Equateur #1: c’est le bonheur !

Equateur #1: c’est le bonheur !

Du 29 septembre au 18 octobre 2016
Que connaissons-nous de l’Equateur, ce petit pays andin coincé entre le Pérou et la Colombie? Pas grand chose, il faut bien l’avouer. Si son célèbre voisin le Pérou lui a volé la vedette sur le plan touristique, il n’a pourtant rien à lui envier.
Le pays nous a surpris par son niveau de développement. Le réseau routier est en très bon état y compris dans les provinces les plus reculées ce qui nous a ravi puisque nous avons pu nous aventurer facilement jusqu’en Amazonie, un de mes coups de coeur du voyage.
Aussi bien les habitations privées que les bâtiments publics respirent la vie et l’envie. L’envie d’avancer, l’envie de créer, l’envie d’imaginer un monde meilleur. Toute une campagne de communication du gouvernement le rappelle d’ailleurs sur la route. Le tourisme en Equateur rime avec splendeur, saveur et senteur. Bref, la recette du bonheur.
La nature est omniprésente dans ce pays et nous ne nous sommes pas fait prier pour l’apprécier. Nous avons commencé notre découverte par le parc national de Podocarpus. La saison des pluies s’est installée doucement, et chaque jour qui passe, nous avons eu le droit à notre déluge quotidien. Néanmoins, nous avons profité d’une accalmie pour effectuer un sentier de 5 km que l’on pensait facile. La balade a finalement plus relevé de l’escalade à certains moments, et à une randonnée dans la gadoue à d’autres. Un orage s’est brusquement levé lorsque nous étions au sommet pour marquer le bouquet final. Toutefois, le moral était au beau fixe, heureux d’être de nouveau au milieu d’une végétation verdoyante.
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L’Equateur, c’est comme la région parisienne mais pour d’autres raisons. Ici, on évalue les distances en temps au lieu de les compter en km. La faute aux innombrables volcans et montagnes qui s’étendent au centre du pays. On tourne, on monte, on tourne, on monte, de haut en bas, de gauche à droite, et on remonte…et ainsi de suite. Pendant ce temps, les vaches qui broûtent les verts pâturages nous regardent passer avec leur flegme habituel.
Il nous faudra un jour et demi pour rejoindre Cuenca, une très belle ville coloniale située au centre du pays. Cuenca s’est avérée une belle surprise. Mise à part une ou deux avenues un peu bruyantes à cause de la circulation, les rues sont calmes et agréables. La circulation est fluide, oublié le trafic compliqué et dense du Pérou accompagné de son lot de klaxons incessants.
On flânne dans les rues et sur la place centrale. On lève les yeux vers la Cathédrale, les corniches peintes, les balcons, les boiseries et les façades colorées.
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Nous passons le jour suivant à la Laguna Lliavuco dans le parc national Cajas. Cette fois-ci, on se divise et je pars en duo avec Charlotte pour un tour du lac. On s’allonge sur le ponton, serrées l’une contre l’autre, et on laisse la chaleur du soleil nous réchauffer la peau ainsi que le chant des oiseaux et le bruit du vent nous caresser les oreilles. On est tellement bien. Plus loin, un troupeau de chevaux et de lamas pâturent dans le champ au milieu des collines. L’endroit est reposant.
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Puis, on repart pour une journée de routes sinueuses afin d’arriver au parc national Sangay à 3500 m d’altitude. Le lendemain, au petit matin, le ciel est toujours aussi chargé de nuages et la bruine est également de la partie. Nous décidons finalement de partir vers l’Amazonie dans la journée.
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Comme cela avait été le cas au Pérou pour aller au Macchu Picchu, il nous a suffi de descendre le col, et une trentaine de km plus loin, les températures ont bien remontées. L’accès a été facile même si parfois, le long de la route, on a deviné la violence de certains torrents qui se déversent pendant la saison des pluies. A quelques endroits, la route est abîmée par les éboulements voire des pans entiers se sont effondrés. Nous sommes satisfaits de retrouver la végétation luxuriante de la jungle, les palmiers et les bananiers. J’ai hâte de m’y enfoncer un peu plus. Nicolas, lui, n’est pas très enthousiaste, il sait qu’il lui faudra endurer la chaleur, les moustiques, les bestioles…
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Premier bivouac en Amazonie à Macas
Nous commençons notre aventure en Amazonie par la visite du refuge des singes à Puyo. Les petits singes sont curieux et viennent nous quémander à manger.
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Nous nous installons ensuite à Puerto Misahualli dans les jardins du lodge tenu par les femmes de la communauté Sinchi Warmi. Un endroit magnifique construit par 13 femmes “vaillantes” et 3 hommes de cette communauté pour prendre les choses en mains et apporter des ressources nouvelles à leur communauté et familles. L’initiative est plus que réussie. Un vrai havre de paix.
