notre bivouac. Dommage que ce n’était pas dans les conditions souhaitées… En effet, c’était un petit jaguar sur le bas côté de la piste. Il était beau, intact, mais il dormait d’un sommeil éternel.
Charlotte dit: “Sa maman doit être très triste”. Lisa se met à chanter “Dans la jungle, terrible jungle, le lion est mort ce soir….” Trop mignon.
IMG_9556IMG_9557
Pause déjeuner avec les Oukilay
IMG_9550IMG_9548
 
Nous capturons de nouveaux animaux en photos.
IMG_9543
On adore observer le Toucan.
IMG_9568IMG_9591IMG_9595
Traversée du Rio en bac
 
A la fin de la piste, nous sommes à la frontière avec la Bolivie. Il est temps de dire au revoir au Brésil après deux mois et demi et des milliers et des milliers de kilomètres parcourus à travers le pays. La conduite des routiers brésiliens aura souvent fait hurler Nicolas: “ils sont complètement malades”, “les bourrins”.
Ils vont à toute allure et doublent et redoublent sans aucune visibilité. Il faut dire qu’ils semblent bénéficier d’une protection particulière. C’est l’occasion de partager une anecdote puisque de nombreux véhicules, en particulier les poids lourds, louent les pouvoirs de Jésus, de Dieu ou de Marie à travers d’ostentatoires stickers collés sur leurs véhicules “protection divine 100% Jésus” “Au service du roi Jésus” “Jésus est mon pasteur, mon chemin”. Nous pourrions réécrire: un routier brésilien sans son sticker Jésus, c’est comme un (…). Vous connaissez la chanson.
De notre côté, à défaut de stickers, nous avons préféré opter pour la prudence au volant surtout lorsque l’on croise des poids lourds couchés au sol avec la cargaison étendue sur l’asphalte.
Ces démonstrations religieuses nous paraissent ridicules car nous n’y sommes pas culturellement habitués. Elles sont fréquentes en Amérique du Sud. En Bolivie, il existe une coopérative bancaire qui s’appelle “Jésus de Nazareth”. Ayant besoin d’espèces, j’ai inséré ma Mastercard espérant une multiplication des billets. Je n’ai rien obtenu. Pas cool!!!
Il parait qu’en Bolivie, il y a même des boîtes de céréales vantant les pouvoirs de Jésus. Ils doivent être divinement bons!!!
J’espère n’avoir choqué personne, il faut savoir rire de tout après tout.
Une dernière anecdote. Nous avons aimé la cuisine brésilienne et tous les restaurants self-service où l’on mange bien pour un  prix modique. Toutefois, il y aura une spécialité qui n’aura pas fait l’unanimité au sein de la famille: la pâte de Goyave. Lisa a trouvé cela “crès bon”. Pour les autres membres de la famille, la photo parle d’elle-même.
IMG_9174
 
Conseils aux voyageurs:
L’Estrada Parque do Pantanal est praticable pour les véhicules non 4X4 pendant la saison sèche. Juillet était l’idéal. La traversée en bac est de 45 reais pour une voiture et 75 reais pour un camion.

Bolivie #3: de Uyuni à la frontière brésilienne: des champs de quinoa aux champs de canne à sucre

Bolivie #3: de Uyuni à la frontière brésilienne: des champs de quinoa aux champs de canne à sucre

 
Lorsque nous quittons Uyuni, nous rêvons d’une route asphaltée et plate. Le bitume est au rendez-vous. En revanche, l’altitude est toujours présente. Jusqu’à Sucre, nous descendons puis remontons…et ainsi de suite sur des centaines de kilomètres. La progression est lente mais constante. Nous retrouvons une routine après nos péripéties dans le Sud Lipez: école, jeux, repos compensateur…

