Bolivie #1: Notre épopée dans le Sud Lipez: nous sommes venus, nous avons vu, nous avons vaincu

Samedi 9 avril: c’est le grand jour!!! Lever 8h pour partir à l’assaut du désert du Sud Lipez en Bolivie. Des mois et des mois que nous en parlons entre voyageurs. Tu l’as fait? Comment sont les pistes? On peut passer avec un camping-car? Même si le camping-car n’est pas le véhicule le plus approprié pour un périple dans le Sud Lipez, d’autres familles françaises l’ont fait avant nous. Alors, avec notre âme d’aventurier, nous avons plus qu’envie de nous lancer. On se donne rendez-vous avec Laëtitia et Valentin (nhomade.com). Nous pourrons nous aider en cas de problèmes.
Il est 11h. Les pleins d’essence et d’eau sont effectués. Nous partons avec 250 litres de gazoil, 200 litres d’eau et les placards plein à craquer. Des réserves nécessaires pour affronter les 400 kms de pistes qui nous attendent. Nous savons que ce sera un temps fort de notre voyage. Les paysages les plus spectaculaires d’Amérique du Sud sont devant nous. Nous sommes tous excités.
Après un rapide passage à la douane chilienne, nous commençons l’ascension du fameux col qui mène à la frontière bolivienne. Souvenez-vous, 2000 mètres de dénivelé à grimper en 40 kilomètres. Dur dur surtout qu’il fait 30°C. Au bout d’une heure, nous effectuons une pause refroidissement à 4030m d’altitude. Plus que 10 kms à parcourir et nous sommes en Bolivie. Arrivés au sommet, nous sommes plutôt contents. Chargés comme des mulets, nous pensions faire deux pauses refroidissement et finir la montée en première. Et bien, une pause aura suffi avec une montée en deuxième!!!
A la migration bolivienne, les deux douaniers les plus gentils du monde délivrent notre visa. C’est toujours agréable à l’entrée d’un pays. Ils nous donnent également des conseils sur l’état des pistes.
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Nous voilà partis pour la Laguna Blanca puis la Laguna Verde. Pour l’instant, la piste ne présente pas trop de difficultés car le chassis surélevé de Big Mama nous permet de passer au-dessus des ornières de sable.
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La Laguna Verde
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La Laguna Blanca
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Big Mama et Jean-Michel
 
Au petit matin, le thermomètre affiche -6°C. Heureusement, nous avions tout prévu la veille en sortant les sacs de couchage en sus des couettes. Aucun de nous n’a eu froid et ne souffre du mal d’altitude. La toilette matinale est sommaire. Personne n’est assez vaillant pour affronter l’eau gelée!!!
Après une dernière balade à la Laguna Verde, nous partons en direction du désert de Dali pour arriver aux thermes de Polques sur les coups de midi. La piste a été étonnement bonne. Nous nous attendions à une piste sableuse.  Elle était plutôt normale. Toute la matinée, nous avons assisté au ballet des 4×4 de touristes. Au milieu de ce territoire, Big Mama est l’intruse. 
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Après le déjeuner, on s’offre entre filles une pause digestive dans le bassin à 40°C. La vue est superbe sur la Laguna Chalviri. A peine immergés, Daniela, une petite bolivienne de 5 ans vient nous rejoindre. Il faut dire que le village doit compter 20 personnes au maximum. Elle nous dit qu’elle a une seule copine dans le village. Alors, elle en profite dès que l’occasion se présente.
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Une de plus, une de moins…
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La Laguna Chalviri
 
Puis, c’est l’heure de se rendre à la douane Apacheta pour faire les formalités d’importation de Big Mama. Le poste douanier situé à 5033 mètres d’altitude est le plus haut du monde. On redescend à 4990 mètres pour passer la nuit aux Geysers sol de mañana.
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La nuit a été fraîche, -7°C. L’eau du radiateur est gelé. Nous nous sommes garés à l’est pour que le soleil réchauffe le moteur et le gazoil. Cette fois, la nuit a été difficile en raison de l’altitude. Les premiers maux de tête ont fait leur apparition.
Vers 10h30, Nicolas démarre le camion. Au moment de débloquer le frein de service, on entend une détonation suivie d’un pchit. Avec la pression liée à l’altitude, la bonbonne de freins arrière a lâché. Tout l’air s’est expulsé et ne veut plus se recharger. Impossible dans ces conditions de désserrer le frein de service. Nous sommes coincés.
Pendant plus d’une heure, Nicolas cherche à réparer en vain. Au bout d’un moment, il faut se rendre à l’évidence et aller chercher l’aide d’un mécanicien. La question est où le trouver? Nous sommes à 4990 mètres d’altitude en plein Sud Lipez. La première ville d’importance bolivienne est à 6h de pistes.
Nous décidons d’aller chercher de l’aide à la douane qui est située à seulement quelques kilomètres. Là-bas, se trouve également une usine d’acide borique. Il y a de gros camions qui effectuent le transport des marchandises. On suppose qu’il doit y avoir un mécanicien pour assurer l’entretien de ces engins.
Laëtitia, Valentin et Nicolas s’y rendent pendant que je patiente avec les filles. Vers 16h, ils arrivent avec Adolfo, le mécanicien de l’usine qui connaît bien le système des freins à air. Nous avons vu juste.
Il démonte le système, nettoie le répartiteur d’air…  3 heures s’écoulent, la nuit tombe. Il a travaillé dans un froid glacial. Nicolas, qui  est resté à ses côtés par solidarité, est frigorifié. Adolfo nous quitte en prévoyant de revenir demain à 9h30.
A 9h30, le lendemain, pas d’Adolfo en vue. Nous attendons patiemment sa visite toute la matinée en jouant à la belote. A 14h, notre mécanicien n’est toujours pas là. Nicolas négocie avec un chauffeur de 4×4 de touristes pour se faire emmener à l’usine et comprendre ce qui se passe. De notre côté, les heures passent et on commence à se poser des questions. Finalement, vers 17h, on voit un pick-up s’approcher. C’est Adolfo, Wilson son collègue et Nicolas qui arrivent. Une nouvelle fois, jusqu’à la tombée de la nuit, ils nettoient, bidouillent le système. La panne semble plus compliquée à résoudre que prévue. Ils finiront par installer un tuyau entre les deux bonbonnes. Soulagement quand la deuxième bonbonne se remplit enfin d’air et atteint les six bars. Le frein de service est débloqué. Hourra!!!
Nous les accompagnons alors jusqu’à l’usine pour finaliser les réparations. Nous entrons dans l’entrepôt de l’usine où les ouvriers de nuit se demandent bien ce qu’un camping-car français vient faire ici. Nous racontons alors brièvement notre histoire. C’est la petite animation de la soirée. De notre côté, on leur pose des questions sur leur travail. Ils travaillent ici à 5033 mètres d’altitude au milieu de nulle part quinze jours, puis, bénéficient ensuite de 15 jours de repos. Ils viennent d’un peu partout en Bolivie. C’est un vrai petit village de 200 âmes.
Il est 20h40 lorsque les réparations se terminent. On nous propose alors de dormir sur le site. On privilégie le parking à l’entrepôt pour éviter les émanations.
A cette altitude, la nuit fut compliquée pour moi. J’ai très peu trouvé le sommeil: manque d’oxygène, maux de tête. Dans la famille, c’est moi qui supporte le moins l’altitude. Après trois nuits passées à 5000 mètres, l’envie de redescendre est omniprésente.
Au petit matin, Nicolas se rend dans le bureau du Big boss pour négocier le coût des réparations. Nous avons 650 bolivianos en poche, l’équivalent de 85€. Transaction validée à 600 bolivianos. Ouf, nous avons assez!!! Au moment de payer, Nicolas le remercie en insistant sur le fait que c’est bien d’apporter son aide aux gens. On le soupçonne en effet d’avoir donné l’ordre à Adolfo de laisser tomber pour le dépannage de la veille.
Adolfo a bossé 6h dans un froid glacial. On se demande bien s’il va toucher quelque chose de ces 600 bolivianos donnés à son patron. Nicolas va trouver Adolfo dans son atelier pour lui donner nos 50 bolivianos restants et des pesos argentins qu’il pourra échanger à Uyuni. Lui, qui avait été très peu loquace jusqu’à présent, est ému de notre geste. Quant à nous, nous sommes satisfaits car nous n’aurions pas pu partir en se disant qu’il n’aurait rien touché pour son travail effectué. Sans son aide, nous aurions vraiment été dans la panade.
Finalement, notre mésaventure se termine bien car nous n’avons été bloqués que deux jours et on s’en sort pour 100 euros de réparations. Bien moins que si nous avions dû faire appel à un mécanicien d’Uyuni voire de San Pedro de Atacama.
Du Sud Lipez, nous avions pensé à une crevaison, un ensablement, une pierre coincée entre les roues jumelées, le moteur qui chauffe. On anticipe, mais c’est toute autre chose qui arrive. Jusqu’à cet incident, nous étions confiants. Le désert nous a rappelé que c’était lui le maître, que nous n’étions que de simples passagers soumis à ces règles et qu’il pouvait nous avaler quand il le voulait.
Rassurés par Adolfo, nous continuons notre périple par la Laguna Colorada, toujours en compagnie de Laëtitia et Valentin qui sont restés à nos côtés pendant ces deux jours.
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L’aventure n’est pas terminée puisque nous quittons la Laguna Colorada par la piste intérieure. Mauvaise décision: bonjours les frayeurs avec les bancs de sable. Nicolas accélère à fond pour ne pas rester ensabler. Ultime difficulté: un trou de sable énorme à passer. Nicolas nous dit: “Accrochez-vous les filles, ça va secouer!!!” ça va passer, ça va passer, ça va passer…Heureusement, nous avions prévenu les filles que les pistes cette semaine seraient comme dans un manège!!!
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Sur la piste
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Le lendemain, nous parcourons 50 kms en 4 heures sur une piste caillouteuse en très mauvais état. Les paysages de l’altiplano sont magnifiques et la rencontre avec les lamas ou les vigognes est toujours la bienvenue.
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Puis, vient le jour de la délivrance lorsque l’on rejoint la route semi asphaltée à Alota. On se dit qu’on sera à Uyuni le soir. Un dernier coup de grâce tout de même sur la route avec un éclat sur le pare-brise et le panneau solaire qui se décroche du toit. Jean-Michel s’en tire avec une crevaison. Le soir, nous bivouaquons au cimetière des trains à Uyuni en passant du bon temps ensemble. L’avantage de l’altitude, c’est que les réserves de vin ne se sont pas épuisées!!!
Nicolas a assuré pendant cette semaine et Big Mama aussi. Arrivé à Uyuni, il n’a qu’une seule envie: se reposer en ménageant sa monture sur des routes bien goudronnées!!!
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Chili #7: le désert de l’Atacama

