Samedi 9 avril: c’est le grand jour!!! Lever 8h pour partir à l’assaut du désert du Sud Lipez en Bolivie. Des mois et des mois que nous en parlons entre voyageurs. Tu l’as fait? Comment sont les pistes? On peut passer avec un camping-car? Même si le camping-car n’est pas le véhicule le plus approprié pour un périple dans le Sud Lipez, d’autres familles françaises l’ont fait avant nous. Alors, avec notre âme d’aventurier, nous avons plus qu’envie de nous lancer. On se donne rendez-vous avec Laëtitia et Valentin (nhomade.com). Nous pourrons nous aider en cas de problèmes.
Il est 11h. Les pleins d’essence et d’eau sont effectués. Nous partons avec 250 litres de gazoil, 200 litres d’eau et les placards plein à craquer. Des réserves nécessaires pour affronter les 400 kms de pistes qui nous attendent. Nous savons que ce sera un temps fort de notre voyage. Les paysages les plus spectaculaires d’Amérique du Sud sont devant nous. Nous sommes tous excités.
Après un rapide passage à la douane chilienne, nous commençons l’ascension du fameux col qui mène à la frontière bolivienne. Souvenez-vous, 2000 mètres de dénivelé à grimper en 40 kilomètres. Dur dur surtout qu’il fait 30°C. Au bout d’une heure, nous effectuons une pause refroidissement à 4030m d’altitude. Plus que 10 kms à parcourir et nous sommes en Bolivie. Arrivés au sommet, nous sommes plutôt contents. Chargés comme des mulets, nous pensions faire deux pauses refroidissement et finir la montée en première. Et bien, une pause aura suffi avec une montée en deuxième!!!
A la migration bolivienne, les deux douaniers les plus gentils du monde délivrent notre visa. C’est toujours agréable à l’entrée d’un pays. Ils nous donnent également des conseils sur l’état des pistes.
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Nous voilà partis pour la Laguna Blanca puis la Laguna Verde. Pour l’instant, la piste ne présente pas trop de difficultés car le chassis surélevé de Big Mama nous permet de passer au-dessus des ornières de sable.
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La Laguna Verde
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La Laguna Blanca
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Big Mama et Jean-Michel
 
Au petit matin, le thermomètre affiche -6°C. Heureusement, nous avions tout prévu la veille en sortant les sacs de couchage en sus des couettes. Aucun de nous n’a eu froid et ne souffre du mal d’altitude. La toilette matinale est sommaire. Personne n’est assez vaillant pour affronter l’eau gelée!!!
Après une dernière balade à la Laguna Verde, nous partons en direction du désert de Dali pour arriver aux thermes de Polques sur les coups de midi. La piste a été étonnement bonne. Nous nous attendions à une piste sableuse.  Elle était plutôt normale. Toute la matinée, nous avons assisté au ballet des 4×4 de touristes. Au milieu de ce territoire, Big Mama est l’intruse. 
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Après le déjeuner, on s’offre entre filles une pause digestive dans le bassin à 40°C. La vue est superbe sur la Laguna Chalviri. A peine immergés, Daniela, une petite bolivienne de 5 ans vient nous rejoindre. Il faut dire que le village doit compter 20 personnes au maximum. Elle nous dit qu’elle a une seule copine dans le village. Alors, elle en profite dès que l’occasion se présente.
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Une de plus, une de moins…
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La Laguna Chalviri
 