IMG_7258
Atelier gâteau
IMG_7394IMG_7395
Atelier écriture
 
Sucre est une jolie ville baroque. Elle est la capitale constitutionnelle de la Bolivie.  Nous ne nous attardons pas trop sur l’architecture et préférons déambuler au sein du marché central. En Bolivie, le marché est une institution et la première façon de s’approvisionner et de manger pour un prix modique. Chaque marché bolivien comporte son “patio de comida” où plusieurs étals de nourriture typique se côtoient. A Sucre, peu de touristes s’y aventurent pour déjeuner. Peur de l’indigestion? Lorsque nous arrivons dans cet espace, toutes les femmes se ruent vers nous pour que nous allions manger chez elles. Toutes sauf une!!! C’est chez elle que nous choisirons de déjeuner. Notre choix est juste puisque le repas est délicieux. Nous le terminerons par un jus de fruits frais, une autre tradition bolivienne dont nous ne nous lassons pas.
Le marché est divisé en quartiers. Le plus atypique est sans conteste le coin des bouchères. La viande est exposée à même le stand. Parfois, la carcasse de l’animal est présentée en entier avec sa peau. Il y a comme un air de Delicatessen. Suit le quartier du lait et des yaourts où aucun produit n’est réfrigéré bien sûr. On trouve tout sur les marchés boliviens. C’est un vrai lieu de vie que nous avons adoré parcourir. Pendant tout ce mois, nous nous y sommes approvisionnés et y avons mangé avec l’envie de goûter à tout. Il semblerait que nous n’ayons pas l’estomac fragile alors nous en profitons. Les normes HACCP et le respect de la chaîne du froid n’ont qu’à aller se faire voir.
IMG_7204IMG_7203IMG_7156
Sur le marché de Sucre
IMG_7190
IMG_7139
Dans les rues de Sucre
IMG_7171
“L’art n’est rien de plus que la signification de la vie.”
 
A Tarabuco, le marché est le plus célèbre de Bolivie pour ses textiles aux motifs abstraits. Nous en profitons pour acheter un beau tapis coloré aux motifs symétriques. Au déjeuner, nous dégustons la soupe et le plat local. Comme toujours, les indiennes sont curieuses, rient devant les filles.
Il n’est pas rare d’en avoir une ou deux qui s’approchent de notre table et nous regardent manger pendant quelques minutes. Comme dirait Clémentine: “ils sont bizarres les gens”. Elles râlent de toute cette attention surtout Lisa quand elle est occupée à manger.
A Sucre, les descendants d’espagnols sont majoritaires. A contrario, Tarabuco est un village composé seulement d’indiens. Nous bivouaquons sur l’espace vert à côté du centre. Au village, les gens sont des travailleurs. Ils se lèvent tôt pour cultiver leurs terres et s’occuper de leurs troupeaux. Toute la journée, nous assistons à un va et vient d’ânes, de vaches, de moutons près de notre bivouac.
L’aire de jeux pour enfants nous permet d’établir un contact. Ils ne sont pas habitués à ce que les touristes restent après le marché.  Ils sont contents que nous stationnons ici quelques jours et apprécient de faire la conversation. Sans les filles, le contact aurait sans doute été différent. Un vieux monsieur discute avec moi. J’ai beaucoup de difficultés à le comprendre. Il parle espagnol mais probablement avec un accent de la campagne (ça ne peut être que la seule explication ah ah ah!!!). Il faut dire qu’ici les gens parlent entre eux la langue de leurs ancêtres, le quechua. On s’attendait à des visages fermés et une certaine froideur face aux gringos que nous sommes. Nous avons eu des sourires et des messages de sympathie.
IMG_7211IMG_7210IMG_7217
Bivouac à Tarabuco
J’aime bien la compagnie des indiennes avec leurs habits traditionnels. Elles ont de longs cheveux noirs jais coiffés en deux nattes, une jupe ample qui arrive aux genoux, un chemisier. Sur l’altiplano, la tenue est complétée par un gilet, des collants de laines et les sandales remplacent les tongs. Les tissus portés dans le dos et les chapeaux sont colorés. Nous sommes physiquement aux antipodes avec notre grande taille, nos cheveux et nos yeux clairs. Malgré tout, c’est en leur présence que nous nous sommes sentis le mieux parce qu’ils ont une pudeur et une réserve que nous apprécions.
Depuis Sucre, le climat est chaud ce qui nous fait du bien après les rigueurs de l’altiplano. Nous traversons la région des Vallées et l’asphalte fait place à une piste terreuse et en très mauvais état. La route est toujours vallonée et nous avançons doucement. La végétation évolue. Les champs de quinoa font place aux palmiers, aux bananiers et aux champs de canne à sucre. Nous sommes étonnés de voir les cours d’eaux  quasi asséchés alors que la saison des pluies s’achève. Nous aurons la réponse plus tard…
IMG_7267
Paysage de la région des Vallées
 