Lorsque nous vous avions quitté la dernière fois, nous étions à la frontière chilienne au paso de Jama. Nous pensions alors avoir atteint l’altitude maximum à 4400m. Que ni ni!!! Une fois la frontière passée, il faut encore grimper, grimper, grimper jusqu’à 4860 m. Incroyable, nous sommes à une altitude plus élevée que le Mont Blanc. Les plateaux défilent, la végétation kaki de la Puna laisse place au sable et à la roche. Nos premières lagunes et salars font leur apparition.
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La laguna Tara
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Un troupeau de vigognes
Lorsque nous arrivons au sommet du col qui mène à San Pedro de Atacama, la descente est raide: 2000 mètres de dénivelé sur 40 kilomètres. Aucun lacet pour freiner la pente, juste une ligne droite à parcourir. Nico s’arrête pour vérifier le niveau du liquide de freins. Petit coup de stress? On se dit alors, que pour aller en Bolivie dans une semaine, il nous faudra remonter la pente. Le réveil aura intérêt d’être matinal!!!
A peine arrivés à San Pedro de Atacama, nous retrouvons Laëtitia et Valentin. Nous voulons partir ensemble à l’assaut du Sud Lipez en Bolivie dans une semaine. Mais avant, Big Mama et Jean-Michel doivent passer chez le garagiste pour la révision.  C’est à Calama située à une centaine de kilomètres que nous pourrons faire la vidange et la révision de Big Mama, faire des courses dans un supermarché avant la Bolivie et quelques achats dans un centre commercial. Il fait chaud et les paysages traversés sont arides: du sable, du sable et encore du sable.
Deux jours se sont écoulés: nous voilà parés pour la Bolivie avec deux gros caddies de courses.
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En attendant Big Mama
Nous prenons ensuite la route pour les geysers de Tatio. La première nuit, nous dormons au milieu du désert dans un silence absolu pour terminer, la nuit suivante, sur l’altiplano au milieu des troupeaux de vigognes et de lamas. Nous arrivons un peu tard pour le spectacle des geysers (entre 6h et 7h trop tôt pour nous!!!). Ce n’est pas grave, il nous reste à profiter des thermes l’après-midi. L’espace d’un instant, nous sommes seuls à  nous détendre dans le bassin d’eau chaude en contemplant les vigognes et les volcans.
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Les geysers de Tatio
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Nuit sur l’altiplano en compagnie des flamands roses
Le lendemain, à San Pedro, le radiateur fuit un peu. La piste a été difficile et les secousses ont fait quelques dégâts. Un camping-cariste portuguais nous recommande un garagiste. Juan s’occupera de notre radiateur.
Il le démonte pour l’emmener, le jour suivant, dans un atelier de Calama afin de le nettoyer et le resouder. Quand on pense que nous y étions il y a deux jours!!! Nico est un brin nerveux en voyant un inconnu démonter et partir avec son radiateur ce qui semble amuser Juan, qui lui est hyper détendu et fredonne pendant la tâche. Ah les mecs, quand on touche à leur camion!!!
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La réparation terminée, nous partons à la recherche d’un endroit conseillé par Jean, un français vivant au Chili. Il s’agit d’une rivière d’eau chaude au fond d’un canyon. L’endroit est agréable pour se rafraîchir au milieu des roseaux et des cactus. On dispose d’un petit bassin avec cascade et d’une baignoire hydro-massante naturelle. En plus, nous sommes seuls à en profiter.
Pour les routards à la recherche de ce lieu:
De San Pedro, prendre la route qui va aux geysers. Après Guatin, continuer à gauche direction les geysers. Rouler sur environ 5/6 kms jusqu’à un espace de stationnement sur la droite (possibilité d’y bivouaquer). Descendre dans le canyon à pied. Pour cela, emprunter le sentier rudimentaire qui longe le muret en ruines. Après le muret, serrer à gauche sur le chemin et continuer jusqu’au bout du canyon sur 400m environ. Descendre dans le canyon, traverser la rivière avec la planche en bois mise à disposition. Prendre sur la gauche et marcher encore 150 m jusqu’à l’angle du canyon. C’est ici que se trouve le petit bassin d’eau tiède et limpide. C’est gratuit contrairement aux thermes de Puritama situés plus haut.
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De retour à San Pedro, nous passons la fin d’après-midi dans la Cordillère de sel. Du mirador, nous disposons d’une vue magnifique pour admirer le coucher de soleil. Nous nous posons dans le sable pour apprécier nos derniers instants passés au Chili. Demain, ce sera l’heure des adieux…
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Actuellement, nous sommes à Uyuni en Bolivie après sept jours de traversée du Sud Lipez. Suspense suspense, puisque dans notre prochain article, nous raconterons notre épopée où comment nous nous sommes retrouvés à dormir dans une usine d’acide borique à 5033 mètres d’altitude.