Puis, c’est l’heure de se rendre à la douane Apacheta pour faire les formalités d’importation de Big Mama. Le poste douanier situé à 5033 mètres d’altitude est le plus haut du monde. On redescend à 4990 mètres pour passer la nuit aux Geysers sol de mañana.
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La nuit a été fraîche, -7°C. L’eau du radiateur est gelé. Nous nous sommes garés à l’est pour que le soleil réchauffe le moteur et le gazoil. Cette fois, la nuit a été difficile en raison de l’altitude. Les premiers maux de tête ont fait leur apparition.
Vers 10h30, Nicolas démarre le camion. Au moment de débloquer le frein de service, on entend une détonation suivie d’un pchit. Avec la pression liée à l’altitude, la bonbonne de freins arrière a lâché. Tout l’air s’est expulsé et ne veut plus se recharger. Impossible dans ces conditions de désserrer le frein de service. Nous sommes coincés.
Pendant plus d’une heure, Nicolas cherche à réparer en vain. Au bout d’un moment, il faut se rendre à l’évidence et aller chercher l’aide d’un mécanicien. La question est où le trouver? Nous sommes à 4990 mètres d’altitude en plein Sud Lipez. La première ville d’importance bolivienne est à 6h de pistes.
Nous décidons d’aller chercher de l’aide à la douane qui est située à seulement quelques kilomètres. Là-bas, se trouve également une usine d’acide borique. Il y a de gros camions qui effectuent le transport des marchandises. On suppose qu’il doit y avoir un mécanicien pour assurer l’entretien de ces engins.
Laëtitia, Valentin et Nicolas s’y rendent pendant que je patiente avec les filles. Vers 16h, ils arrivent avec Adolfo, le mécanicien de l’usine qui connaît bien le système des freins à air. Nous avons vu juste.
Il démonte le système, nettoie le répartiteur d’air…  3 heures s’écoulent, la nuit tombe. Il a travaillé dans un froid glacial. Nicolas, qui  est resté à ses côtés par solidarité, est frigorifié. Adolfo nous quitte en prévoyant de revenir demain à 9h30.
A 9h30, le lendemain, pas d’Adolfo en vue. Nous attendons patiemment sa visite toute la matinée en jouant à la belote. A 14h, notre mécanicien n’est toujours pas là. Nicolas négocie avec un chauffeur de 4×4 de touristes pour se faire emmener à l’usine et comprendre ce qui se passe. De notre côté, les heures passent et on commence à se poser des questions. Finalement, vers 17h, on voit un pick-up s’approcher. C’est Adolfo, Wilson son collègue et Nicolas qui arrivent. Une nouvelle fois, jusqu’à la tombée de la nuit, ils nettoient, bidouillent le système. La panne semble plus compliquée à résoudre que prévue. Ils finiront par installer un tuyau entre les deux bonbonnes. Soulagement quand la deuxième bonbonne se remplit enfin d’air et atteint les six bars. Le frein de service est débloqué. Hourra!!!
Nous les accompagnons alors jusqu’à l’usine pour finaliser les réparations. Nous entrons dans l’entrepôt de l’usine où les ouvriers de nuit se demandent bien ce qu’un camping-car français vient faire ici. Nous racontons alors brièvement notre histoire. C’est la petite animation de la soirée. De notre côté, on leur pose des questions sur leur travail. Ils travaillent ici à 5033 mètres d’altitude au milieu de nulle part quinze jours, puis, bénéficient ensuite de 15 jours de repos. Ils viennent d’un peu partout en Bolivie. C’est un vrai petit village de 200 âmes.
Il est 20h40 lorsque les réparations se terminent. On nous propose alors de dormir sur le site. On privilégie le parking à l’entrepôt pour éviter les émanations.
A cette altitude, la nuit fut compliquée pour moi. J’ai très peu trouvé le sommeil: manque d’oxygène, maux de tête. Dans la famille, c’est moi qui supporte le moins l’altitude. Après trois nuits passées à 5000 mètres, l’envie de redescendre est omniprésente.
Au petit matin, Nicolas se rend dans le bureau du Big boss pour négocier le coût des réparations. Nous avons 650 bolivianos en poche, l’équivalent de 85€. Transaction validée à 600 bolivianos. Ouf, nous avons assez!!! Au moment de payer, Nicolas le remercie en insistant sur le fait que c’est bien d’apporter son aide aux gens. On le soupçonne en effet d’avoir donné l’ordre à Adolfo de laisser tomber pour le dépannage de la veille.
Adolfo a bossé 6h dans un froid glacial. On se demande bien s’il va toucher quelque chose de ces 600 bolivianos donnés à son patron. Nicolas va trouver Adolfo dans son atelier pour lui donner nos 50 bolivianos restants et des pesos argentins qu’il pourra échanger à Uyuni. Lui, qui avait été très peu loquace jusqu’à présent, est ému de notre geste. Quant à nous, nous sommes satisfaits car nous n’aurions pas pu partir en se disant qu’il n’aurait rien touché pour son travail effectué. Sans son aide, nous aurions vraiment été dans la panade.
Finalement, notre mésaventure se termine bien car nous n’avons été bloqués que deux jours et on s’en sort pour 100 euros de réparations. Bien moins que si nous avions dû faire appel à un mécanicien d’Uyuni voire de San Pedro de Atacama.
Du Sud Lipez, nous avions pensé à une crevaison, un ensablement, une pierre coincée entre les roues jumelées, le moteur qui chauffe. On anticipe, mais c’est toute autre chose qui arrive. Jusqu’à cet incident, nous étions confiants. Le désert nous a rappelé que c’était lui le maître, que nous n’étions que de simples passagers soumis à ces règles et qu’il pouvait nous avaler quand il le voulait.
Rassurés par Adolfo, nous continuons notre périple par la Laguna Colorada, toujours en compagnie de Laëtitia et Valentin qui sont restés à nos côtés pendant ces deux jours.
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L’aventure n’est pas terminée puisque nous quittons la Laguna Colorada par la piste intérieure. Mauvaise décision: bonjours les frayeurs avec les bancs de sable. Nicolas accélère à fond pour ne pas rester ensabler. Ultime difficulté: un trou de sable énorme à passer. Nicolas nous dit: “Accrochez-vous les filles, ça va secouer!!!” ça va passer, ça va passer, ça va passer…Heureusement, nous avions prévenu les filles que les pistes cette semaine seraient comme dans un manège!!!
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Sur la piste
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Le lendemain, nous parcourons 50 kms en 4 heures sur une piste caillouteuse en très mauvais état. Les paysages de l’altiplano sont magnifiques et la rencontre avec les lamas ou les vigognes est toujours la bienvenue.
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Puis, vient le jour de la délivrance lorsque l’on rejoint la route semi asphaltée à Alota. On se dit qu’on sera à Uyuni le soir. Un dernier coup de grâce tout de même sur la route avec un éclat sur le pare-brise et le panneau solaire qui se décroche du toit. Jean-Michel s’en tire avec une crevaison. Le soir, nous bivouaquons au cimetière des trains à Uyuni en passant du bon temps ensemble. L’avantage de l’altitude, c’est que les réserves de vin ne se sont pas épuisées!!!
Nicolas a assuré pendant cette semaine et Big Mama aussi. Arrivé à Uyuni, il n’a qu’une seule envie: se reposer en ménageant sa monture sur des routes bien goudronnées!!!
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Bolivie #1: Notre épopée dans le Sud Lipez: nous sommes venus, nous avons vu, nous avons vaincu