Quelques centaines de kilomètres parcourus et nous voilà arrivés à Santa Cruz de la Sierra, 1.8 millions d’habitants. Comme à Sucre, la modernité côtoie la tradition. Nous profitons d’un parc d’attractions “vintage” pour nous rafraîchir avant de réaliser nos courses: acheter un nouveau panneau solaire, faire réparer le convertisseur dans une échoppe envahit de vieilles TV à écran cathodique. Pas besoin d’acheter du neuf. Il suffit de trouver la rue de l’électronique et le mec qui sache réparer. Je flâne au marché avec Charlotte. On s’achète des jus d’oranges fraîchement pressés tout en faisant désimlocker les portables.

IMG_7311

IMG_7298
Détente dans un parc de Santa Cruz de la Sierra
 
Après Santa Cruz, nous continuons notre route vers les anciennes missions jésuites et découvrons “les plaisirs” du climat tropical.
IMG_7391
Mission jésuite de San José de Chiquitos
 
Pierre, un français installé depuis 10 ans à San José de Chiquitos vient à notre rencontre. Nous passons la nuit sur son exploitation agricole à discuter de son activité, de sa vie au Brésil et en Bolivie, des ragôts du village, de sa femme latine et de la présidence d’Evo Morales.
IMG_7409IMG_7415
Chez Pierre
 
Nous avions été surpris en traversant la région des Vallées de voir tous ces cours d’eaux asséchés. Nous aurons la réponse avec Pierre qui nous explique qu’il n’a quasiment pas plus depuis deux ans pendant la saison des pluies. La conséquence du réchauffement  climatique commence à se faire sentir aussi sur cette région du globe.
Plusieurs millimètres de pluie tomberont pendant notre présence. D’ailleurs, la pluie ne nous quittera pas jusqu’à la frontière brésilienne. Chaque jour, les orages font leur apparition et le taux d’humidité est élevé. Nous nous baignerons tout de même à Aguas Calientes.
Le linge étendu dans la salle de bains ne sèche pas, et au bout de trois jours, il commence à sentir le moisi. Les bébêtes et moustiques montrent aussi le bout de leur nez. Nous déployons notre armada de moustiquaires sans grand effet. Il y en a toujours quelques uns qui réussisent à entrer: ça gratouille, ça chatouille, ça démange. Les draps sont moites et les nuits étouffantes. Vive les tropiques!!!
IMG_7457IMG_7430IMG_7426
Sanctuaire de Chonchis
IMG_7468IMG_7478
Bivouac et baignade à Aguas Calientes
 
Actuellement, nous sommes au Brésil aux portes des chutes d’Iguaçu.

Bolivie #1: Notre épopée dans le Sud Lipez: nous sommes venus, nous avons vu, nous avons vaincu