Argentine #8: de Leoncito au Paso de Jama

Le parc national Leoncito: la tête dans les étoiles
Nous arrivons au Parc national Leoncito bien décidés à nous reposer après ces péripéties citadines au Chili. Toutefois, les corvées ne sont jamais très loin en voyage. Nous disposons d’eau à volonté, alors, l’heure est à la lessive et au nettoyage de Big Mama.
A Leoncito, nous avons la tête dans les étoiles puisque le ciel, comme dans toute la région, est dépourvu de toute pollution lumineuse. Par ailleurs, il est particulièrement pur grâce à l’absence de nuages. Nous profitons de l’observatoire du parc pour découvrir le ciel de l’hémisphère sud et admirer la Voie Lactée comme on ne l’avait jamais vue. Désormais, la Cruz del Sur, Sirius, les constellations des Tres Marias, du corbeau, d’Orion n’ont…plus de secrets pour nous ou presque…on s’y perd vite quand même!!!
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L’ambiance sera tout de même un peu morose le jour du départ puisque nous nous apercevons que j’ai perdu notre portable et que Nicolas s’est fait dupliquer sa CB sans doute à Santiago. Heureusement, les paysages désertiques de la magnifique ruta 149 nous feront vite oublier ces désagréments. Et comme je dis souvent, à chaque problème sa solution.
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Le Cerro El Alcazar
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Le parc Ischigualasto ou la Vallée de la Lune: des étoiles à la Lune
De nombreux kilomètres parcourus nous conduiront à la Vallée de la Lune, paysage aride balayé par le vent et la poussière et soumis à un soleil de plomb. Les dinosaures y régnaient en maître il y a 250 millions d’années ce qui passionnent les filles. Les questions fusent: Les gros dinosaures, ils mangeaient quoi? Et les moyens? Pourquoi ils sont morts? C’est quoi une météorite? Un bon vieux C’est pas Sorcier sur les dinosaures nous sauvera la mise.
Des étoiles à la Lune …à la planète Mars avec cette barrière rocheuse rouge qui marque la fin de la vallée. C’est parfait pour les extraterrestres que nous sommes!!!
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Nous continuons notre route dans des paysages désertiques. En dehors des villages, il n’y a pas d’ombre et les températures dépassent les 30°C. Les nuits ne sont pas plus clémentes, aucune brise ne viendra nous délivrer. Les villages traversés sont petits et semblent bien isolés surtout entre 14h et 17h …18h, la fin de la siesta.
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Bivouac près des cactus
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Bivouac le long de la ruta 40
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Moment de détente dans une piscine municipale en compagnie de deux crapauds!!!
 
Nous aurons le droit à une courte pause rafraîchissante aux Ruines de Quilmes avec un violent orage qui fera vibrer le ciel et la terre une bonne partie de la nuit.
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Le lendemain, nous enchaînons par la découverte de la Quebrada de las Conchas au nord est de Cafayate. La vue au petit déjeuner est superbe avec ce petit air de far west!!!
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La région de Cafayate réserve bien des merveilles puisque, côté ouest, c’est au tour de la Quebrada de las Flechas de pointer le bout de ses flèches.
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Après Salta, nous décidons de prendre la ruta 51 qui suit le trajet du “train des nuages”. Il n’est plus en fonctionnement aujourd’hui mais nous nous amusons à croiser et recroiser les ponts, suivre le parcours de ce train touristique situé au milieu d’une belle vallée encaissée. Son terminus est le Viaduc de Polvorilla situé à 4200m d’altitude. Nous commençons à découvrir une autre Argentine, celle des hauts plateaux surnommés la Puna. Les nuits deviennent fraîches voire négatives. Les paysages sont purs, le minéral domine.
Une piste empruntée étant particulièrement caillouteuse, et devant le peu de chance de rencontrer des flics à 3700m d’altitude, j’aurais l’autorisation de conduire Big Mama, assistée de mon copilote, Charlotte. Je ne pourrais pas dépasser la deuxième vu l’état du ripio.
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Viaduc la Polvorilla
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Bivouac au milieu des lamas
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Girlspower sur l’ex ruta 40
 
Avant de quitter l’Argentine, il nous reste une dernière Quebrada à découvrir: la Quebrada de Humahuaca classée au Patimoine mondial de l’Unesco. Ici, les montagnes semblent avoir été réalisées par des peintres puisque leurs façades regorgent de différentes couleurs allant du beige au violet. 
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La montagne aux 7 couleurs à Purmamarca
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L’incroyable montagne aux 14 couleurs à El Hornocal !!!
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La nuit à cette altitude aura été peu reposante pour Nicolas et moi qui avons dû mal à trouver le sommeil. Toutefois, nos corps se sont bien habitués et aucun membre de la famille n’est malade. Nous y sommes allés par paliers: une nuit à 3000m, une nuit à 3700m, une nuit à 4250m.
Nous redescendrons de cette montagne puis grimperons, grimperons, grimperons… et grimperons un autre col à 4150m (à croire qu’il n’allait jamais finir), la majeure partie en deuxième vitesse. La ruta 52 nous mènera à notre premier désert de sel, las Salinas Grandes.
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Les hauts plateaux  andins, les troupeaux de lamas, de vigognes, de mulets, les premiers salars, les visages tannés par le vent et le soleil. Tous ces signes annoncent la Bolivie située à quelques kilomètres. Nous avons hâte d’y entrer. Mais avant, il nous reste un ultime tour à effectuer au Chili dans la région désertique de l’Atacama.

Chili #6: la région du centre et la route des Andes

Il y a deux semaines, nous avons quitté le cadre idyllique du parc national Conguillio pour flirter de nouveau avec la civilisation en empruntant la panaméricaine afin de nous rendre à Santiago du Chili (6 millions d’habitants) et Valparaiso (275 000 habitants). Nous avons beaucoup hésité à y faire halte car ce n’est jamais facile de visiter des villes en camping-car. Notre soif de curiosité l’a finalement emporté.

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Bivouac sympa le long de la Panaméricaine. Allez, tous à la douche avant d’aller à la Capitale!!!
 
La visite de la cave Concha y Toro
Le principal attrait de la région de Santiago est…le vin!!! Nous ne connaissons pas les bonnes maisons et encore moins les petits domaines familiaux. Alors, en bon vieux touristes, nous nous réfèrons au guide et allons visiter la maison la plus célèbre au Chili, Concha y Toro à Pirque. Lorsque nous arrivons à Pirque, nous sommes un peu sceptiques. Il fait très beau et les vignes dominent les alentours. Toutefois, nous sommes loin du charme de nos petits domaines viticoles français et craignons l’usine à touristes.
Le lendemain, nous laissons nos filles en compagnie de la Reine des Neiges. Pendant ce temps, nous entamons la visite les traits tirés. Pour l’anecdote, à deux heures du matin, quelques peu excédés par le niveau sonore  de la maison devant laquelle nous étions garés, nous nous sommes déplacés pour retrouver le sommeil. Eh oui, les vendredi et samedi soir en Amérique du Sud, il faut choisir avec une attention particulière ses bivouacs. On arrive encore à se faire avoir … ou alors on a la pouasse!!!
La visite de la cave Concha y Toro est réglée comme du papier à musique et le marketing poussé à son paroxysme. Malgré tout, nous avons passé un excellent moment.
La maison est très connue au Chili grâce à la légende du Casillero del Diablo.Il fut baptisé ainsi pour faire peur aux paysans du coin afin qu’ils n’aillent pas se servir dans la cave où le diable aurait, parait-il, élu domicile.
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Salud!!!
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Attention, diable en vue!!!
 
