Bolivie #5: Tiwanaku et le lac Titicaca: sur les traces des héros de notre enfance

Bolivie #5: Tiwanaku et le lac Titicaca: sur les traces des héros de notre enfance

Du 10 au 15 août 2016

Tiwanaku
Comme Tintin et le Capitaine Haddock, nous sommes partis de Saint-Nazaire il y a quelques mois  pour arriver ici à Tiwanaku. Le site archéologique est le symbole de la civilisation de Tiwanaku qui précéda les incas. Hergé s’en est fortement inspiré dans Les 7 boules de Cristal et Le Temple du Soleil.
Aucun lama ne nous a craché dessus. Tonnerre de Brest!!! En revanche, nos Dupont étaient bien là. Mais, motus et bouche cousue….Je dirais même plus Botus et mouche cousue.
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Le lac Titicaca et Copacabana
Nous prenons ensuite la direction du lac Titicaca. Au revoir Tintin…Cette fois, nous roulons sur les traces de Estaban, Zia et Tao. Les filles sont motivées, elles ont regardé tous les épisodes des Cités d’Or depuis le début du voyage. Elles se sont très vite réparties les rôles. Charlotte veut être Esteban parce qu’il pilote le grand Condor, Clémentine veut être Zia parce qu’elle est trop belle. Lisa endosse le rôle de Tao par défaut, mais elle a le physique pour!!! Nico se proclame Capitaine Mendoza. Purée!!! Il ne reste que Sancho et Pedro.
Le lac Titicaca est magique côté bolivien. Dès le lever du soleil, la lumière est splendide. Nous bivouaquons le long du lac, tranquillo et nous nous offrons une petite balade en bateau.
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Après une rapide traversée en bac, nous arrivons à Copacabana. Oui oui, j’ai bien dit Copacabana. Rien à voir avec la plage du Brésil. Ici, le bikini n’est pas de sortie. Même pas le burkini, c’est pour dire!!!
En effet, Copacabana est à la Bolivie ce qu’est Lourdes à la France, un haut lieu de pélerinage où l’on vient prier la vierge. Lorsque nous arrivons à Copacabana, je demande à Nico d’aller dans le centre-ville pour retirer de l’espèce (pas chez Jésus de Nazareth, j’ai abandonné l’idée…). La rue dans laquelle nous nous sommes engouffrés est bloquée. J’en profite pour faire mes achats et je comprends très vite ce qui se passe.  Les véhicules sont arrêtés pour être décorés. Ils attendent leur tour pour recevoir la bénédiction du prêtre de l’église. Nous sommes samedi, grand jour de baptême des véhicules.
Nicolas a assisté de plus près à cette cérémonie le dimanche matin. Le propriétaire du véhicule ouvre le capot. Le prêtre (plutôt look de moine) bénit le moteur, puis, les membres de la famille. On lance des confettis et des pétards. La joyeuse tribu boit de la bière. Une petite  lichette pour le prêtre, ça fait toujours plaisir (le Pérou n’est pas un grand producteur de vin, on fait avec ce qu’on a!!!). Il est temps de passer son tour et de terminer la fête sur la plage. Nous avons bien rigolé devant ce spectacle. Nous sommes un brin moqueur. Cependant, toutes ces familles, en particulier, péruviennes sont bien sympathiques. Je me suis même fait payer un verre de bière par un papi péruvien. A chacun ses croyances après tout. L’important dans cette cérémonie est de passer un bon moment en famille. Ils ont bien raison de se faire plaisir.
De notre côté, nous nous sommes prélassés au soleil pendant deux jours, le temps nécessaire pour dire Adieu à la  Bolivie.
Un pays dans lequel nous nous sommes sentis à l’aise. Les boliviens sont des timides. Ils ne sont pas du genre à dérouler le tapis rouge pour vous. Néanmoins, on ne compte plus les “bienvenidos en Bolivia”, les saluts lors de notre passage sur la route, les regards sympathiques et amusés aux marchés. Ces simples mots ou gestes sont souvent bien plus efficaces que de grands discours. (Je vous rassure, comme partout, il y a des cons. Ce n’est pas le pays des bisounours.)
La Bolivie restera un de nos coups de coeurs pour son authenticité, ses paysages fabuleux, et le désintéressement de sa population et de sa police (s’agissant de notre expérience) face à notre “argent de touristes”.
Bref, de beaux souvenirs, de belles histoires et une belle rencontre avec Pierre et sa famille.
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Quelqu’un nous a récemment réclamé un coucher de soleil. A votre service, madame!!!
Conseil aux voyageurs:
Les étrangers ne bénéficient pas de la subvention de l’état pour le gazoil. Aussi, le prix est de 8.88bol/l au lieu de 3.72/l. Dans certaines stations, il est possible de négocier le prix à 6bol/l directement dans le tank sans facture et en cash.
Le mieux est encore d’avoir des jerricans. En se garant à l’extérieur de la station, on peut les remplir au prix bolivien (un peu plus difficile sur l’altiplano mais 100% de réussite dans les autres régions). 