Samedi 9 avril: c’est le grand jour!!! Lever 8h pour partir à l’assaut du désert du Sud Lipez en Bolivie. Des mois et des mois que nous en parlons entre voyageurs. Tu l’as fait? Comment sont les pistes? On peut passer avec un camping-car? Même si le camping-car n’est pas le véhicule le plus approprié pour un périple dans le Sud Lipez, d’autres familles françaises l’ont fait avant nous. Alors, avec notre âme d’aventurier, nous avons plus qu’envie de nous lancer. On se donne rendez-vous avec Laëtitia et Valentin (nhomade.com). Nous pourrons nous aider en cas de problèmes.
Il est 11h. Les pleins d’essence et d’eau sont effectués. Nous partons avec 250 litres de gazoil, 200 litres d’eau et les placards plein à craquer. Des réserves nécessaires pour affronter les 400 kms de pistes qui nous attendent. Nous savons que ce sera un temps fort de notre voyage. Les paysages les plus spectaculaires d’Amérique du Sud sont devant nous. Nous sommes tous excités.
Après un rapide passage à la douane chilienne, nous commençons l’ascension du fameux col qui mène à la frontière bolivienne. Souvenez-vous, 2000 mètres de dénivelé à grimper en 40 kilomètres. Dur dur surtout qu’il fait 30°C. Au bout d’une heure, nous effectuons une pause refroidissement à 4030m d’altitude. Plus que 10 kms à parcourir et nous sommes en Bolivie. Arrivés au sommet, nous sommes plutôt contents. Chargés comme des mulets, nous pensions faire deux pauses refroidissement et finir la montée en première. Et bien, une pause aura suffi avec une montée en deuxième!!!
A la migration bolivienne, les deux douaniers les plus gentils du monde délivrent notre visa. C’est toujours agréable à l’entrée d’un pays. Ils nous donnent également des conseils sur l’état des pistes.
IMG_6412
 
Nous voilà partis pour la Laguna Blanca puis la Laguna Verde. Pour l’instant, la piste ne présente pas trop de difficultés car le chassis surélevé de Big Mama nous permet de passer au-dessus des ornières de sable.
IMG_6470IMG_6477
La Laguna Verde
IMG_6495IMG_6497
IMG_8703
La Laguna Blanca
IMG_6508
Big Mama et Jean-Michel
 
Au petit matin, le thermomètre affiche -6°C. Heureusement, nous avions tout prévu la veille en sortant les sacs de couchage en sus des couettes. Aucun de nous n’a eu froid et ne souffre du mal d’altitude. La toilette matinale est sommaire. Personne n’est assez vaillant pour affronter l’eau gelée!!!
Après une dernière balade à la Laguna Verde, nous partons en direction du désert de Dali pour arriver aux thermes de Polques sur les coups de midi. La piste a été étonnement bonne. Nous nous attendions à une piste sableuse.  Elle était plutôt normale. Toute la matinée, nous avons assisté au ballet des 4×4 de touristes. Au milieu de ce territoire, Big Mama est l’intruse. 
IMG_6554
Après le déjeuner, on s’offre entre filles une pause digestive dans le bassin à 40°C. La vue est superbe sur la Laguna Chalviri. A peine immergés, Daniela, une petite bolivienne de 5 ans vient nous rejoindre. Il faut dire que le village doit compter 20 personnes au maximum. Elle nous dit qu’elle a une seule copine dans le village. Alors, elle en profite dès que l’occasion se présente.
IMG_6614
Une de plus, une de moins…
IMG_8799
IMG_6628
La Laguna Chalviri
 