Santiago du Chili
A Santiago, nous bivouaquons sur le parking du Parque Metropolitano, adresse bien connue des voyageurs. L’endroit est, effectivement, étonnement tranquille. Nous visitons Santiago le dimanche, jour où les cyclistes s’approprient la ville jusqu’à 14h. La ville de Santiago est sympathique et on s’y sent en sécurité. Malgré la taille et la “cosmopolité apparente” de la ville, les regards se tournent vers nous à notre passage. Comme souvent en voyage, nous sommes des extra-terrestres pour ceux qui nous croisent. Attention, les “Javaudin’s attack”: “Bonjour, nous sommes venus en paix!!!” Au moins aujourd’hui, personne ne nous a demandé de photos. Euh, ce ne sont pas les touristes qui sont censés prendre des photos normalement? Bref, je n’en dirais pas plus cette fois-ci ayant déjà approfondi le sujet dans un précédent post dans les Balkans. J’ai quand même envie de partager ma surprise quand j’entends dans les rues de Santiago une phrase comme : “Mira, la negrita”. Traduction: “Regarde, la petite noire”. Sortez un peu de chez vous, les gars. Nous sommes en 2016. Les pays changent, le manque de bon sens et d’éducation des gens, eux, ne changent pas.
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Vue de Santiago depuis le cerro San Cristobal
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La Chascona, Maison de Pablo Neruda
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La Plaza de Armas                                             Le Palais de la Moneda
 
Valparaiso
Valparaiso, classée au Patrimoine Mondial de l’Humanité est notre prochaine destination. La ville basse est une vraie cocotte minute. Vous prenez une dose de personnes, une dose de voitures, une dose de camions, une dose de bus, une dose de musique forte, des klaxons, un port commercial, un dédale de ruelles particulièrement pittoresques. Vous ajoutez des odeurs fortes de poissons. Vous secouez le tout et vous obtenez Valparaiso. Côté ambiance, il faut s’imaginer la première scène du livre Le Parfum lorsque Jean-Baptiste Grenouille naît. On trouve à la fois des odeurs puissantes de poissons et de fruits de mer mêlées à quelques personnes avec de drôles de chicots assises sur les bancs d’une place. Puis, vient l’ambiance de la rue commerçante avec ses boutiques d’importation chinoise, ses restaurants…Et là, vous vous dîtes, mais pourquoi ils sont allés là-bas?
Valparaiso, c’est surtout, ces petits ascenseurs des années 1800/1900 qui vous emmènent sur les cerros de la ville où l’ambiance est toute autre.  Sur les hauteurs, le calme domine avec ses quartiers résidentiels peuplés de jolies maisons colorées arborant des fresques plus jolies les unes que les autres. Les habitants investissent leur ville, y mettant chacun de leur contribution, de leur âme d’artiste pour la transformer en un lieu unique. A Valparaiso, on ne trouve pas de maisons stéréotypées. Place à la bohème et à la poésie urbaine.
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Nous retournons dans la cocotte minute pour déjeuner dans un restaurant type fast-food. Nous avions commandé 4 petites portions de frites et deux sandwichs. Fous rires quand nos plats arrivent!!! Ce sont quatre gargantuesques assiettes de frites, qui nous sont servies, accompagnées de deux sandwichs en forme de hamburger faisant au moins 15 cm de diamètre. Le tout est garni, entre autres, de mayonnaise en quantité surréaliste.  On s’imagine alors Philippe Etchebest levant le sandwich avec son couteau et trifouiller la mayonnaise: vous servez ça à vos clients? Il est où le chef?
Au cas où nous n’en aurions pas assez, un complément de mayo nous a été apporté dans une assiette. Nico a frôlé l’indigestion en terminant mon sandwich. Pour le reste, un doggybag nous a permis d’emporter la montagne de frites servie aux filles.
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Valparaiso, c’est aussi une belle balade le long de la côte à admirer les pélicans, les lions de mer (ou phoques ou otaries…nous n’arrivons toujours pas à faire la différence) et l’écume laissée par les énormes vagues qui frappent les rochers.
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Nous quittons Valparaiso pour nous rendre chez Eduardo qui nous avait invité chez lui quelques jours plus tôt. Nous passons du bon temps à discuter de sa vie en France et ailleurs en Europe. Un bonhomme avec une dose de loufoquerie avec qui il est agréable de passer une soirée. Au cours de celle-ci, Eduardo nous demande de lui rendre un service. Il a un fils en France qu’il n’a jamais vu. Il aimerait qu’on l’aide à le trouver. Il nous explique son histoire. Il a rencontré une jeune fille aux Francofolies de la Rochelle il y a une dizaine d’années. Elle habitait à Rennes. De leur union furtive, est né un fils qui s’appelle Rémi. Le contact avec sa maman était déjà rompu avant sa naissance.
AVIS DE RECHERCHE
– une fille d’une trentaine d’années aux cheveux clairs et aux yeux bleus qui s’appelle Guylène
-elle habite à Rennes et a un fils d’une dizaine d’années qui s’appelle Rémi
C’est maigre mais on peut toujours essayer!!!
Si vous la connaissez, contactez nous ou faites passer le message.
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C’est avec quelques heures de sommeil manquantes que nous repartons à Santiago pour changer nos pneus et acheter des filtres pour Big Mama. En effet, nous avons crevé la semaine dernière et un autre pneu a éclaté il y a trois jours. Nos pneus arrières sont à bout de souffle!!! Pour les routards intéressés, voici les adresses:
1/ SUPERMERCADO DEL NEUMATICO 72 avenida España SANTIAGO CENTRO
Ils ont également d’autres points de vente au Chili.
2/ Garage Mercedes-Benz 5830 avenida Gladys Marin CENTRAL EST SANTIAGO
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Nous quittons Santiago, un vendredi soir dans les bouchons, pour nous rendre à Los Andes. Nous partons, le lendemain de bonne heure, à l’assaut des Andes pour retourner en Argentine. Nous en avons rêvé de cette route. Nous l’avons crainte aussi en imaginant les lacets et en fantasmant sur l’altitude. C’est sous un soleil de plomb que nous entamons la trentaine de lacets qui mène en haut du col. La route se fait finalement très bien. Nous  apercevons au loin, l’Aconcagua, le sommet des Andes qui culmine à 6959m. A la frontière, nous croisons une famille française avec trois enfants. Ils sont à vélo afin de réaliser, pendant six mois, la route qui va de Santiago au Pérou. Bravo aux enfants d’avoir la volonté d’accomplir de tels exploits!!!
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Le pont de l’inca

 
Actuellement, nous sommes au Parc Leoncito en Argentine où nous contemplons les étoiles sous un ciel particulièrement transparent.

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Chili #5/Argentine #7: la région des lacs et des volcans

