Bolivie #3: de Uyuni à la frontière brésilienne: des champs de quinoa aux champs de canne à sucre

Bolivie #3: de Uyuni à la frontière brésilienne: des champs de quinoa aux champs de canne à sucre

 
Lorsque nous quittons Uyuni, nous rêvons d’une route asphaltée et plate. Le bitume est au rendez-vous. En revanche, l’altitude est toujours présente. Jusqu’à Sucre, nous descendons puis remontons…et ainsi de suite sur des centaines de kilomètres. La progression est lente mais constante. Nous retrouvons une routine après nos péripéties dans le Sud Lipez: école, jeux, repos compensateur…

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Atelier gâteau
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Atelier écriture
 
Sucre est une jolie ville baroque. Elle est la capitale constitutionnelle de la Bolivie.  Nous ne nous attardons pas trop sur l’architecture et préférons déambuler au sein du marché central. En Bolivie, le marché est une institution et la première façon de s’approvisionner et de manger pour un prix modique. Chaque marché bolivien comporte son “patio de comida” où plusieurs étals de nourriture typique se côtoient. A Sucre, peu de touristes s’y aventurent pour déjeuner. Peur de l’indigestion? Lorsque nous arrivons dans cet espace, toutes les femmes se ruent vers nous pour que nous allions manger chez elles. Toutes sauf une!!! C’est chez elle que nous choisirons de déjeuner. Notre choix est juste puisque le repas est délicieux. Nous le terminerons par un jus de fruits frais, une autre tradition bolivienne dont nous ne nous lassons pas.
Le marché est divisé en quartiers. Le plus atypique est sans conteste le coin des bouchères. La viande est exposée à même le stand. Parfois, la carcasse de l’animal est présentée en entier avec sa peau. Il y a comme un air de Delicatessen. Suit le quartier du lait et des yaourts où aucun produit n’est réfrigéré bien sûr. On trouve tout sur les marchés boliviens. C’est un vrai lieu de vie que nous avons adoré parcourir. Pendant tout ce mois, nous nous y sommes approvisionnés et y avons mangé avec l’envie de goûter à tout. Il semblerait que nous n’ayons pas l’estomac fragile alors nous en profitons. Les normes HACCP et le respect de la chaîne du froid n’ont qu’à aller se faire voir.
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Sur le marché de Sucre
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Dans les rues de Sucre
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“L’art n’est rien de plus que la signification de la vie.”
 
A Tarabuco, le marché est le plus célèbre de Bolivie pour ses textiles aux motifs abstraits. Nous en profitons pour acheter un beau tapis coloré aux motifs symétriques. Au déjeuner, nous dégustons la soupe et le plat local. Comme toujours, les indiennes sont curieuses, rient devant les filles.
Il n’est pas rare d’en avoir une ou deux qui s’approchent de notre table et nous regardent manger pendant quelques minutes. Comme dirait Clémentine: “ils sont bizarres les gens”. Elles râlent de toute cette attention surtout Lisa quand elle est occupée à manger.
A Sucre, les descendants d’espagnols sont majoritaires. A contrario, Tarabuco est un village composé seulement d’indiens. Nous bivouaquons sur l’espace vert à côté du centre. Au village, les gens sont des travailleurs. Ils se lèvent tôt pour cultiver leurs terres et s’occuper de leurs troupeaux. Toute la journée, nous assistons à un va et vient d’ânes, de vaches, de moutons près de notre bivouac.
L’aire de jeux pour enfants nous permet d’établir un contact. Ils ne sont pas habitués à ce que les touristes restent après le marché.  Ils sont contents que nous stationnons ici quelques jours et apprécient de faire la conversation. Sans les filles, le contact aurait sans doute été différent. Un vieux monsieur discute avec moi. J’ai beaucoup de difficultés à le comprendre. Il parle espagnol mais probablement avec un accent de la campagne (ça ne peut être que la seule explication ah ah ah!!!). Il faut dire qu’ici les gens parlent entre eux la langue de leurs ancêtres, le quechua. On s’attendait à des visages fermés et une certaine froideur face aux gringos que nous sommes. Nous avons eu des sourires et des messages de sympathie.
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Bivouac à Tarabuco
J’aime bien la compagnie des indiennes avec leurs habits traditionnels. Elles ont de longs cheveux noirs jais coiffés en deux nattes, une jupe ample qui arrive aux genoux, un chemisier. Sur l’altiplano, la tenue est complétée par un gilet, des collants de laines et les sandales remplacent les tongs. Les tissus portés dans le dos et les chapeaux sont colorés. Nous sommes physiquement aux antipodes avec notre grande taille, nos cheveux et nos yeux clairs. Malgré tout, c’est en leur présence que nous nous sommes sentis le mieux parce qu’ils ont une pudeur et une réserve que nous apprécions.
Depuis Sucre, le climat est chaud ce qui nous fait du bien après les rigueurs de l’altiplano. Nous traversons la région des Vallées et l’asphalte fait place à une piste terreuse et en très mauvais état. La route est toujours vallonée et nous avançons doucement. La végétation évolue. Les champs de quinoa font place aux palmiers, aux bananiers et aux champs de canne à sucre. Nous sommes étonnés de voir les cours d’eaux  quasi asséchés alors que la saison des pluies s’achève. Nous aurons la réponse plus tard…
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Paysage de la région des Vallées
 