Puis, c’est l’heure de se rendre à la douane Apacheta pour faire les formalités d’importation de Big Mama. Le poste douanier situé à 5033 mètres d’altitude est le plus haut du monde. On redescend à 4990 mètres pour passer la nuit aux Geysers sol de mañana.
IMG_6702IMG_6718IMG_6708
La nuit a été fraîche, -7°C. L’eau du radiateur est gelé. Nous nous sommes garés à l’est pour que le soleil réchauffe le moteur et le gazoil. Cette fois, la nuit a été difficile en raison de l’altitude. Les premiers maux de tête ont fait leur apparition.
Vers 10h30, Nicolas démarre le camion. Au moment de débloquer le frein de service, on entend une détonation suivie d’un pchit. Avec la pression liée à l’altitude, la bonbonne de freins arrière a lâché. Tout l’air s’est expulsé et ne veut plus se recharger. Impossible dans ces conditions de désserrer le frein de service. Nous sommes coincés.
Pendant plus d’une heure, Nicolas cherche à réparer en vain. Au bout d’un moment, il faut se rendre à l’évidence et aller chercher l’aide d’un mécanicien. La question est où le trouver? Nous sommes à 4990 mètres d’altitude en plein Sud Lipez. La première ville d’importance bolivienne est à 6h de pistes.
Nous décidons d’aller chercher de l’aide à la douane qui est située à seulement quelques kilomètres. Là-bas, se trouve également une usine d’acide borique. Il y a de gros camions qui effectuent le transport des marchandises. On suppose qu’il doit y avoir un mécanicien pour assurer l’entretien de ces engins.
Laëtitia, Valentin et Nicolas s’y rendent pendant que je patiente avec les filles. Vers 16h, ils arrivent avec Adolfo, le mécanicien de l’usine qui connaît bien le système des freins à air. Nous avons vu juste.
Il démonte le système, nettoie le répartiteur d’air…  3 heures s’écoulent, la nuit tombe. Il a travaillé dans un froid glacial. Nicolas, qui  est resté à ses côtés par solidarité, est frigorifié. Adolfo nous quitte en prévoyant de revenir demain à 9h30.
A 9h30, le lendemain, pas d’Adolfo en vue. Nous attendons patiemment sa visite toute la matinée en jouant à la belote. A 14h, notre mécanicien n’est toujours pas là. Nicolas négocie avec un chauffeur de 4×4 de touristes pour se faire emmener à l’usine et comprendre ce qui se passe. De notre côté, les heures passent et on commence à se poser des questions. Finalement, vers 17h, on voit un pick-up s’approcher. C’est Adolfo, Wilson son collègue et Nicolas qui arrivent. Une nouvelle fois, jusqu’à la tombée de la nuit, ils nettoient, bidouillent le système. La panne semble plus compliquée à résoudre que prévue. Ils finiront par installer un tuyau entre les deux bonbonnes. Soulagement quand la deuxième bonbonne se remplit enfin d’air et atteint les six bars. Le frein de service est débloqué. Hourra!!!
Nous les accompagnons alors jusqu’à l’usine pour finaliser les réparations. Nous entrons dans l’entrepôt de l’usine où les ouvriers de nuit se demandent bien ce qu’un camping-car français vient faire ici. Nous racontons alors brièvement notre histoire. C’est la petite animation de la soirée. De notre côté, on leur pose des questions sur leur travail. Ils travaillent ici à 5033 mètres d’altitude au milieu de nulle part quinze jours, puis, bénéficient ensuite de 15 jours de repos. Ils viennent d’un peu partout en Bolivie. C’est un vrai petit village de 200 âmes.
Il est 20h40 lorsque les réparations se terminent. On nous propose alors de dormir sur le site. On privilégie le parking à l’entrepôt pour éviter les émanations.
A cette altitude, la nuit fut compliquée pour moi. J’ai très peu trouvé le sommeil: manque d’oxygène, maux de tête. Dans la famille, c’est moi qui supporte le moins l’altitude. Après trois nuits passées à 5000 mètres, l’envie de redescendre est omniprésente.
Au petit matin, Nicolas se rend dans le bureau du Big boss pour négocier le coût des réparations. Nous avons 650 bolivianos en poche, l’équivalent de 85€. Transaction validée à 600 bolivianos. Ouf, nous avons assez!!! Au moment de payer, Nicolas le remercie en insistant sur le fait que c’est bien d’apporter son aide aux gens. On le soupçonne en effet d’avoir donné l’ordre à Adolfo de laisser tomber pour le dépannage de la veille.
Adolfo a bossé 6h dans un froid glacial. On se demande bien s’il va toucher quelque chose de ces 600 bolivianos donnés à son patron. Nicolas va trouver Adolfo dans son atelier pour lui donner nos 50 bolivianos restants et des pesos argentins qu’il pourra échanger à Uyuni. Lui, qui avait été très peu loquace jusqu’à présent, est ému de notre geste. Quant à nous, nous sommes satisfaits car nous n’aurions pas pu partir en se disant qu’il n’aurait rien touché pour son travail effectué. Sans son aide, nous aurions vraiment été dans la panade.
Finalement, notre mésaventure se termine bien car nous n’avons été bloqués que deux jours et on s’en sort pour 100 euros de réparations. Bien moins que si nous avions dû faire appel à un mécanicien d’Uyuni voire de San Pedro de Atacama.
Du Sud Lipez, nous avions pensé à une crevaison, un ensablement, une pierre coincée entre les roues jumelées, le moteur qui chauffe. On anticipe, mais c’est toute autre chose qui arrive. Jusqu’à cet incident, nous étions confiants. Le désert nous a rappelé que c’était lui le maître, que nous n’étions que de simples passagers soumis à ces règles et qu’il pouvait nous avaler quand il le voulait.
Rassurés par Adolfo, nous continuons notre périple par la Laguna Colorada, toujours en compagnie de Laëtitia et Valentin qui sont restés à nos côtés pendant ces deux jours.
IMG_6726
IMG_8864IMG_8888
 