Avant toute chose, il est temps de mettre fin au suspense et rétablir la vérité sur l’identité du pêcheur qui a sorti des eaux l’énorme poisson à Chiloé.
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Et non, ce n’était pas Nicolas mais bien un pêcheur du coin comme vous vous en doutiez!!!
Après l’île de Chiloé, nous parcourons la région des lacs au Chili et en Argentine. Nous sommes alors en pleine saison touristique, un peu comme le mois d’août en France. Les lacs sont très fréquentés. Nous avons dû fuir plusieurs fois cette frénésie estivale car ce n’est pas ce que nous sommes venus chercher ici.
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Vue sur le volcan Osorno
Le premier passage de frontière du Chili vers l’Argentine s’effectuera en 2h30. Nous attendons patiemment dans la file d’attente, même si, Nicolas est inquiet car la pression de notre bombonne de freins baisse de plus en plus. Autrement dit, nous comprenons très vite qu’il faudra s’occuper du problème dès notre arrivée dans la ville de Bariloche. Toutefois, avant de commencer nos recherches de garage à Bariloche, nous décidons de nous arrêter à Villa Angostura pour regarder d’où vient la fuite. Notre bonne étoile nous fait à nouveau un clin d’oeil, puisque sur le parking où nous stationnons, se trouve un couple de français, Gaston et Elizabeth, amis des chats perchés. Gaston est l’homme de la situation: Mac Gyver des temps modernes, heureux propriétaire d’un énorme MAN, sur la route depuis 10 ans dont 2 ans en Amérique du Sud. Il propose d’enfiler sa salopette et d’aider Nicolas. Après plusieurs vérifications et contrôle du sytème, ils finissent par trouver la fuite d’air. Il s’agit simplement d’un boulon qui s’était dévissé sans doute avec les secousses du ripio. Un tour de clé de 28 et l’aiguille remonte à 8 bars. Merci Gaston!!! L’heure est à la détente désormais. Le cadre s’y prête bien puisque nous sommes au bord du magnifique lac Nahuel Huapi.
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Le lendemain, nous partons explorer “le bois des arrayanes”. L’arrayane est un arbre dont l’écorce est d’une jolie couleur cannelle. Malheureusement, il se trouve au bout d’un sentier de 12 kilomètres soit 24kms aller-retour. Comme d’habitude, nous commençons le sentier de bonne heure pour admirer ces arbres, qui auraient parait-il, inspiré la forêt de Bambi. Nous serons seuls pendant tout l’aller, la plupart des gens préférant prendre le bâteau pour se rendre directement au bois via le lac. Une grande déception nous attend à notre arrivée au bois : tout ça pour ça, l’attrape-touristes!!!  C’est la dernière fois que l’on effectuera autant de kilomètres pour contempler des arbres. En revanche, nous avons une belle récompense, puisqu’à proximité du bois, se trouve la laguna Patagua aux eaux transparentes et dotée d’une très belle plage. Un vrai régal!!! A tout effort mérite sa récompense.
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On nous demande parfois comment font les filles pour marcher autant de kilomètres. Nous répondons qu’une de nos filles fonctionne au DURACELL +++. C’est impressionnant l’endurance des enfants. Ils ne s’arrêtent jamais alors autant utiliser cette énergie à bon escient. Le plus souvent, c’est Nicolas le plus fatigué des 5 mais chut, c’est un secret…Nous devons, néanmoins, composer avec les ritournelles habituelles des enfants: “Maman, j’ai envie de faire pipi”, “Maman, j’ai un caillou dans ma chaussure”, “Maman, j’ai l’étiquette de ma culotte qui me gratte”. Sans compter les châmailleries de Lisa et Clémentine pour passer l’une devant l’autre ce qui finit souvent en chute. On en rigole et on a fini par les surnommer Dupont et Dupond.
Cette fois, nous avons quand même eu des courbatures et il nous a fallu plusieurs jours pour nous en remettre. 
Lorsque nous quittons Villa Angostura, le vent s’est levé. Nous commençons la route des sept lacs avec, en toile de fond, des rafales de vents et des tourbillons de poussières. Le jour suivant, le vent s’est calmé mais les températures ont bien chuté. En effet, nous avons perdu plus de 15° en une journée. Les lacs se succèdent sur fond de montagnes verdoyantes avec quelques aires de camping libres disséminées ici ou là. On se dit que les argentins ont bien de la chance d’avoir ces aires à disposition. En France, tout est interdit: interdit de camper sauvagement, interdit de faire du feu, interdit de tout…
Un soir, nous nous installons dans “la valle encantado” autrement dit la vallée enchantée. Le changement de paysages est étonnant  sur si peu de kilomètres. Sur la route des sept lacs, le vert domine par les montagnes couvertes de sapins. Il suffit de prendre une piste sur la droite et nous voilà dans un environnement totalement différent. Dans la vallée, la roche est dégradée par l’érosion. Elle est jaune et rouge et prend des formes qui laissent place à l’imagination. La vue de la vallée depuis le paso Cordoba est exceptionnelle.
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Un peu plus de deux cent kilomètres parcourus sur les routes argentines, et nous voilà déjà de retour à la frontière pour continuer notre périple au Chili. Après s’être baignés dans le lac Tromen, nous roulons tranquillement quand tout à coup, au détour d’un virage, une file importante de voitures fait son apparition. Un argentin nous indique que nous sommes le 15 février, c’est le changement de quinzaine des vacanciers. Comme des imbéciles, nous nous retrouvons au milieu d’un traffic routier équivalent à un 15 août. Nous mettrons 4h30 pour passer les deux postes de frontières.
Arrivés au Chili, l’afflux de vacanciers est à son comble. Il faut dire que nous nous trouvons près de Pucon, un des endroits préférés des jeunes et moins jeunes branchés de Santiago. Les petites maisons traditionnelles en bois ont laissé place à de belles et grandes villas avec vue sur le lac. Nous dormons dans la ville voisine, Villarica, moins bondée et nettement moins charmante. Je dis à Nico: “C’est plus plouc ici quand même”. Nico me répond: “A ton avis, pourquoi nous sommes là”. Ah ah ah!!!
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Vue sur le volcan Lanin
Par la suite, nous décidons de bivouaquer dans des endroits tranquilles d’ici la fin du mois de février. Nous trouvons notre endroit rêvé le jour suivant. Nous avions bien remarqué qu’il existait un point ioverlander (application de bivouacs sur smartphone) de l’autre côté du lac Caburgua, lac situé près de Pucon. Malheureusement, nous n’arrivions pas à trouver la route qui y menait sur la carte. C’est en regardant une autre application appelée Mapsme (GPS sur smartphone)  que nous nous apercevons qu’il existe une piste qui y mène. Nous hésitons, nous ne savons pas si la piste est praticable pour les véhicules autres que 4×4. Nous demandons l’état de la route à un local, puis, un brun téméraire, nous décidons de nous lancer. Nous ne serons pas déçus d’autant plus que le ripio était très bon.
Une fois arrivés, c’est une énorme étendue d’herbe située au bord du lac et entourée de montagnes verdoyantes qui nous attend. Le site est splendide et calme en ces temps de vacances intenses. Les guanacos ne seront pas des nôtres à cet endroit. Place aux vaches et aux chevaux. Comme de vrais chiliens ou argentins, nous ramassons des pierres et du bois mort, nous fabriquons notre foyer et c’est parti pour un feu. Une différence essentielle existe quand même: nous ne mettons pas la musique à fond. Il ne faut pas exagérer quand même!!!
 
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Nous prenons ensuite la direction du Parc National Conguillo, une belle surprise. Le volcan Llaima domine  l’environnement et nous contemplons les énormes coulées de lave laissées en 1927,1957 et le 1er janvier 2008 lors de ses dernières éruptions. La terre est noire et les arbres présents sont les araucanias, emblème de la région.  Ce parc nous laissera quelques sueurs froides puisque la piste qui le traverse est étroite et sableuse, un brin compliqué lorsque nous rencontrons des véhicules en face. Heureusement dans ces circonstances, la loi du plus gros s’applique.
Reculez et laissez passer, por favor!!!
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Vue sur le volcan Llaima
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Malgré un planning bien chargé, j’ai soufflé ma 34ème bougie!!!
Actuellement, nous remontons vers le nord en direction de Valparaiso.

Chili #4: la carretera austral (2ème partie) et l’île de Chiloé

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Nous avons terminé notre aventure sur la carretera austral par le parc Pumalin, un parc, encore une fois, à la superficie démesurée avec ses montagnes couvertes de forêts luxuriantes, ses rivières et ses cascades. Il est difficile de prendre une photo car un tel paysage ne peut rentrer dans un cadre. Comment pourrait-on mettre dans une boite tant de reliefs, de hauteur, de largeur, d’humidité. Il est aussi difficile d’arpenter les sentiers avec les filles, d’apprivoiser cette nature complexe car le parc a gardé son aspect sauvage. Il ne nous reste plus qu’à conserver au fond de notre mémoire tous ces souvenirs et de dire au revoir à cette chère carretera austral que nous avons particulièrement affectionnée. Merci à tous ces hommes et ces femmes qui ont pris des risques considérables pour la créer, et qui quotidiennement, travaillent encore d’arrache pied pour l’améliorer. Merci de nous avoir permis d’accomplir 964 kilomètres sur les 1240 kilomètres qui la composent.

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Il est désormais l’heure pour nous de mettre les voiles en direction de l’île de Chiloé avec Laëtitia et Valentin et les chats perchés en voyage que nous avons retrouvé par hasard à Chaiten.
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Lorsque nous sommes arrivés sur l’île de Chiloé, nous ne savions pas vraiment à quoi nous attendre car nous avions entendu tout et son contraire. Les guides de voyage parlent d’une très belle île qui a gardé son authenticité et sa culture. A l’inverse, certains voyageurs nous avaient dit que les paysages n’étaient pas aussi grandioses que sur la carretera et qu’ils avaient été déçus. Il paraîtrait que l’île de Chiloé ressemble à la Bretagne. Pas possible!!!
Nous commençons notre découverte de l’île par un bivouac dans le village d’Auchac. Nous avons adoré ces deux jours de farniente qui tombaient à point après la fatigue accumulée sur la carretera. L’ambiance était à la contemplation de la Cordillère des Andes, des allées et venues des bâteaux de pêche et d’une famille de dauphins qui nous offrait son spectacle dès le lever du soleil. Par ailleurs, les habitants ont été très accueillants.
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Tout au long de notre séjour sur l’île, nous avons apprécié les retrouvailles avec les odeurs de la mer, le chant des oiseaux marins, la dégustation des produits locaux. L’immensité des montagnes nous avait fait perdre la tête et oublié combien une pause martitime peut être agréable.
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Curaco de Vélez
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Tenaun
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Lliunco
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La plage de Gabun
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Le ballet des pêcheurs sur la plage de Gabun
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Il y a un petit air de famille dans le regard?
 