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Là-bas, j’apprends à confectionner un bracelet artisanal. L’activité commence dans le jardin où nous allons récupérer la fibre d’une plante “Pita” que nous colorons ensuite avec une autre plante. Encore quelques minutes de travail et notre fil pour réaliser le bracelet est prêt.
Le lendemain,  nous participons à l’atelier de découverte du chocolat avec une autre famille. L’ensemble des participants est plus qu’attentif et motivé. Comme la veille, l’atelier commence à la plantation de cacao où nous récupérons les fèves. Elles doivent sécher ensuite pendant trois jours. Puis, elles sont grillées pendant 1/2 heure. Après les avoir écossées, les hommes s’activeront au broyeur pour les moudre à plusieurs reprises. Il faut avoir de bons biceps pour la dernière mouture. On a ajouté ensuite du lait en poudre, du sucre de canne, un peu de vanille. La poudre de cacao est enfin prête. Nous l’avons mélangée avec du lait et le temps de la dégustation était enfin arrivé. La fondue de chocolat avec l’ananas et la papaye n’a pas fait long feu.
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Méliza nous appliquera ensuite un masque au chocolat ce qui ne manquera pas de faire rire les enfants.
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Nous avons passé le reste du temps soit à nous baigner dans le bassin soit à se reposer dans les hamacs situés dans l’espace détente à l’étage. Le paradis.
Le lendemain matin, nous nous baignons dans les eaux de la cascade Latas. L’eau rafraîchissante est bien appréciable pour combattre la chaleur. Les rives du rio sont le refuge des papillons qui s’en donnent à coeur joie autour de nous. Notre préféré est un gros papillon bleu. On découvre aussi un énorme mille-pattes noir et orange. Ici, les insectes se parent de leurs plus belles couleurs. Nicolas s’est même laissé piquer par un moustique tellement il était beau.
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Plus tard dans l’après-midi, sur la route de Coca, Big Mama fait des siennes. La pédale de l’accélérateur est de plus en plus dure et le ralenti ne fonctionne plus. Big mama qui reste en sur-régime fait un boucan d’enfer. La nuit tombe, et on finit par bivouaquer sur le parking d’un poste de santé d’une communauté. Nicolas est obligé de le faire caler pour arrêter le moteur. L’ambiance est maussade ce soir là.
Le lendemain, dès le petit déjeuner terminé, Nicolas a les mains dans le cambouis. Ni connaissant pas grand chose, il décide de commencer par nettoyer tout le système lié à la pédale, puis de le graisser. Et ça marche, la pédale et le ralenti fonctionne correctement. C’est un Nicolas d’excellente d’humeur qui sera à nos côtés ce jour-là fier de sa victoire. Bravo!!! Il s’offrira même le luxe de prendre une petite douche avec l’eau d’une cascade le long de la route.
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Nous arrivons à Coca, dernière ville avant l’immensité de la forêt qui se déploie devant nous. Je rêve de m’y enfoncer  en suivant le rio Napo. Malheureusement, le prix pratiqué par les agences est extrêmement élevé. On se consolera par une activité de deux heures en compagnie d’Henrique, un chaman (docteur de la forêt) de la région et de sa femme. Ils nous parleront de leurs cultures Kichwa et Waorani dont ils sont originaires. Henrique nous présentera les plantes médicinales et culinaires de la forêt et leur utilisation. Il affirme qu’elles peuvent soigner 95% des maladies y compris certains cancers. Les plus sceptiques seront étonnés. Moi, j’y crois. Je suis impressionnée par tout ce savoir qui lui a été transmis par ses ancêtres. Nicolas aura même le droit à une cérémonie de lavage pour purifier son corps et son esprit. Les effets n’ont pas été spectaculaires les jours suivants. Comme je lui ai dit: “vu ton état de stress chronique, il te faudrait au moins une séance par jour pendant un mois!!!”.
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J’ai un petit pincement au coeur en quittant l’Amazonie car c’est une région que j’ai beaucoup aimé tant par la tranquillité et la beauté de la province que par la sympathie et la paisibilité qui se dégagent de ses habitants. Mais, il nous faut avancer, la fin de l’année approche.
On passe rapidement dans la région de Banos où nous nous arrêtons à la cascade “Pailon del Diablo”, une cascade impressionnante par son débit d’eau et sa taille. Un passage est aménagé sous la roche pour s’approcher au plus près d’elle et s’offrir le luxe d’une bonne douche froide. On s’est bien amusé.
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Le même jour, nous parcourons une centaine de km pour arriver à la laguna del Quilotoa à 3800 m d’altitude. Nous avons encore nos maillots de bain, gardés du matin. Dehors, les locaux sont en châle et en bonnets. Nous avons perdu beaucoup de degrés et nous ressortons les gilets et les couettes. La nuit s’annonce fraîche.
Le lendemain, Nicolas accomplit seul le tour de la laguna pendant 4h30. Avec les filles, on se contente d’une légère balade, elles sont en mode repos depuis leurs derniers efforts au Pérou.

