Argentine #8: de Leoncito au Paso de Jama

Le parc national Leoncito: la tête dans les étoiles
Nous arrivons au Parc national Leoncito bien décidés à nous reposer après ces péripéties citadines au Chili. Toutefois, les corvées ne sont jamais très loin en voyage. Nous disposons d’eau à volonté, alors, l’heure est à la lessive et au nettoyage de Big Mama.
A Leoncito, nous avons la tête dans les étoiles puisque le ciel, comme dans toute la région, est dépourvu de toute pollution lumineuse. Par ailleurs, il est particulièrement pur grâce à l’absence de nuages. Nous profitons de l’observatoire du parc pour découvrir le ciel de l’hémisphère sud et admirer la Voie Lactée comme on ne l’avait jamais vue. Désormais, la Cruz del Sur, Sirius, les constellations des Tres Marias, du corbeau, d’Orion n’ont…plus de secrets pour nous ou presque…on s’y perd vite quand même!!!
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L’ambiance sera tout de même un peu morose le jour du départ puisque nous nous apercevons que j’ai perdu notre portable et que Nicolas s’est fait dupliquer sa CB sans doute à Santiago. Heureusement, les paysages désertiques de la magnifique ruta 149 nous feront vite oublier ces désagréments. Et comme je dis souvent, à chaque problème sa solution.
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Le Cerro El Alcazar
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Le parc Ischigualasto ou la Vallée de la Lune: des étoiles à la Lune
De nombreux kilomètres parcourus nous conduiront à la Vallée de la Lune, paysage aride balayé par le vent et la poussière et soumis à un soleil de plomb. Les dinosaures y régnaient en maître il y a 250 millions d’années ce qui passionnent les filles. Les questions fusent: Les gros dinosaures, ils mangeaient quoi? Et les moyens? Pourquoi ils sont morts? C’est quoi une météorite? Un bon vieux C’est pas Sorcier sur les dinosaures nous sauvera la mise.
Des étoiles à la Lune …à la planète Mars avec cette barrière rocheuse rouge qui marque la fin de la vallée. C’est parfait pour les extraterrestres que nous sommes!!!
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Nous continuons notre route dans des paysages désertiques. En dehors des villages, il n’y a pas d’ombre et les températures dépassent les 30°C. Les nuits ne sont pas plus clémentes, aucune brise ne viendra nous délivrer. Les villages traversés sont petits et semblent bien isolés surtout entre 14h et 17h …18h, la fin de la siesta.
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Bivouac près des cactus
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Bivouac le long de la ruta 40
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Moment de détente dans une piscine municipale en compagnie de deux crapauds!!!
 
Nous aurons le droit à une courte pause rafraîchissante aux Ruines de Quilmes avec un violent orage qui fera vibrer le ciel et la terre une bonne partie de la nuit.
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Le lendemain, nous enchaînons par la découverte de la Quebrada de las Conchas au nord est de Cafayate. La vue au petit déjeuner est superbe avec ce petit air de far west!!!
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La région de Cafayate réserve bien des merveilles puisque, côté ouest, c’est au tour de la Quebrada de las Flechas de pointer le bout de ses flèches.
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Après Salta, nous décidons de prendre la ruta 51 qui suit le trajet du “train des nuages”. Il n’est plus en fonctionnement aujourd’hui mais nous nous amusons à croiser et recroiser les ponts, suivre le parcours de ce train touristique situé au milieu d’une belle vallée encaissée. Son terminus est le Viaduc de Polvorilla situé à 4200m d’altitude. Nous commençons à découvrir une autre Argentine, celle des hauts plateaux surnommés la Puna. Les nuits deviennent fraîches voire négatives. Les paysages sont purs, le minéral domine.
Une piste empruntée étant particulièrement caillouteuse, et devant le peu de chance de rencontrer des flics à 3700m d’altitude, j’aurais l’autorisation de conduire Big Mama, assistée de mon copilote, Charlotte. Je ne pourrais pas dépasser la deuxième vu l’état du ripio.
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Viaduc la Polvorilla
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Bivouac au milieu des lamas
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Girlspower sur l’ex ruta 40
 