L’aventure n’est pas terminée puisque nous quittons la Laguna Colorada par la piste intérieure. Mauvaise décision: bonjours les frayeurs avec les bancs de sable. Nicolas accélère à fond pour ne pas rester ensabler. Ultime difficulté: un trou de sable énorme à passer. Nicolas nous dit: “Accrochez-vous les filles, ça va secouer!!!” ça va passer, ça va passer, ça va passer…Heureusement, nous avions prévenu les filles que les pistes cette semaine seraient comme dans un manège!!!
IMG_6795
Sur la piste
IMG_6786
IMG_6774
IMG_6790
Le lendemain, nous parcourons 50 kms en 4 heures sur une piste caillouteuse en très mauvais état. Les paysages de l’altiplano sont magnifiques et la rencontre avec les lamas ou les vigognes est toujours la bienvenue.
IMG_6823
Puis, vient le jour de la délivrance lorsque l’on rejoint la route semi asphaltée à Alota. On se dit qu’on sera à Uyuni le soir. Un dernier coup de grâce tout de même sur la route avec un éclat sur le pare-brise et le panneau solaire qui se décroche du toit. Jean-Michel s’en tire avec une crevaison. Le soir, nous bivouaquons au cimetière des trains à Uyuni en passant du bon temps ensemble. L’avantage de l’altitude, c’est que les réserves de vin ne se sont pas épuisées!!!
Nicolas a assuré pendant cette semaine et Big Mama aussi. Arrivé à Uyuni, il n’a qu’une seule envie: se reposer en ménageant sa monture sur des routes bien goudronnées!!!
IMG_6867IMG_6879