L’autre trésor de l’île réside dans la tradition préservée des constructions en bois que l’on retrouve particulièrement dans les églises entièrement réalisées en bois et les palafitos (maisons sur pilotis) de Castro. Comme à l’accoutumée, nous sommes ébahis face à tant de savoir faire.  En revanche, nous sommes moins sensibles aux ornements intérieurs un peu trop kitchs à notre goût et à l’ambiance hyper catholique qui règne dans ces églises. Quelques slogans anti-avortements aperçus ici ou là nous semblent totalement en décalage avec nos moeurs françaises.
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Cathédrale de Castro
IMG_4082IMG_4083Eglise de Rilan
IMG_4111Eglise de Tenaun

 

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Les palafitos de Castro (en danger par la loi de concession maritime)
 
Alors, l’île de Chiloé vaut-elle ou ne vaut-elle pas le détour? Chiloé vaut le déplacement à condition de sortir des sentiers battus. En effet, les endroits indiqués par le guide du routard étaient souvent décevants alors que nos escapades personnelles ont toujours été des coups de coeur. Et puis, comme souvent dans les îles, Chiloé tire son charme de son âme forte et de ses traditions bien ancrées.
 
Pour terminer, une spéciale dédicace pour Katia avec ces deux couchers de soleil. Une touche de romantisme pour apaiser les moeurs et les coeurs…
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Chili #3: Chile Chico et la Carretera Austral (1ère partie)

Chile Chico est un petit village frontalier au bord de l’immense lac Général Carrera. Nous décidons de bivouaquer, pour la nuit, le long de la berge sous les magnifiques saules pleureurs. A peine installés, qui voilà? Les trois chats perchés en voyage!!! Le monde des voyageurs est vraiment petit. Nous ne les avions pas revu depuis Ushuaïa et nous avons plein de choses à nous raconter.
Le lendemain, à la demande de Nicolas (qui avait fait prêter serment lors de la soirée de la veille), tous mettent la main à la pâte pour nettoyer la plage qui regorge de déchets.
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Une heure plus tard et voilà deux bidons bien remplis!!!
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La belle plage désormais nettoyée, l’heure est à la détente. Nicolas, dorénavant surnommé “Nicolas Goulot”, semble apprécier la compagnie des garçons. En aurait-il assez d’être continuellement en compagnie du sexe féminin…
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Deux jours plus tard, nous empruntons la route sinueuse qui part de Chile Chico pour rejoindre la mythique carretera austral: ripio, lacets et nids de poules assurés. Pendant ce temps, nous avons le temps d’admirer les paysages surréalistes. Le bleu du lac contraste avec le bleu du ciel. Parfois, en haut du col, pendant quelques secondes, avec l’effet d’optique, nous avons réellement l’impression d’être dans le ciel. La sensation est saisissante.
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Toujours en compagnie des chats perchés, nous bivouaquons sur la magnifique et solitaire plage de Fachinal. Au programme: pêche, peinture et belote.
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Nous partageons un dernier moment ensemble le lendemain lors de la pause déjeuner. Les plus motivés se jettent dans les eaux fraîches et limpides du lac. Ce défi relevé nous donnera l’envie d’en tenter beaucoup d’autres dans les rivières de la carretera. Ce sera notre petite séance de thalasso personnelle. Rien ne vaut un bon bain dans une rivière pour se donner un coup de fouet pour la journée.
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Nous quittons les chats perchés après cette pause bienfaitrice. La jonction avec la carretera austral est seulement à quelques kilomètres. Les chats perchés prennent directement la direction du Nord alors que nous souhaitons parcourir 180 kilomètres au Sud jusqu’à Caleta Tortel,  pour entamer ensuite la remontée.
Mais tout d’abord, qu’est-ce que la carretera austral?
C’est à Puerto Montt que démarre la carretera austral, prolongation de la Panaméricaine qui naît en Alaska. Sa construction, démarrée en 1976, fut un véritable travail de titan: tracer un chemin dans des bois impénétrables,une végétation exubérante, de hautes falaises tombant dans la mer, des rivières torrentueuses, des lacs, des fjords…Entrecoupée de plusieurs passages en bac ou ferry, chevauchée de ponts, la carretera s’achève à Villa O’Higgins, parcourant ainsi plus de 1100 kms de paysages incroyables. Un périple rêvé pour ceux qui ont le goût de l’aventure, car peu de kilomètres sont asphaltés.” Le guide du Routard Chili
On dirait que cette carretera est faite pour nous. En route!!!
Le top 5 de nos meilleurs moments:
1/ Le bivouac au parc Patagonia
Nous avons eu connaissance de ce parc à Torres del Paine par des français vivant au Chili. Ils nous ont dit: “Ce parc vient juste d’ouvrir. Il n’y a pas de touristes. Il faut y aller maintenant.” Aucune information n’étant donnée dans les offices de tourisme, nous ne savions donc pas vraiment à quoi nous attendre. Mise à part le village “touristique” mais sans touristes, il n’y a aucune infrastructure. Le parc en est à ses balbutiements, nous sommes les pionniers. Les paysages qui longent la piste sont incroyables. Ce sont des milliers et des milliers d’hectares sauvages qui s’offrent à nous.  Au départ, nous étions décontenancés tellement formatés par les règles des autres parcs nationaux : ne pas marcher en dehors des sentiers, ne pas se garer en dehors des emplacements autorisés. Ici, il n’y a pas encore de règles. Alors, tout est possible!!! Nous décidons finalement de garer Big mama dans une vallée. Nous ne serons pas déçus. Lorsque nous rentrons de notre balade, plusieurs troupeaux de guanacos se sont rassemblés. Peut-être 300 ou 400 guanacos entourent Big Mama. On les observe, ils nous observent. Chacun étudie les comportements de l’espèce opposée. Un moment inoubliable.
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2/ La multitude de rivières
La carretera traverse un nombre impressionnant de rivières. Elle est le rêve des pêcheurs, en particulier des pêcheurs à la mouche. Leurs eaux sont, en effet, truffées de saumons et de truites.
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La rivière Neff
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La confluence entre la rivière Baker et la rivière Neff
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Bivouac près de la rivière Murta
Etant pire que des pêcheurs du dimanche, nous avons, de notre côté, privilégié la baignade (quand je dis baignade, je veux dire lavage) dans les rivières. Ce qui était un défi au départ (cf la fraîcheur de l’eau) est devenu un plaisir.
 
3/ Les villages
Le premier village que nous visitons est Caleta Tortel, petit village construit sur pilotis, situé au sud de la Carretera. Ces trois cent habitants y vivent sur des maisons en bois reliées entre elles par des passerelles. Ici, le bois est roi et les hommes qui le travaillent sont des artistes. Malgré la relative petite taille de la ville, tous les services publics sont présents: école, bibliothèque, crèche, ludothèque, jeux et places. On retrouvera la même qualité de services dans toutes les villes (politique culturelle, sportive, halles…).
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Puis, nous nous reposerons à Cochrane, havre de paix de 3200 habitants.
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Clin d’oeil à notre sponsor préféré 20ventina.com
 
Enfin, un breton n’aimant jamais trop s’éloigné de la mer, nous avons fait un petit détour pour aller respirer l’air marin à Puerto Cisnes, petit village de pêcheurs le long du canal de Puyuhapi.
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4/ Le parc national de Queulat
L’expression bois impénétrable prend tout son sens à Queulat. La végétation est d’une verdoyance et abondance extrême: mousses, lichens, fougères et arbres immenses, bambous… Nous avons redécouvert un élément qui ne nous avait pas manqué jusqu’à présent: la pluie!!!
-le sentier du bois enchanté:

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-le sentier du glacier Ventisquero Colgante:

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5/ Petit coup de coeur pour le lac Rosselot (pas de beauf à l’horizon cette fois!!!)

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Pendant tous ces kilomètres, les filles ont joué aux petites filles modèles.