9 réflexions sur “Bolivie #1: Notre épopée dans le Sud Lipez: nous sommes venus, nous avons vu, nous avons vaincu

  1. Bonjour les amis,
    eh bien dit donc…..ça a été chaud votre passage dans ce fameux sud Lipez!!! Heureux que vous ayez pu vous en sortir ainsi. C’est une sacrée aventure!!!
    Le sable, les cailloux….mais ce si beau paysage, cette immensité incroyable.
    Bref, que du bonheur….quand on en est sortit 😉
    Bonne suite à vous.
    Famille Russi

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  2. Bonjour la famille
    Félicitations,vous vous en etes encore une fois sortis avec brio.Big mama est invincible,rien ne lui résiste meme les pistes les + difficiles.Que cette bonne étoile continue à vous accompagner.Merci pour la carte
    Gros bisous à tous les 5

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  3. Bonjour les aventuriers et félicitations.

    Pour info , nous travaillons avec cette usine d’acide borique en Bolivie, j’ai eu la chance de survoler le salar d’Uyuni mais pas de visiter cette usine.Tierra;

    si vous avez des photos, je suis preneur.
    Patrice.

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  4. Bonjour à vous 5
    merci de nous faire partager de belles photos et commentaires. que de bons souvenirs à iguazu….en zodiac quand celui-ci au bord de la berge se retourne dans l eau!!!!!!et le passage derrière les chutes puis le survol des chutes en hélicoptère. ……et le salar d uyuni…..que bons souvenirs. attention aux moustiques en Amazonie brésilienne. Merci à vous 5! et profitez en!!!une servonnaise maman de Chili…….

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  5. Pingback: Saludos amigos | les 5 roulent en carrosse

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