Avant de quitter l’Argentine, il nous reste une dernière Quebrada à découvrir: la Quebrada de Humahuaca classée au Patimoine mondial de l’Unesco. Ici, les montagnes semblent avoir été réalisées par des peintres puisque leurs façades regorgent de différentes couleurs allant du beige au violet. 
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La montagne aux 7 couleurs à Purmamarca
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L’incroyable montagne aux 14 couleurs à El Hornocal !!!
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La nuit à cette altitude aura été peu reposante pour Nicolas et moi qui avons dû mal à trouver le sommeil. Toutefois, nos corps se sont bien habitués et aucun membre de la famille n’est malade. Nous y sommes allés par paliers: une nuit à 3000m, une nuit à 3700m, une nuit à 4250m.
Nous redescendrons de cette montagne puis grimperons, grimperons, grimperons… et grimperons un autre col à 4150m (à croire qu’il n’allait jamais finir), la majeure partie en deuxième vitesse. La ruta 52 nous mènera à notre premier désert de sel, las Salinas Grandes.
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Les hauts plateaux  andins, les troupeaux de lamas, de vigognes, de mulets, les premiers salars, les visages tannés par le vent et le soleil. Tous ces signes annoncent la Bolivie située à quelques kilomètres. Nous avons hâte d’y entrer. Mais avant, il nous reste un ultime tour à effectuer au Chili dans la région désertique de l’Atacama.
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Chili #6: la région du centre et la route des Andes

Il y a deux semaines, nous avons quitté le cadre idyllique du parc national Conguillio pour flirter de nouveau avec la civilisation en empruntant la panaméricaine afin de nous rendre à Santiago du Chili (6 millions d’habitants) et Valparaiso (275 000 habitants). Nous avons beaucoup hésité à y faire halte car ce n’est jamais facile de visiter des villes en camping-car. Notre soif de curiosité l’a finalement emporté.

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Bivouac sympa le long de la Panaméricaine. Allez, tous à la douche avant d’aller à la Capitale!!!
 
La visite de la cave Concha y Toro
Le principal attrait de la région de Santiago est…le vin!!! Nous ne connaissons pas les bonnes maisons et encore moins les petits domaines familiaux. Alors, en bon vieux touristes, nous nous réfèrons au guide et allons visiter la maison la plus célèbre au Chili, Concha y Toro à Pirque. Lorsque nous arrivons à Pirque, nous sommes un peu sceptiques. Il fait très beau et les vignes dominent les alentours. Toutefois, nous sommes loin du charme de nos petits domaines viticoles français et craignons l’usine à touristes.
Le lendemain, nous laissons nos filles en compagnie de la Reine des Neiges. Pendant ce temps, nous entamons la visite les traits tirés. Pour l’anecdote, à deux heures du matin, quelques peu excédés par le niveau sonore  de la maison devant laquelle nous étions garés, nous nous sommes déplacés pour retrouver le sommeil. Eh oui, les vendredi et samedi soir en Amérique du Sud, il faut choisir avec une attention particulière ses bivouacs. On arrive encore à se faire avoir … ou alors on a la pouasse!!!
La visite de la cave Concha y Toro est réglée comme du papier à musique et le marketing poussé à son paroxysme. Malgré tout, nous avons passé un excellent moment.
La maison est très connue au Chili grâce à la légende du Casillero del Diablo.Il fut baptisé ainsi pour faire peur aux paysans du coin afin qu’ils n’aillent pas se servir dans la cave où le diable aurait, parait-il, élu domicile.
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Salud!!!
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Attention, diable en vue!!!
 
Santiago du Chili
A Santiago, nous bivouaquons sur le parking du Parque Metropolitano, adresse bien connue des voyageurs. L’endroit est, effectivement, étonnement tranquille. Nous visitons Santiago le dimanche, jour où les cyclistes s’approprient la ville jusqu’à 14h. La ville de Santiago est sympathique et on s’y sent en sécurité. Malgré la taille et la “cosmopolité apparente” de la ville, les regards se tournent vers nous à notre passage. Comme souvent en voyage, nous sommes des extra-terrestres pour ceux qui nous croisent. Attention, les “Javaudin’s attack”: “Bonjour, nous sommes venus en paix!!!” Au moins aujourd’hui, personne ne nous a demandé de photos. Euh, ce ne sont pas les touristes qui sont censés prendre des photos normalement? Bref, je n’en dirais pas plus cette fois-ci ayant déjà approfondi le sujet dans un précédent post dans les Balkans. J’ai quand même envie de partager ma surprise quand j’entends dans les rues de Santiago une phrase comme : “Mira, la negrita”. Traduction: “Regarde, la petite noire”. Sortez un peu de chez vous, les gars. Nous sommes en 2016. Les pays changent, le manque de bon sens et d’éducation des gens, eux, ne changent pas.
IMG_4816Bivouac à Santiago
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Vue de Santiago depuis le cerro San Cristobal
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La Chascona, Maison de Pablo Neruda
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La Plaza de Armas                                             Le Palais de la Moneda
 
