Argentine#3: de Zarate à la péninsule Valdès

Argentine : de Zarate à la péninsule Valdès

La récupération de Big Mama

De Buenos Aires, nous avons pris un bus pour nous rendre à Campana. On se présente le lendemain à la douane à 8h20. Nous sommes très bien reçus et le dossier est clos à 9h20. Nous sommes tous contents d’avoir réalisé cette première étape aussi vite. On prend le taxi direction le terminal de Zarate situé à une vingtaine de kms. Nous nous présentons alors au bureau « Aduana de Campana otras verificacionnes ». La personne chargée du dossier m’envoie vers un autre couple arrivé juste avant nous pour qu’il nous explique la situation. C’est un couple allemand qui attend également son camping-car. Leur chauffeur de taxi, Carlos, est resté pour les aider à accomplir les démarches. Carlos m’indique que nos deux véhicules sont bien débarqués mais ils n’ont pas encore été vérifiés par le service de sécurité du port. On ne peut donc pas les récupérer. Le bureau de douane nous demande de revenir demain. Il n’est que 10h. Nous décidons d’attendre au cas où la vérification se ferait dans la journée. Malgré tout, nous ne sommes pas vraiment surpris. Chez Grimaldi à Buenos Aires, il nous avait dit que nous pourrions nous présenter au port le mercredi. On a tenté le coup mardi. Carlos décide que ce n’est pas normal de nous faire attendre. Il fera le forcing toute la journée pour que nos cas soient traités, sollicitera constamment le personnel du bureau de la douane. Et ça marche !!! Juan Luis, le gars de la douane, devant la ténacité de Carlos, et sans doute, ayant aussi pitié de nous voir attendre depuis plusieurs heures avec nos valises et les filles, fera une exception et emmènera Nicolas et Rainer au service de vérification du port. Il faut savoir que la sécurité est optimale au port. Il vérifie tout avant de rendre le véhicule, le n° de châssis, le n° de moteur sur le véhicule…

Toute la journée, on attendra sans connaître le dénouement. Puis, à 17h, c’est la délivrance, Big Mama et le camping-car de Rainer et Dragica sont libres. Les camions sont dans un parfait état. Nico est fier car Big Mama a eu du succès auprès des employés du port.

Nous avons sympathisé durant la journée avec Rainer et Dragica. De plus, elle est d’origine serbe alors !!! Vous vous souvenez ? « Rakia connecting people ». Enfin, ce soir- là, ce sera « Cerveza connecting people » au camping à San Antonio de Areco.

Le lendemain, nous décidons de prendre la route du Sud en direction de la péninsule Valdès. Les baleines y sont présentes jusqu’à la fin du mois et on ne veut pas prendre le risque de manquer ce spectacle. On espère retrouver Rainer et Dragica plus tard à la péninsule. On ne se fixe pas de rendez-vous, c’est la route qui décidera…

au port de zarate

Vaderetro Monsanto

A peine 100 kms effectués, c’est déjà la pampa (mot indien désignant la terre plate). On aperçoit des champs cultivés à perte de vue, des silots énormes. On découvre aussi des panneaux Roundup le long d’un champ. On se dit que le soja « Roundup ready » de chez Monsanto doit être cultivé ici. Finalement, nous n’aurons plus aucun doute le lendemain en observant un petit avion déversé du Roundup sur son champ, et en voyant quelques kilomètres plus loin, un ensemble de silots avec un panneau MONSANTO. A ce moment précis, on aura une petite pensée pour notre agriculteur préféré qui ne donne pas de ce soja transgénique à ses vaches mais de la bonne herbe !!!

Monsanto

Le paradis des vieilles caisses

Sur la route, nous sommes contents car nous rencontrons plein de vieux camions Mercedes transportant de la marchandise. Les garages de la marque sont aussi bien représentés. On a bien choisi pour l’aspect mécanique mais aussi pour l’aspect sympathique. Nous n’avons que des compliments sur la beauté de notre camion. Les dessins ont beaucoup de succès.

A notre tour, nous nous amusons de rencontrer les vieilles caisses abandonnées depuis longtemps en France. Ici, on ne compte plus les Renault 11, Renault 12, 505 Peugeot, les 2 CV… Je dis à Nico : « Notre défi sera de trouver une Renault Fuego. ». Bingo, on en voit une dans la journée.

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Le monde est petit

Nous continuons de rouler au milieu de la pampa. Partout, des vaches et bovins de couleur noire au milieu de champs bien verts. Nous sommes dans notre élément dans ce décor immense. Nous arrivons à Tornquist, une petite ville, près du parc provincial du même nom.