Bolivie #4: Retour en arrière de l’Oriente à l’Altiplano

Bolivie #4: Retour en arrière de l’Oriente à l’Altiplano

Du 20 juillet au 9 août 2016
 
1/ L’anniversaire de Charlotte à Aguas Calientes
Nous commençons la Bolivie par le site d’Aguas Calientes que nous avions déjà fréquenté. Toutefois, lors de notre premier passage, le temps était humide. La pluie couplée à l’orage avaient rendu l’eau de la rivière marron cracra. Cette fois-ci, le beau temps est de la partie. L’eau est limpide et c’est un pur bonheur de pouvoir se baigner dans une eau à 37°C. On y rentre comme dans une baignoire. Les filles ont la peau toute fripée d’être restées dans l’eau toute la journée. Une belle revanche sur Bonito au Brésil!!!
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C’est dans ce cadre idyllique que nous fêtons les 5 ans de Charlotte, son deuxième anniversaire sur les routes du monde. Elle est ravie de cette ferme qu’elle considère comme le plus cadeau de sa vie. Il n’a pas été facile de la trouver. Il semblerait que la ferme ne soit plus à la mode dans les magasins de jouets tout comme la panoplie de policier qui a été remplacée par la panoplie du Jedi et autres déguisements de super héros. Eh oui, pour Charlotte, c’est le rayon garçon qu’il faut arpenter. Elle a en horreur les barbies et tout ce qui touche au monde des princesses.
 
2/ Trois jours d’immersion dans la ferme de Pierre à San José de Chiquitos
Nous retournons également chez Pierre où nous avons convenu de participer aux travaux de la ferme pendant trois jours. Il y fait très chaud et la sécheresse bat son plein.
Le premier jour, je me lève à 5h30 du matin pour aller traire les vaches. Le soleil se lève. J’adore cet instant. Pierre m’apprend les gestes pour traire à la main. Je m’occupe de la Blanquette, une gentille et douce vache qui se laisse faire tranquillement. Le comble, pour une ancienne fille d’agriculteurs comme moi, est que c’est la première fois que je trais une vache!!! Au moins, je ne fais pas les choses à moitié en le pratiquant à la main.
C’est ensuite Nicolas qui prendra le relais en accompagnant Pierre et Joël, son associé, pour exécuter les travaux liés à l’exploitation forestière. Il reviendra quelques heures plus tard complètement éreinté d’avoir porté des piliers d’ipé.
Le lendemain, on échange les rôles à l’exception près que je me balade en forêt sans porter les piliers de bois. La balade n’a rien de romantique comme dans l’Amour est dans le pré. Le chemin secoue sévère et j’ai intérêt de m’accrocher au siège de Pierre. Il est passionné par son travail et c’est très intéressant de découvrir toutes les essences de bois ainsi que le travail d’exploitation et de revente qui en découle. Durant cette journée, notre objectif sera également de nettoyer le campement complètement souillé par les bûcherons. 
A la fin de la journée, nous pensions passer une soirée tranquille. Je prépare de la pâte à crêpes avec le lait frais de la Blanquette.
C’était sans compter le voisin idiot qui a allumé un feu pour débroussailler sa parcelle. La méthode est tellement efficace que le feu commence à se propager sur les terres de Pierre. Nicolas et Pierre, partent donc, dans la nuit noire, avec des pelles pour essayer de stopper les départs de feux. Eh oui, il n’y a pas de pompiers à San José.
Les journées de travail ont été longues et éreintantes. Cependant, le  fait d’être constamment dehors, y compris dans sa maison ouverte sur l’extérieur, était très appréciable. Ces moments resteront gravés dans nos mémoires et Blanquette nous manquera. Il nous a offert une belle leçon de partage de vie.
 