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Conseils aux voyageurs:
-lodge communidad Sinchi Warmi à Puerto Misahualli : nuit en camping pour 2 personnes : 10 US dollars
Nombreuses activités à prix correct et équipe très sympa
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Pérou #5 : entre désert, mer et montagnes

Pérou #5 : entre désert, mer et montagnes
 
Du 15 au 28 septembre 2016
Après Nasca, nous poursuivons notre traversée de la côte péruvienne complètement désertique. Aussi étrange que cela puisse paraître,  c’est au milieu de ce désert, que se trouvent également plusieurs zones de culture (grâce à l’irrigation) dont les vignes qui produisent le Pisco. Nous avions déjà goûté la précieuse boisson au Chili, mais il est, parait-il, meilleur au Pérou. Nous faisons donc un arrêt à la cave El Catador pour une présentation de la méthode traditionnelle suivie d’une dégustation. Comme nous l’avions fait au Chili à la cave Concha y Toro, les filles regardent un dessin animé pendant que l’on s’attarde au bar devant un pisco sour. Tout le monde est satisfait!!!

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Joël et Sofia, tous les deux guides à la cave, nous invitent à dîner chez eux. Après le repas, ils viennent visiter Big Mama. Sofia est surprise du niveau de confort que nous avons dans un tel espace. Notre mode de fonctionnement quotidien est finalement similaire. En effet, il n’y a pas l’eau courante dans leur ville. Un camion citerne passe chaque matin pendant deux heures.  Chacun apporte ses tanks et ses bidons à remplir. Ils sont habitués ainsi et personne ne semble rien avoir à redire (on se dit que certains français devraient passer des vacances ici, histoire d’arrêter de se plaindre pour tout et n’importe quoi…)
La nuit dans leur rue aura été sommaire. Il y a beaucoup de coqs au Pérou, et ils sont particulièrement nombreux et insomniaques dans le voisinage de Sofia et Joël. Leurs horloges internes sont dérèglées et on a subi le rock and roll des gallinacés pendant une bonne partie de la nuit.  J’en aurais bien guillotiné un ou deux cette nuit là. Pour clôre le tableau, il y a une voiture qui fait une marche arrière à 6 heures du matin avec en bonus, le must du tunning, la Lambada comme alarme de recul. On ne l’avait pas encore entendue, la version la plus courante étant une sorte de cuccaracha. Cultissime…
Après un petit déjeuner copieux, nous quittons Joël, Sofia et Emilio qui nous avaient ouvert la porte de leur maison si généreusement la veille.
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C’est avec les traits tirés que nous entrons dans la péninsule de Paracas. Je ne sais pas si c’est à cause de notre humeur, ou bien si c’est à cause des chantiers en construction à chaque point de vue, mais, elle ne nous laissera pas un souvenir impérissable.
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Nous quittons la côte masquée par un brouillard hivernal pour nous rendre dans la Cordillère blanche. Habituellement, les voyageurs y viennent pour visiter des lagunes en altitude ou faire du trekking. De notre côté, nous poserons Big Mama au camping Guadalupe à Caraz.
Nous nous sentirons si bien dans cet havre de paix que nous n’aurons envie de ne rien faire si ce n’est nous reposer et profiter des joies du wi-fi rapide. Nous sommes contents d’être au calme et à l’abri du regard des péruviens. Il faut dire qu’ils sont parfois pénibles et envahissants. J’avais lu sur plusieurs blogs que les enfants blonds aux yeux bleus faisaient l’objet d’une attention particulière avec des demandes fréquentes de photos. Je vous laisse imaginer quand vous avez un enfant répondant à cette description accompagné de deux enfants noirs. Ils sont dingues. Nous sommes montrés du doigt, photographiés et soumis à de nombreuses questions. A un moment donné, j’ai pensé à leur mettre des masques comme faisait Mickaël Jackson avec ses enfants (ce qui, par ailleurs, aurait été tout à fait crédible puisque Nicolas fait très bien le Moonwalk).