Nous étions sur le point de nous promener quand un homme en pick-up nous aborde : « Bonjour, vous êtes français ? » Oui

« D’où venez-vous en France ? » De la Bretagne

« Vous connaissez l’Ille et Vilaine ? » Bien sûr, nous y avons grandi.

« Vous connaissez Brielles ? » Quoi Brielles ? Bien sûr, je suis originaire de Le Pertre juste à côté.

Il s’appelle Dieter Karsten. Il nous explique que sa famille est amie avec la famille Cornée de Brielles. Pendant la deuxième guerre mondiale, un homme de cette famille française avait été prisonnier en Allemagne et avait passé « sa détention » dans sa famille. Les deux familles s’étaient retrouvées des années plus tard et ont tissé des liens d’amitié. Il est venu plusieurs fois à Brielles.

Est-ce que tu connais la famille Bodin ? Gérard F., il est éleveur de cochons ? Oui, c’est le père de Juanita. Elle était avec moi à l’école.

Enorme le hasard de la vie !!! Originaire d’Allemagne, il s’est installé ici il y a 19 ans.

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Les premières rencontres

Le même soir, nous sommes invités à dîner chez Pablo et Yanina. Ils avaient repéré notre camion le matin et sont venus nous rencontrer. Ils aimeraient eux-aussi voyager un jour sur le long terme en camping-car. Ils nous questionnent sur notre itinéraire, notre durée, nos motivations et comment avons-nous pris la décision finale de partir. Ils nous donnent quelques tuyaux sur les endroits sympas où aller. Nous rigolons car ils parlent toujours avec des « ch ». En effet, les argentins ont un accent différent de leurs confrères espagnols. A l’oral, les « ll », les « y » et parfois même les « qu » sont remplacés par des ch. La première fois qu’on te demande : como te chamas ? Tu mets quelques secondes à comprendre ce que la personne t’a demandé.

Et quand tu penses que tu as tout compris comme « aqua » au lieu de « aqui », une personne te dit alors « acha » Bienvenue chez les argentins !!!

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Le casse tête du peso argentin

Mardi 10 novembre, en faisant mes courses, j’ai attendu environ une heure pour passer à la caisse. Je me demandais bien ce qui se passait. Certes, il était 13h, et le personnel était à son minimum, mais tout de même. J’ai compris en me rapprochant. Il faut savoir que le peso argentin a connu beaucoup de fluctuations ces vingt dernières années ce qui a conduit les argentins à ne pas avoir confiance ni dans les banques ni dans leur monnaie. Aussi, ils paient tous en cash. Le problème est que le billet le plus important est 100 pesos (environ 10€). Parallèlement, les prix ont considérablement augmenté depuis 5 ans pour atteindre des prix similaires à l’Allemagne. Les fruits restent bon marché. A l’inverse, les produits laitiers et manufacturés sont plus chers qu’en France. Par exemple, un litre de lait premier prix ici est le prix d’un litre de lait bio en France. Ainsi, le couple devant moi avait un ticket de 4880 pesos et payait en billets de 50 pesos ce qui représentait 98 billets à compter deux fois pour le caissier afin de ne pas faire d’erreur de caisse. Pendant ce temps, je lève la tête et je me rends compte qu’à chaque caisse, c’est le même topo. Puis, quand la caisse est trop pleine, un vigil vient chercher la cagnotte. Un vrai sketch !!! Je vous rassure, dans les autres supermarchés, l’attente n’a jamais été aussi longue. Dorénavant, on est en Patagonie… La leçon à retenir est qu’ici, tout le monde reste cool et attend sans râler…

Pour les mêmes raisons financières, il n’est pas possible de retirer plus de 1500 pesos par jour et par carte bancaire/ distributeur soit environ 150€. La file d’attente au distributeur est souvent importante. Nous recommandons donc aux futurs routards d’arriver en Argentine avec des euros et des dollars en quantité suffisante d’autant plus que le change parallèle est plus qu’avantageux (dollar blue).

La Patagonie, terre de liberté

La Patagonie est telle que nous l’imaginions. Des espaces à perte de vue peuplés de moutons, de bovins, de fermes isolées. Puis, on découvre un paysage plus sec, sauvage, un no man’s land où seuls quelques guanacos (cousins des lamas) semblent avoir trouvé refuge. Pas besoin de GPS, la route est droite et plate sur des milliers de kms. Mon rôle de copilote est facilité et les engueulades de couple sur «  elle est où la bonne direction ? » inexistante. Nous sommes comme des coqs en pâte !!!