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Pancakes au petit déjeuner pendant que Pierre apporte le lait à la ville
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Nicolas et Joël nourrissant les veaux
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Nicolas et les Dupont (Il y en a aussi chez Pierre!!!)
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Blanquette et Blanchette, un duo de choc
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22h: extinction des feux
 
3/ La traversée du Vallée Alto
Pour rejoindre Cochabamba depuis Santa Cruz, nous décidons d’emprunter l’ancienne route. Mauvaise pioche!!! Elle est en travaux. Nous avançons difficilement. Nous sommes parfois bloqués plusieurs heures en attendant que les engins de voirie finissent leur travail.
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Nico qui se galère à enlever deux pierres coincées dans les roues jumelées (version sans juron)
 
Comme toujours, les pires routes traversent les plus beaux paysages. La région du Vallée Alto est splendide. Nous traversons de petits villages où la population vit essentiellement de l’agriculture. On retrouve ces hommes ou femmes aux tissus colorés qui gardent leurs troupeaux dans des herbes jaunies. Ici ou là, pointent des champs cultivés et des zones vertes composées de bois d’eucalyptus.  Les femmes lavent leur linge, les enfants jouent. On s’y sent à l’aise.
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Bivouac au bord de la rivière
 
Nous visitons le site d’Incallajta, une ancienne cité Inca, histoire de se mettre en jambes avant le Pérou.

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Nous faisons nos courses au marché de Punata, aux étals bien garnis et colorés. Nous terminons le marché  par la dégustation d’une soupe, plat très courant en Bolivie. Les soupes boliviennes sont composées de bouillons, de légumes, de féculents et de morceaux de viandes qui sont fréquemment des pattes de poules. Un des souvenirs préférés des filles en Bolivie. Ce jour-là, chacun a eu le droit à sa patte de poule excepté Nico. Je les enlève des assiettes des filles pour qu’elles mangent leurs soupes. Lorsque je termine la mienne, il me reste donc 4 pattes de poules dans mon assiette. Je demande à Nico de me prendre en photos, version horreur. Je pensais qu’elles ne se mangeaient pas, qu’elles étaient là pour que la soupe ait du goût. Et bien non car la dame derrière moi et le monsieur devant grignotent leurs pattes. On abandonne l’idée de la photo pour ne pas les offenser!!!
Ah les photos… nous avons souvent eu envie d’en prendre comme cet étal de magasins constitué seulement de pattes de poules, ou encore, lorsque l’on passe dans un village, cette tête de vache étendue sur une table en bois prête à se faire découper, ou bien cette femme qui porte derrière son dos non pas un enfant mais un mouton. Nous ne les prendrons pas, par respect pour toutes ces personnes pour qui ces activités n’ont rien de drôle. Elles sont leur gagne-pain et leur quotidien. Nous vous laissons imaginer. De notre côté, nous gardons ces moments de vie insolites au fond de notre mémoire.
 
4/ Retour sur l’Altiplano: le parc national Sajama et la Paz
Nous grimpons un peu, beaucoup, passionnément les cols, et nous voilà de retour sur l’Altiplano. Il y fait moins froid qu’en avril. On conserve néanmoins notre habitude de faire des pancakes au petit déjeuner pour réchauffer Big Mama. Un luxe qui nous rappelle que nous avons du temps.
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Au parc national Sajama, le décor est féérique. Le volcan Sajama et les volcans Payachatas sont majestueux. Un vrai cliché de la Bolivie avec les troupeaux de lamas et d’alpagas qui patûrent. Le caractère andin que l’on se représente dans notre imaginaire est plus que présent. Une pure merveille.
Nous y sommes le 6 août, jour de la fête nationale de la Bolivie. Toutes les maisons arborent fièrement le drapeau national. Nous faisons de même.

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Nous continuons notre route vers La Paz, capitale la plus haute du monde, établie au fond d’un canyon et entourée de la Cordillère Royale. On parcourt les rues, on s’imprègne de l’ambiance.
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Nicolas s’achète son cadeau d’anniversaire avec quelques jours d’avance: un charango.
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On déambule sur les marchés. D’abord, au célèbre marché des sorcières pour découvrir les foetus de lamas utilisés dans les fondations des maisons, ponts…
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Le marché des sorcières est un peu décevant. La vente de produits pour favoriser la libido domine le marché. Sacrées sorcières, elles ont tout compris au business!!!
On déjeune ensuite dans un kiosque du marché Lanza. On apprécie particulièrement le gargantuesque dessert.
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On termine notre visite par un parcours dans un des nombreux téléphériques de la ville.

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Conseils aux voyageurs:
-Le site El Burriño à Aguas Calientes est le moins fréquenté des trois. Il est tranquille et très joli. Entrée de 10 bol/ adulte/jour.
-L’ancienne route Cochabamba/Santa Cruz est en travaux pour au moins 1 an. A prendre que si vous avez du temps et que vous aimez le ripio. Toutefois, les paysages sont magnifiques.
La route directe Oruro/Sajama est en travaux. L’asphalte est tout frais. Les déviations devraient durer encore un ou deux mois.