Chili #7: le désert de l’Atacama

Lorsque nous vous avions quitté la dernière fois, nous étions à la frontière chilienne au paso de Jama. Nous pensions alors avoir atteint l’altitude maximum à 4400m. Que ni ni!!! Une fois la frontière passée, il faut encore grimper, grimper, grimper jusqu’à 4860 m. Incroyable, nous sommes à une altitude plus élevée que le Mont Blanc. Les plateaux défilent, la végétation kaki de la Puna laisse place au sable et à la roche. Nos premières lagunes et salars font leur apparition.
IMG_6058
La laguna Tara
IMG_6114
Un troupeau de vigognes
Lorsque nous arrivons au sommet du col qui mène à San Pedro de Atacama, la descente est raide: 2000 mètres de dénivelé sur 40 kilomètres. Aucun lacet pour freiner la pente, juste une ligne droite à parcourir. Nico s’arrête pour vérifier le niveau du liquide de freins. Petit coup de stress? On se dit alors, que pour aller en Bolivie dans une semaine, il nous faudra remonter la pente. Le réveil aura intérêt d’être matinal!!!
A peine arrivés à San Pedro de Atacama, nous retrouvons Laëtitia et Valentin. Nous voulons partir ensemble à l’assaut du Sud Lipez en Bolivie dans une semaine. Mais avant, Big Mama et Jean-Michel doivent passer chez le garagiste pour la révision.  C’est à Calama située à une centaine de kilomètres que nous pourrons faire la vidange et la révision de Big Mama, faire des courses dans un supermarché avant la Bolivie et quelques achats dans un centre commercial. Il fait chaud et les paysages traversés sont arides: du sable, du sable et encore du sable.
Deux jours se sont écoulés: nous voilà parés pour la Bolivie avec deux gros caddies de courses.
IMG_6095IMG_6098
En attendant Big Mama
Nous prenons ensuite la route pour les geysers de Tatio. La première nuit, nous dormons au milieu du désert dans un silence absolu pour terminer, la nuit suivante, sur l’altiplano au milieu des troupeaux de vigognes et de lamas. Nous arrivons un peu tard pour le spectacle des geysers (entre 6h et 7h trop tôt pour nous!!!). Ce n’est pas grave, il nous reste à profiter des thermes l’après-midi. L’espace d’un instant, nous sommes seuls à  nous détendre dans le bassin d’eau chaude en contemplant les vigognes et les volcans.
IMG_6117
Les geysers de Tatio
IMG_6172
IMG_6220
Nuit sur l’altiplano en compagnie des flamands roses
Le lendemain, à San Pedro, le radiateur fuit un peu. La piste a été difficile et les secousses ont fait quelques dégâts. Un camping-cariste portuguais nous recommande un garagiste. Juan s’occupera de notre radiateur.
Il le démonte pour l’emmener, le jour suivant, dans un atelier de Calama afin de le nettoyer et le resouder. Quand on pense que nous y étions il y a deux jours!!! Nico est un brin nerveux en voyant un inconnu démonter et partir avec son radiateur ce qui semble amuser Juan, qui lui est hyper détendu et fredonne pendant la tâche. Ah les mecs, quand on touche à leur camion!!!
IMG_6241
La réparation terminée, nous partons à la recherche d’un endroit conseillé par Jean, un français vivant au Chili. Il s’agit d’une rivière d’eau chaude au fond d’un canyon. L’endroit est agréable pour se rafraîchir au milieu des roseaux et des cactus. On dispose d’un petit bassin avec cascade et d’une baignoire hydro-massante naturelle. En plus, nous sommes seuls à en profiter.
Pour les routards à la recherche de ce lieu:
De San Pedro, prendre la route qui va aux geysers. Après Guatin, continuer à gauche direction les geysers. Rouler sur environ 5/6 kms jusqu’à un espace de stationnement sur la droite (possibilité d’y bivouaquer). Descendre dans le canyon à pied. Pour cela, emprunter le sentier rudimentaire qui longe le muret en ruines. Après le muret, serrer à gauche sur le chemin et continuer jusqu’au bout du canyon sur 400m environ. Descendre dans le canyon, traverser la rivière avec la planche en bois mise à disposition. Prendre sur la gauche et marcher encore 150 m jusqu’à l’angle du canyon. C’est ici que se trouve le petit bassin d’eau tiède et limpide. C’est gratuit contrairement aux thermes de Puritama situés plus haut.
IMG_6273IMG_6263
De retour à San Pedro, nous passons la fin d’après-midi dans la Cordillère de sel. Du mirador, nous disposons d’une vue magnifique pour admirer le coucher de soleil. Nous nous posons dans le sable pour apprécier nos derniers instants passés au Chili. Demain, ce sera l’heure des adieux…
IMG_6331IMG_6344

IMG_6404

Actuellement, nous sommes à Uyuni en Bolivie après sept jours de traversée du Sud Lipez. Suspense suspense, puisque dans notre prochain article, nous raconterons notre épopée où comment nous nous sommes retrouvés à dormir dans une usine d’acide borique à 5033 mètres d’altitude.