Quelques centaines de kilomètres parcourus et nous voilà arrivés à Santa Cruz de la Sierra, 1.8 millions d’habitants. Comme à Sucre, la modernité côtoie la tradition. Nous profitons d’un parc d’attractions “vintage” pour nous rafraîchir avant de réaliser nos courses: acheter un nouveau panneau solaire, faire réparer le convertisseur dans une échoppe envahit de vieilles TV à écran cathodique. Pas besoin d’acheter du neuf. Il suffit de trouver la rue de l’électronique et le mec qui sache réparer. Je flâne au marché avec Charlotte. On s’achète des jus d’oranges fraîchement pressés tout en faisant désimlocker les portables.

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Détente dans un parc de Santa Cruz de la Sierra
 
Après Santa Cruz, nous continuons notre route vers les anciennes missions jésuites et découvrons “les plaisirs” du climat tropical.
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Mission jésuite de San José de Chiquitos
 
Pierre, un français installé depuis 10 ans à San José de Chiquitos vient à notre rencontre. Nous passons la nuit sur son exploitation agricole à discuter de son activité, de sa vie au Brésil et en Bolivie, des ragôts du village, de sa femme latine et de la présidence d’Evo Morales.
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Chez Pierre
 
Nous avions été surpris en traversant la région des Vallées de voir tous ces cours d’eaux asséchés. Nous aurons la réponse avec Pierre qui nous explique qu’il n’a quasiment pas plus depuis deux ans pendant la saison des pluies. La conséquence du réchauffement  climatique commence à se faire sentir aussi sur cette région du globe.
Plusieurs millimètres de pluie tomberont pendant notre présence. D’ailleurs, la pluie ne nous quittera pas jusqu’à la frontière brésilienne. Chaque jour, les orages font leur apparition et le taux d’humidité est élevé. Nous nous baignerons tout de même à Aguas Calientes.
Le linge étendu dans la salle de bains ne sèche pas, et au bout de trois jours, il commence à sentir le moisi. Les bébêtes et moustiques montrent aussi le bout de leur nez. Nous déployons notre armada de moustiquaires sans grand effet. Il y en a toujours quelques uns qui réussisent à entrer: ça gratouille, ça chatouille, ça démange. Les draps sont moites et les nuits étouffantes. Vive les tropiques!!!
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Sanctuaire de Chonchis
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Bivouac et baignade à Aguas Calientes
 
Actuellement, nous sommes au Brésil aux portes des chutes d’Iguaçu.
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Bolivie #2: Uyuni et son salar plus blanc que blanc

Bolivie #2: Uyuni et son salar plus blanc que blanc

Lorsque nous arrivons à Uyuni, l’atmosphère de la ville nous semble déprimante. Nous espérions autre chose après ce périple de sept jours dans le Sud Lipez. Puis, nous avons rapidement trouvé nos marques au cimetière des trains, témoin du passé ferroviaire de la ville, où nous nous sommes prêtés au jeu d’une séance photo. De la même façon, nous avons adoré goûter aux produits locaux sur le marché: jus de fruits frais, plats typiques. Notre appétit était bien aiguisé.  La cerise sur le gâteau a été ce petit restaurant local où nous avons élu domicile pour déjeuner. Charlotte était ravie de déguster des bonnes soupes. On ajoute une belle aire de jeux et tous les ingrédients sont là pour combler tous les membres de la famille.
En repartant, la ville ne nous semblait plus du tout glauque mais bien familière.
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La bonne soupe, comme chez mamie
 
Après le marché du dimanche, nous partons pour deux jours dans le salar d’Uyuni, extraordinaire désert de sel grand comme deux départements français. Lorsque nous commençons à rouler et nous enfoncer dans le salar, la sensation est déroutante. Dans cette immensité pure où l’horizon est infini, nos repères sont mis à mal. Il est difficile de s’orienter. Nous avons le sentiment d’être sur un lac gelé, de la neige, mais non, nous sommes bien sur une couche de sel. Cet éclat, cette blancheur, les auréoles de sel…c’est splendide. Le salar d’Uyuni est le paysage le plus improbable que nous ayons jamais vu. Au Nord du salar, nous visitons le pittoresque village de Coquesa au pied du volcan Tunupa. L’impression d’arriver dans un port est saisissante.
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Coucher de soleil sur le salar

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Coquesa
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En tête à tête
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Champ de quinoa
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Le lendemain, nous profitons du beau ciel bleu pour une nouvelle séance photo tout en jouant avec l’effet d’optique.
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Y’en a marre des mômes, vive la bonne soupe!!!
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Y’en a marre des parents, vengeance!!!
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Génie, mon bon génie, exauce tous mes voeux…
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1.20 m de détente!!!