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Big Mama a assuré comme d’habitude. Avec les secousses du ripio, le capot aura quand même été éjecté une fois. Par ailleurs, une bonne douche s’est avérée nécessaire!!!
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Actuellement, nous sommes toujours sur la carretera à Chaiten près du parc Pumalin.

Argentine #6: El Calafate et le Parc National des glaciers

Nous avions quitté Torres del Paine sous la neige, nous voici maintenant sous le soleil pour cette fin d’année 2015. Nous en profitons pour nous reposer dans la petite ville touristique d’El Calafate et prendre un peu de temps chacun pour soi. Nous stationnons le long du lac Argentino, d’une couleur bleu intense que les argentins surnomment Dulce de Glaciar. Au programme, lecture pour Nico, jeux sur la plage pour les filles, et balade en ville pour moi. Je commençais même à avoir mes habitudes dans un bar où je prenais plaisir à siroter des milkshakes et des cocktails de jus de fruits. Deux mois que je n’avais pas eu l’opportunité d’être seule pendant quelques heures!!!
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Toutefois, en voyage, nous ne sommes jamais seuls très longtemps. Dès le lendemain soir, une famille suisse vient nous rejoindre à notre bivouac. Ils ont trois enfants de 9, 7 et 5 ans. La perle rare pour nous et réciproquement. Les enfants sympathisent tout de suite et les parents aussi. Nous passerons une soirée que nous n’oublierons sans doute jamais. Il y a des soirées comme ça, où les discussions s’enchaînent, où chacun se dévoile rapidement comme si nous nous connaissions depuis longtemps, sans jugement, avec pour seule envie de découvrir et connaître son “prochain”. N’est-ce pas cela le but d’un voyage? S’ouvrir à l’autre, le découvrir et apprendre à le comprendre.
Le lendemain, nous partirons tous ensemble admirer le Perito Moreno, ce géant de glace que nous pouvons contempler à seulement 300 m de nous. Pendant tout l’après-midi, on patientera à l’affût du moindre craquement, grondement, guettant chaque petit morceau de glace se détacher pour finir dans les eaux du lac Argentino. Nous serons bien récompensés. Nous aurons même droit au bouquet final lorsqu’un énorme pan de glace tombera dans un fracas assourdissant. Le spectacle est incroyable. On prend toute la mesure d’être ici à admirer ce monstre de glace.
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A la fin de la journée, au grand regret des enfants, nous quitterons nos suisses préférés, chacun ayant des plans différents pour le réveillon du 31 décembre. En effet, nous avons décidé de passer le réveillon au camping libre du lago Roca à une trentaine de kilomètres du glacier. Nous devons y retrouver Laëtitia et Valentin. Le site est magnifique. Notre bivouac surplombe un lac dans lequel se reflètent les montagnes enneigées. Tout autour, des espaces verts composés de fleurs, d’arbres, au milieu desquels traversent des lapins, des aigles, des oies sauvages, et une multitude d’oiseaux. Le premier matin, nous entendrons même les grondements du Perito Moreno au loin. L’endroit est inespéré pour passer un nouvel an. De surcroît, le temps est très ensoleillé. C’est parfait pour réveillonner dehors une bonne partie de la soirée. Quand on pense que nous étions sous la neige, il y a seulement une semaine…
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Et là, vous vous dites: ils se prennent pour la famille Ingalls et nous font un remake de la petite maison dans la prairie. Et bien, oui, nous y avons cru, vivre en communion avec la nature pendant une semaine, au rythme du lac. Mais, c’était une utopie. Nous avons dû fuir le 2 janvier. Que s’est-il passé?
Vous connaissez le beauf français, mais, connaissez-vous le beauf argentin? Non, alors nous allons vous raconter.
Déjà, dans la nuit du 31, deux groupes de beaufs avaient fait leur apparition. Ils nous avaient fait profiter de leur musique d’ambiance toute la nuit. A minuit, le beauf avait fait vrombir son moteur pour souhaiter la bonne année à sa voiture. Espérons qu’il n’ait pas oublié sa femme!!! C’était encore très gentillet finalement, et cela ne nous a pas empêché de passer une excellente soirée.
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Ce n’est que le 1er janvier, que la beauf attitude a pris tout son sens, lorsque dès 10h du matin, mise à part quelques exceptions, une horde de familles beauf a envahi notre campement pour leur asado (barbecue). Le beauf croit qu’il est seul au monde, arrive avec sa voiture qui fait un boucan d’enfer, ouvre portières, capot (???) et nous délecte de ses 110 décibels (la vérité vraie) de boite à rythmes plus pourris les uns que les autres. Il déploie ses affaires sans espace de courtoisie. Il y a même une famille qui avait apporté son groupe électrogène. Laëtitia, Valentin et Jean-Michel (leur camping-car) sont complètement entourés. Ils viendront se réfugier auprès de Big Mama en espérant leur départ dans la soirée.
Il y a quand même une différence chez le beauf argentin. M. et Mme aiment particulièrement s’habiller en jogging. Parfois, M. porte une queue de cheval.
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Ils sont gentils mais qu’est-ce qu’ils sont bruyants!!!
 
Vers 19-20 heures, les beaufs commencent à s’en aller. On se dit que nos tympans pourront enfin se reposer. Eh bien non, car un beauf peut en cacher deux autres. Plus tard dans la soirée, ce sont des groupes de beaufs d’environ 18 ans qui débarquent. Une nuit terrible pour nos oreilles: musique de merde à fond sans interruption, les gens crient, des voitures arrivent, repartent. Du camion, j’ai l’impression que les télétubbies font la fête. On entend les jeunes crier : OOOOOOOOOhhhhhh!!! Aahhhhhhhhh!!! Eh!eh!eh!ehhhhhhhhhh!!! Arribo arribo!!!
Nico demandera à un groupe de baisser le son vers 2h du matin. Néanmoins, la musique vient de partout, chaque groupe se faisant la guerre des décibels.
Moralité: les argentins semblent fêter la nouvelle année le 1er janvier au lieu du 31 décembre. Si on avait su, on aurait décalé d’une journée.
Bref, nous repartons le 2 janvier avec un goût amer dans la bouche car nous aurions aimé rester ici plus longtemps. Visiblement, nous sommes tombés au mauvais moment. En plus, ce soir, c’est samedi soir. Nous n’avons aucune envie de remettre le couvert.
Nous sommes dans un Parc National reconnu Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO. Il est écrit à l’entrée du campement que la musique est interdite. Dommage que cet endroit ne soit pas respecté et que la guadaparque soit aussi tolérante.
Par la suite, nous avons reposé nos oreilles en passant deux jours en solitaire sur l’autre rive du lago Argentino.
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Après ce repos bienfaiteur, nous nous sommes rendus dans la partie nord du parc national à El Chalten, un minuscule village posé au pied du Fitz Roy, qui se proclame la capitale nationale du trekking. C’est reparti pour des levers matinaux!!!
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Médailles d’or pour Clémentine, Lisa et Charlotte qui ont accompli des prouesses sportives. En effet, elles ont réalisé :
-le trekking Laguna de los Tres au pied du Fitz Roy: 20km400 aller-retour avec un dénivellé de 750m
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-le trekking Laguna Torre au pied du Cerro Torre: 18km aller-retour avec un dénivellé de 350m
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Et pour finir en beauté, spéciale dédicace à Louise et Adrien, cyclotouristes belges, avec qui nous avons passé deux jours à remonter plusieurs centaines de kilomètres dans la steppe patagonienne. Dans Big Mama, il y avait alors 7 personnes et 7 vélos!!!
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Actuellement, nous sommes à Chile Chico au Chili afin de remonter la carretera austral.
 
BONNE ANNEE 2016 A TOUS!!! Que cette année vous apporte l’envie d’oser accomplir vos rêves, l’envie d’oser dépasser vos limites, l’envie d’oser vivre pleinement!!!