Valparaiso
Valparaiso, classée au Patrimoine Mondial de l’Humanité est notre prochaine destination. La ville basse est une vraie cocotte minute. Vous prenez une dose de personnes, une dose de voitures, une dose de camions, une dose de bus, une dose de musique forte, des klaxons, un port commercial, un dédale de ruelles particulièrement pittoresques. Vous ajoutez des odeurs fortes de poissons. Vous secouez le tout et vous obtenez Valparaiso. Côté ambiance, il faut s’imaginer la première scène du livre Le Parfum lorsque Jean-Baptiste Grenouille naît. On trouve à la fois des odeurs puissantes de poissons et de fruits de mer mêlées à quelques personnes avec de drôles de chicots assises sur les bancs d’une place. Puis, vient l’ambiance de la rue commerçante avec ses boutiques d’importation chinoise, ses restaurants…Et là, vous vous dîtes, mais pourquoi ils sont allés là-bas?
Valparaiso, c’est surtout, ces petits ascenseurs des années 1800/1900 qui vous emmènent sur les cerros de la ville où l’ambiance est toute autre.  Sur les hauteurs, le calme domine avec ses quartiers résidentiels peuplés de jolies maisons colorées arborant des fresques plus jolies les unes que les autres. Les habitants investissent leur ville, y mettant chacun de leur contribution, de leur âme d’artiste pour la transformer en un lieu unique. A Valparaiso, on ne trouve pas de maisons stéréotypées. Place à la bohème et à la poésie urbaine.
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Nous retournons dans la cocotte minute pour déjeuner dans un restaurant type fast-food. Nous avions commandé 4 petites portions de frites et deux sandwichs. Fous rires quand nos plats arrivent!!! Ce sont quatre gargantuesques assiettes de frites, qui nous sont servies, accompagnées de deux sandwichs en forme de hamburger faisant au moins 15 cm de diamètre. Le tout est garni, entre autres, de mayonnaise en quantité surréaliste.  On s’imagine alors Philippe Etchebest levant le sandwich avec son couteau et trifouiller la mayonnaise: vous servez ça à vos clients? Il est où le chef?
Au cas où nous n’en aurions pas assez, un complément de mayo nous a été apporté dans une assiette. Nico a frôlé l’indigestion en terminant mon sandwich. Pour le reste, un doggybag nous a permis d’emporter la montagne de frites servie aux filles.
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Valparaiso, c’est aussi une belle balade le long de la côte à admirer les pélicans, les lions de mer (ou phoques ou otaries…nous n’arrivons toujours pas à faire la différence) et l’écume laissée par les énormes vagues qui frappent les rochers.
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Nous quittons Valparaiso pour nous rendre chez Eduardo qui nous avait invité chez lui quelques jours plus tôt. Nous passons du bon temps à discuter de sa vie en France et ailleurs en Europe. Un bonhomme avec une dose de loufoquerie avec qui il est agréable de passer une soirée. Au cours de celle-ci, Eduardo nous demande de lui rendre un service. Il a un fils en France qu’il n’a jamais vu. Il aimerait qu’on l’aide à le trouver. Il nous explique son histoire. Il a rencontré une jeune fille aux Francofolies de la Rochelle il y a une dizaine d’années. Elle habitait à Rennes. De leur union furtive, est né un fils qui s’appelle Rémi. Le contact avec sa maman était déjà rompu avant sa naissance.
AVIS DE RECHERCHE
– une fille d’une trentaine d’années aux cheveux clairs et aux yeux bleus qui s’appelle Guylène
-elle habite à Rennes et a un fils d’une dizaine d’années qui s’appelle Rémi
C’est maigre mais on peut toujours essayer!!!
Si vous la connaissez, contactez nous ou faites passer le message.
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C’est avec quelques heures de sommeil manquantes que nous repartons à Santiago pour changer nos pneus et acheter des filtres pour Big Mama. En effet, nous avons crevé la semaine dernière et un autre pneu a éclaté il y a trois jours. Nos pneus arrières sont à bout de souffle!!! Pour les routards intéressés, voici les adresses:
1/ SUPERMERCADO DEL NEUMATICO 72 avenida España SANTIAGO CENTRO
Ils ont également d’autres points de vente au Chili.
2/ Garage Mercedes-Benz 5830 avenida Gladys Marin CENTRAL EST SANTIAGO
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Nous quittons Santiago, un vendredi soir dans les bouchons, pour nous rendre à Los Andes. Nous partons, le lendemain de bonne heure, à l’assaut des Andes pour retourner en Argentine. Nous en avons rêvé de cette route. Nous l’avons crainte aussi en imaginant les lacets et en fantasmant sur l’altitude. C’est sous un soleil de plomb que nous entamons la trentaine de lacets qui mène en haut du col. La route se fait finalement très bien. Nous  apercevons au loin, l’Aconcagua, le sommet des Andes qui culmine à 6959m. A la frontière, nous croisons une famille française avec trois enfants. Ils sont à vélo afin de réaliser, pendant six mois, la route qui va de Santiago au Pérou. Bravo aux enfants d’avoir la volonté d’accomplir de tels exploits!!!
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Le pont de l’inca

 
Actuellement, nous sommes au Parc Leoncito en Argentine où nous contemplons les étoiles sous un ciel particulièrement transparent.

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