Bref, 4 nuits se passent sans que nous n’arrivions à décoller. Nous naviguons sur le web à outrance,  nous n’avons pas à vider la boîte à caca, nous prenons des douches tous les jours. Des vacances, en somme.  Heureusement, la corvée de lessive est là pour nous remettre dans le droit chemin.
Le dernier soir, nous avons la surprise de voir nos amis belges, Valérie et Thomas, rencontrés déjà à deux autres reprises, nous rejoindre ainsi que deux autres français, Coraline et William, qui eux, voyagent à moto. Une bonne soirée bière s’annonce.
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Ensuite, nous campons dans le canyon del Pato, réputé pour ses nombreux tunnels creusés dans la roche et sa route qui longe les parois abruptes des montagnes. Nicolas est presque déçu car les sensations sont moins impressionnantes du fait que la route est désormais asphaltée. Monsieur aurait préféré une bonne vieille piste!!!
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Ce détour rafraîchissant par les montagnes est terminé. Il est temps de retourner dans le désert, et plus précisément sur le site archéologique  de Chan Chan qui abrite la plus grande cité précolombienne en adobe (terre) d’Amérique du Sud.
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Après cette visite, nos pensées sont désormais tournées vers l’Equateur, pays qui fait l’unanimité auprès de la communité de voyageurs. Mais avant, il nous reste à accomplir les derniers centaines de km le long de la panaméricaine.
Dans notre imaginaire, lorsque l’on pense au désert, on se représente ce paysage comme la nuit où nous avons bivouaqué dans le désert, cachés de la route par une dune de sable.
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Malheureusement, la réalité au Pérou est aussi toute autre. Le long de la panaméricaine, ce sont des tonnes de déchets qui sont éparpillés sur le bas côté voire des décharges à ciel ouvert en plein désert. Le Pérou est, dans certaines provinces, un pays sale où la population jette quotidiennement ses détritus et ses gravas à même le sol. Je me souviens d’un dimanche où j’avais voulu me promener sur une plage. La balade avait été de courte durée. Des milliers de crabes déambulaient entre deux cadavres de lions de mer et des tas de déchets présents sur la plage (barquettes et autres déchets en plastique). Ils jouaient leur rôle de charognes. Le tableau était écoeurant, l’odeur encore plus. Avec la marée, une partie de ces déchets étaient emportés vers la mer. C’est pas le Pérou!!!
 
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Espérons que le gouvernement péruvien se donnera les moyens de mettre en place une politique active de gestion des déchets. C’est le souhait de Gonzalo, le propriétaire du camping où nous avons passé notre dernière nuit au Pérou. Nous sommes seuls à profiter des bienfaits de la piscine située au milieu d’un superbe parc arboré et décoré des oeuvres de Gonzalo fabriquées à partir de matériaux récupérés bien sûr!!!
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Conseils aux voyageurs:
– Bodega El Catador (Fundo 3 esquinas #104, Ica) : visite et dégustation gratuite (anglais et un peu français). Aucune pression d’achat.
Camping Guadalupe à Caraz (à l’entrée de la ville en arrivant du sud) : 15 soles/personne
– Camping Porta verde à Piura (secteur université S05.152507 W080.611195 ) : 10 soles/personne