Chili 2: le Parc National Torres del Paine

Nous arrivons à Torres del Paine le samedi 19 décembre. Le guide du routard indique que c’est sans doute l’un des plus beaux parcs de Patagonie. La route qui y mène, puis l’entrée, nous mettent directement dans l’ambiance. C’est sûr, il y a de la matière!!!
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Le parc comprend plusieurs glaciers, tours et pics enneigés, multitude de lacs, rivières, cascades…Bref, le paradis des randonneurs. D’ailleurs, on en croise partout. Il y a le randonneur qui a envie d’en baver, équipé comme un chef près à affronter le circuit O ou le célèbre W. Il y aussi le randonneur du dimanche parfois équipé presque tout autant mais c’est juste pour l’image cette fois. Mais malgré son équipement, il ne trompe personne.  Quelle est la différence entre un bon randonneur et un mauvais randonneur? Le bon randonneur, il a sa doudoune, son bonnet, ses bâtons, son sac. Le mauvais randonneur, il a sa doudoune, son bonnet, ses bâtons, son sac, mais c’est pas pareil…il y a la navette de l’hôtel qui le récupère au bout de 45 minutes!!!
Alors les 5 roulent en carrosse, bons ou mauvais randonneurs?
Pas question pour nous de partir à l’assaut des montagnes avec les schroumpfs. On repart toutefois satisfait car les filles ont assuré comme des chefs.
1er jour: nous y allons tranquillement pour se mettre en jambes.
2ème jour: lever 6h du matin pour enchaîner les miradors. 3615 qui n’en veut pour des filles qui n’en veulent. On n’est pas trop dur quand même. Elles ne sont pas parties à jeun, elles ont eu droit à un Nesquik.
Pour ceux qui ne comprennent rien à notre humour de Deschiens, allez voir le squetch sur Youtube.
 https://www.youtube.com/watch?v=_jmyt8HnwxA
3ème jour: randonnée de 14 kilomètres (pas de dénivellé). Ce soir là, on a entendu personne au coucher.
4ème jour: 10 kilomètres avec un dénivellé de 500 m pour se rendre au refuge Chileno et apercevoir les Torres del Paine d’un peu plus près.
Le secret pour motiver ses troupes réside dans un bon pique-nique. Sinon, le dernier atout pour Clémentine qui traîne toujours 300 m derrière (cf son ami imaginaire) est de dire qu’on peut rencontrer des pumas. C’est radical pour passer la deuxième!!!
L’effort en vaut la peine, le parc est magnifique. On pourrait utiliser tous les superlatifs possibles, on préfère vous laisser admirer les images.
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Le 24, nous nous sommes installés dans un campement du parc à Laguna Azul. Au programme, repos et attente du Père Noël. Laëtitia et Valentin, que nous avions retrouvés dans le parc quelques jours plus tôt, ont partagé un moment de la soirée avec nous. Charlotte me demande: “Est-ce que le Père Noël va savoir où on est?” Oui, ne t’inquiète pas, il sait tout.

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Le 25 décembre, le Père Noël est arrivé. Puis, il s’est passé une chose exceptionnelle pour la saison (on est en été là-bas): il a neigé!!!
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Lisa, farceuse à son habitude, n’a pas du tout apprécié la bataille de neige.
La neige a semble t’il réveillé l’appétit sexuel des guanacos. Le lendemain, en quittant le parc, nous apercevons au loin une masse allongée au milieu de la route. Il s’agit de Monsieur et Madame Guanacos faisant leur petite affaire. On attend cinq minutes le temps que Monsieur Guanacos termine. Il s’agite de temps en temps mais il n’est pas pressé. Madame Guanacos est en mode étoile de mer, elle a l’air de trouver le temps long… 500m plus loin, rebelote avec un couple faisant la chose devant leur petit. Puis, encore un autre couple à un kilomètre. Cette vallée est un vrai bordel à Guanacos!!!
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“C’est possible votre ami ne pas regarder par la fenêtre”.
Actuellement, nous sommes à El Calafate en Argentine. Au programme le Parc National des glaciers où se trouve le mythique glacier Perito Moreno. On vous souhaite de joyeuses fêtes.

Conseils aux voyageurs: débarquer son camping-car à Zarate en Argentine

Novembre 2015

 Comment dédouaner son camping-car à Zarate en Argentine ?

Pour suivre l’avancée du navire :

-site web : http://www.marinetraffic.com

-site du Terminal de Zarate qui indique l’heure à laquelle le cargo est arrivé

1/ Se présenter chez Grimaldi à Buenos Aires pour payer les frais de débarquement

Adresse : 25 de Mayo n°702 1er étage : les bureaux sont à gauche en sortant de l’ascenseur

Pour prendre rendez-vous : commercial@platelogistics.com.ar

Pour notre camion embarqué à Anvers, nous avons payé 1401 pesos pour 5.580 kg.

Ils vous proposeront aussi de vous accompagner pour effectuer les démarches de débarquement. Le devis est salé !!! Nous avons préféré décliner l’offre.

2/ Aller à la Aduana de Campana

adresse : 651 Luis Costa à Campana. Les bureaux sont ouverts du lundi au vendredi de 8h à 16h.

Pour vous y rendre de Buenos Aires, vous pouvez prendre le bus au Terminal Once situé au 47 Catamarca (à l’angle de la plaza Miserere). Nous avons pris le 194 « Diferencial/expreso (départ toutes les 1/2h avec terminus à Zarate). Nous avons payé avec notre carte SUBE mais vous pouvez acheter votre ticket au terminal (entre 30 et 40 pesos).

Nous sommes descendus ensuite à l’arrêt de bus Jean Jaurès y San Martin à Campana. Il est situé à trois minutes à pied de l’hôtel MORADA Suites situé au 876 Alberdi. De l’hôtel, vous pouvez vous rendre à la douane à pied (15/20 min de marche).

Si vous préférez loger à l’hôtel à Zarate, il existe l’ARX-Ceos situé au 1050 Independencia.

 

A la douane, on vous demande un dossier constitué de :

-photocopie de la carte grise

-photocopie du passeport avec tampon de l’entrée sur le territoire argentin

-photocopie de l’assurance du véhicule en Argentine

-photocopie du permis de conduire international

-un original du bill of lading

-le document remis par Grimaldi à Buenos Aires intitulé « Autorizacion unica de entrega de contenedores y/o mercaderias »

-la facture liée à ce document

-une attestation de valeur du véhicule (écrite en espagnol) en euros ou pesos. Nous ne l’avions pas. Il l’a rédigée pour nous).

Prévoir l’original du passeport et de la carte grise au cas où.

Vous devez ensuite remplir un formulaire (seulement les deux premières cases. Pour l’adresse dans le pays, vous pouvez indiquer celle de l’hôtel).

Le douanier vous remettra ensuite un dossier à présenter au port.

Durée de l’opération pour nous : 1h

3/ Se rendre au terminal de Zarate

De l’hôtel, nous avons pris un taxi pour un coût de 200 pesos. Bien préciser que c’est le terminal autos au port (sinon il croit que vous parlez du terminal de bus dans le centre).

Ne pas entrer au poste principal mais prendre la route à gauche par rapport à l’entrée et se présenter dans les bureaux appelé « Aduana de Campana » et donner le dossier.

Il faudra ensuite payer les ports charges au guichet d’en face. Nous avons payé 5700 pesos pour 5.580 kg. Le prix est calculé en fonction du poids du véhicule.

Cette dernière opération ne vaut que si votre véhicule a été traité par le service vérification du port. Sinon, on vous demandera de revenir le lendemain.

L’assurance :

Nous sommes assurés chez Allianz pour 6 mois valable pour tout le Mercosur.

Contact :  ingrid@speiserseguros.com.ar

Coût : 845 US$ pour six mois

Nous l’avons contacté de France 20 jours avant. Ingrid répond très rapidement et est très professionnelle.

Nota bene concernant la réglementation en Argentine :

-avoir à bord un extincteur

-avoir à bord deux balises soit triangles ou cônes

-rouler avec feux de croisement allumés

-bande réfléchissante rouge d’un mètre ou deux fois 50 cm dans le bas de la paroi arrière et présence d’un disque de vitesse (90 ou 110 (le plus courant) suivant votre véhicule). Ces accessoires sont faciles à trouver sur place.

-priorité à droite dans les ronds-points

Notre transitaire pour le trajet Anvers-Zarate était la société havraise de transit