Brésil #6: Tchao Tchao Brasil

Brésil #6: Tchao Tchao Brasil

Après plusieurs centaines de kilomètres sous une chaleur étouffante, nous arrivons à Bonito dans le Pantanal Sud. Nous rêvions de cette étape en imaginant nous baigner dans les eaux cristallines du Rio Formoso et pratiquer le snorkeling dans ses eaux poissonneuses. Malheureusement pour nous, un orage la nuit de notre arrivée baissera la température de 20°C. L’air est frais et l’envie de baignade se fait de plus en plus absente.
A Bonito, nous rencontrons une famille morbihannaise, les Oukilay, (oukilay.com) au début de son périple en Amérique du Sud. Ils attendent comme nous le retour du beau temps. Nous sommes contents de partager un moment avec eux car, mise à part la famille Laffont, nous n’avons croisé aucune autre famille de voyageurs au Brésil. Les échanges commençaient à nous manquer.

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Avec la famille Lelay et l’animateur radio de Bonito
 
Deux jours plus tard, nous quittons l’air frisquet de Bonito pour parcourir l’Estrada parque do Pantanal, une autre piste de terre au milieu du Pantanal. Cette fois-ci, 87 ponts de bois nous attendent et la traversée d’une rivière en bac.
La piste est très belle. Nous observons à nouveau les animaux qui peuplent le Pantanal. Le premier matin, nous voyons même un jaguar à côté de notre bivouac. Dommage que ce n’était pas dans les conditions souhaitées… En effet, c’était un petit jaguar sur le bas côté de la piste. Il était beau, intact, mais il dormait d’un sommeil éternel.
Charlotte dit: “Sa maman doit être très triste”. Lisa se met à chanter “Dans la jungle, terrible jungle, le lion est mort ce soir….” Trop mignon.
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Pause déjeuner avec les Oukilay
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Nous capturons de nouveaux animaux en photos.
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On adore observer le Toucan.
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Traversée du Rio en bac
 
A la fin de la piste, nous sommes à la frontière avec la Bolivie. Il est temps de dire au revoir au Brésil après deux mois et demi et des milliers et des milliers de kilomètres parcourus à travers le pays. La conduite des routiers brésiliens aura souvent fait hurler Nicolas: “ils sont complètement malades”, “les bourrins”.
Ils vont à toute allure et doublent et redoublent sans aucune visibilité. Il faut dire qu’ils semblent bénéficier d’une protection particulière. C’est l’occasion de partager une anecdote puisque de nombreux véhicules, en particulier les poids lourds, louent les pouvoirs de Jésus, de Dieu ou de Marie à travers d’ostentatoires stickers collés sur leurs véhicules “protection divine 100% Jésus” “Au service du roi Jésus” “Jésus est mon pasteur, mon chemin”. Nous pourrions réécrire: un routier brésilien sans son sticker Jésus, c’est comme un (…). Vous connaissez la chanson.
De notre côté, à défaut de stickers, nous avons préféré opter pour la prudence au volant surtout lorsque l’on croise des poids lourds couchés au sol avec la cargaison étendue sur l’asphalte.
Ces démonstrations religieuses nous paraissent ridicules car nous n’y sommes pas culturellement habitués. Elles sont fréquentes en Amérique du Sud. En Bolivie, il existe une coopérative bancaire qui s’appelle “Jésus de Nazareth”. Ayant besoin d’espèces, j’ai inséré ma Mastercard espérant une multiplication des billets. Je n’ai rien obtenu. Pas cool!!!
Il parait qu’en Bolivie, il y a même des boîtes de céréales vantant les pouvoirs de Jésus. Ils doivent être divinement bons!!!
J’espère n’avoir choqué personne, il faut savoir rire de tout après tout.
Une dernière anecdote. Nous avons aimé la cuisine brésilienne et tous les restaurants self-service où l’on mange bien pour un  prix modique. Toutefois, il y aura une spécialité qui n’aura pas fait l’unanimité au sein de la famille: la pâte de Goyave. Lisa a trouvé cela “crès bon”. Pour les autres membres de la famille, la photo parle d’elle-même.
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Conseils aux voyageurs:
L’Estrada Parque do Pantanal est praticable pour les véhicules non 4X4 pendant la saison sèche. Juillet était l’idéal. La traversée en bac est de 45 reais pour une voiture et 75 reais pour un camion.