C’est ainsi qu’en suivant la Ruta 3 vers le Sud, nous arrivons à la péninsule Valdès qui accueille un nombre impressionnant d’animaux marins. Une fois le ravitaillement effectué, nous nous installons pour six nuits à la playa Pardelas. Il fait très beau. Chaque jour, nous effectuons le déplacement sur la piste pour aller observer les animaux : lions et éléphants de mer, pingouins, orques, tatoos, guanacos…

Nous roulons en moyenne à 20/30 km/heure parfois 60km/heure suivant les portions de route. Plus tard, Kenny nous dira qu’on peut rouler à 80 km/heure même avec nos engins. Au contraire, cela permet de survoler la tôle ondulée. Nico a tenté le coup et ça marche. C’est un peu sportif tout de même!!!

Par ailleurs, de notre bivouac, nous aurons la chance d’admirer quelques baleines en général le matin. Que du bonheur !!!

Il y a beaucoup de touristes français à la péninsule. Le premier soir, nous partagerons une bouteille de vin avec Pierre et Elodie venus en Argentine pour trois semaines. Puis, nous rencontrerons Elodie et Kenny, en camion Mercedes eux aussi, arrivant à la fin de leur traversée du continent américain de 18 mois du Canada à l’Argentine. Ils nous donneront plein de tuyaux sur les pays traversés.  De plus, Kenny fera le tour du camion avec Nico pour lui expliquer tous les conseils d’entretien et donner une leçon de mécanique. On repart même avec une recette pour faire nos baguettes maison dans le camion!!!

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Argentine #2: Buenos aires, la tentaculaire

Buenos Aires, la tentaculaire

Voilà déjà une semaine que nous parcourons Buenos Aires  en métro, en bus et à pied. La ville est immense et les quartiers très diversifiés. Mercredi, nous nous sommes rendus dans le centre pour nous promener à la célèbre Plaza de Mayo. C’est sur cette place que des mères ont défilé pendant des années devant la Casa de Gobierno pour réclamer la vérité sur leurs proches disparus pendant la dictature militaire.

Le centre est très chic et, comme dans beaucoup de villes, c’est le lieu privilégié des banques et des grandes firmes. L’agitation citadine est à son comble.

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Casa de Gobierno

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Les jours suivants, nous sommes devenus des vrais habitants de Buenos Aires. Objectif, achat d’une carte de bus rechargeable (Gracias Pablo por tu ayuda) , puis, direction les bureaux de Grimaldi pour payer les frais de débarquement de Big Mama et faire le point sur les démarches. Nous en profitons pour nous promener à Puerto Madero. C’est le quartier des anciens docks réhabilités il y a quelques années. Nous ne sommes pas dépaysés, il y a un petit air de hangar à bananes…On apprécie les rues piétonnes et le calme. Auparavant, nous avions respiré beaucoup de gazs d’échappement en nous rendant chez Grimaldi. Il y a beaucoup de circulation à Buenos Aires. Les avenues parfois gigantesques sont l’eldorado des taxis, et surtout des bus. Le réseau est hyper développé et la densité impressionnante. Ce n’est pas toujours facile de s’y retrouver mais on y arrive…Parfois, c’est un simple autocollant collé sur un lampadaire ou sur la façade d’un immeuble qui marque l’arrêt de bus. Il faut avoir l’œil. Les filles adorent prendre le bus. Que ce soit dans le métro ou le bus, les gens se lèvent immédiatement pour céder leurs places assises aux filles. On apprécie.

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On continuera notre découverte de la ville par le quartier de la Boca (Caminito et le stade). C’est un quartier pittoresque et très touristique. Cependant, malgré toutes les boutiques de souvenirs, le plaisir est là. Toutes les couleurs  des façades sont appréciables et les odeurs… quelles odeurs !!! De barbecue, d’empenadas qui donnent bien envie.  C’est aussi le quartier du foot avec le stade de la Boca Juniors.

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Dimanche, nous nous sommes baladés à San Telmo avec son marché d’artisanat en tous genres, sa brocante, ses artistes de rues…Le 1er novembre sans doute le plus appréciable de notre vie.

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Nous quitterons Buenos Aires demain pour nous rendre à Campana ( environ 60 kms). afin d’effectuer les formalités de douane. Ensuite,  direction le terminal auto de Zárate pour récupérer Big mama.  Le Grande Nigeria arrive au port de Zárate demain (lundi) à 8h. On espère avoir notre carrosse mardi, ou au plus tard, mercredi.

Ce soir, le club de la Boca a gagné. C’est ambiance Goallllllllllllllllllllllll dans les rues!!!

On reste dans le foot avec la rubrique insolite demandée par Nico: il a regardé un match du stade rennais. Goallllllllllllllllllllll!!!

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