Sortie de notre livre: « J’irai bivouaquer en Amérique du Sud »

C’est avec beaucoup de plaisir que nous vous annonçons la sortie du livre retraçant nos aventures: J’irai bivouaquer en Amérique du Sud.

Conçu comme un carnet de voyages, il comporte 120 pages en couleur divisées en 18 chapitres avec cartes et près de 180 photos.

Voici quelques photos pour vous faire découvrir l’ouvrage:

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Couverture

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Combien il coûte, comment l’acheter?

Le livre est vendu au prix de 15 euros auxquels il faut ajouter 4.80 euros de frais d’envoi soit un total de 19.80 €.

NB: Pour la Belgique ou la Suisse, les frais de port sont de 6,50 € (total de 21,50 €).
Pour le Canada, ils s’élèvent à 7,50 € (total de 22,50 €).

Pour se le procurer, pour l’instant, une seule solution:

  • Par envoi postal
    Pour cela, envoyez moi un règlement par chèque (Blandine JAVAUDIN 6 rue du Sillon 44260 Malville) ou un virement bancaire (me demander un RIB à blandine.javaudin@gmail.com)
    Une fois le paiement effectué, je vous enverrai un e-mail de confirmation dès que possible (le jour même en règle générale) et je vous enverrai le ou les livres sous 48 voire 24 heures.
  • Des rendez-vous ici ou là sont en cours de programmation. Vous serez informés au fur et à mesure des points de vente possibles:
  • Séance de vente-dédicace le samedi 17 mars 2018 de 16h à 19h au Bistrot d’Eugène à Gennes sur Seiche (35)
  • Présence le lundi 2 avril 2018 à la braderie spécial camping à Noyal sur Vilaine (35)
  • Présence le samedi 21 avril 2018 au broc-bivouac du salon du véhicule d’aventure à Corcoué sur Logne (44)
  • Présence au rassemblement 2018 « Les familles autour du monde » (date et lieu à confirmer)

Bonne lecture!!!

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Sortie de notre livre: « J’irai bivouaquer en Amérique du Sud »

Quel est notre état d’esprit après ce retour en France?
Le mot de la fin n’est jamais facile à écrire. On éprouve beaucoup de sentiments contradictoires au retour. On navigue entre euphorie et plaisir de retrouver la famille et les amis, retrouver des lieux familiers, des repères et des habitudes et bien sûr du confort. A contrario, nous sommes également nostalgiques à l’idée de quitter cette vie nomade et ne plus se réveiller dans des endroits différents au petit matin.
On nous a posé plusieurs fois la question: est-ce que vous le feriez à nouveau? Sans aucune hésitation oui. De ces treize mois à la conquête de l’Amérique du Sud, il nous reste beaucoup de souvenirs. Nous avons rencontré beaucoup de personnes, vécu des moments inoubliables et fréquenté des paysages fabuleux.
Dans quelques jours, chacun des membres de la famille fera sa rentrée. Les moutons égarés rejoindront leurs troupeaux… Nous l’effectuons sans aucun regret car nous avons osé concrétiser notre rêve. Nous avons profité de cette année 2016 à fond. Et puis, un mouton qui s’est égaré une fois pourra recommencer quand l’envie lui en prendra!!! En attendant, bon vent à tous!!!
A travers cet article, nous voulions également remercier tous nos hôtes qui nous ont ouvert leur porte sans aucune hésitation:
-à Janina et Pablo de Tornquist en Argentine, qui nous ont fait découvrir le vin gazéifié
-à Cesar et Natalia de Comodoro Rivadavia en Argentine, avec qui nous nous sommes régalés de pizzas, d’empanadas, de milanesas, le tout accompagné d’une flûte de champagne s’il vous plaît
-à Eduardo près de Casablanca au Chili, un personnage haut en couleur qui ne manque pas d’anecdotes farfelues et amusantes
à Pierre de San José de Chiquitos en Bolivie, pour nous avoir transmis sa passion avec beaucoup de pédagogie
-à Joël, Sofia et “Chucky” à Ica au Pérou, qui nous ont accueilli dans leur maison comme des membres de leur famille.
Par ailleurs, merci à tous les voyageurs croisés sur la route :
-à Dragica et Reiner, nos partenaires de vin chaud et autres mixtures bien délectables “Salud”
-à Kenny et Elodie pour leurs conseils précieux et la recette de la baguette maison
-à Valentin et Laëtitia avec qui nous avons partagé deux épisodes inoubliables : le nouvel an en Argentine (https://les5roulentencarrosse.com/2016/01/11/argentine-6-el-calafate-et-le-parc-national-des-glaciers) et la traversée du Sud Lipez en Bolivie (https://les5roulentencarrosse.com/2016/04/22/bolivie-1-notre-pope-dans-le-sud-lipez-nous-sommes-venus-nous-avons-vu-nous-avons-vaincu/). On espère pour vous que le 1er janvier sera plus calme cette année!!!
-aux “3 chats perchés en voyage”, nos compagnons de belote favoris
-aux “Ainsi vont les Laffont”, toujours détendus et souriants. Merci d’avoir récupéré notre portable à Leoncito sans quoi Nicolas m’en parlerait encore!
-à la famille Russi “Adieuctami” qui nous ont fait découvrir des expressions suisses inédites
-à Louise et Adrien, pour votre esprit sportif et généreux
-aux “Happy six en Amérique” qui nous ont donné l’envie de partir à la conquête de Choquequirao
-aux p’tits bourlingueurs, irréductibles citoyens du monde
-à Gaston et Elizabeth, le maître de la clé de 28
-aux “Oukilay”, nos compagnons du Pantanal
-à Thomas et Valérie, toujours prêts pour déguster une bonne bière même si elle n’est pas belge
-à Chunny et Philippe, à 2 sur la boule à bord de leur magnifique camion
-aux “Dalton en balade”, une famille pleine de joie de vivre
-à la famille Content, avec qui nous sommes liés à jamais, non pas par le sang, mais par les oeufs de tortues
Merci aussi à tous les autres, aux quatre français d’Ushuaïa, à Coraline et William, à Ton Ari du Brésil, aux “Let’s do it!!!”, à Dav Per…
Enfin, merci à vous, fidèles lecteurs du blog pour votre suivi exemplaire.

Bonne année 2017 à tous!!!

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Saludos amigos

Colombie: terminus, tout le monde descend!!!

Du 30 octobre au 25 novembre 2016
Après un passage frontière un peu long côté Equateur, nous arrivons en Colombie, ce pays qui viendra clore une longue série de pays traversés. Nous passons notre première nuit sur le parking du sanctuaire de las Lajas, un site religieux au style néo-gothique situé dans une plaisante vallée.
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En ce début de mois, notre esprit commence sérieusement à se tourner vers la France et la planification du voyage retour. La question récurrente étant : que ferons-nous après?
Nous avons beaucoup parlé, pendant ces 13 mois de périple, de nos attentes, de nos souhaits professionnels et familiaux après le voyage. Est-ce que l’on vend notre maison? Si oui, où est-ce que l’on s’installe?
On aimerait développer telle ou telle activité. Est-ce possible ou illusoire? En avons-nous réellement l’envie et l’énergie? Ne serait-ce pas plus confortable d’être salarié à nouveau?
Nos questions n’ont pas trouvé de réponse concrète. Nous rentrons et nous verrons ce que l’avenir nous réserve. La vie est toujours une question d’opportunités, de chemin qui se présente à un moment donné. Laissons évoluer les choses!!!
En attendant, il nous reste un mois pour en profiter au maximum. Alors, c’est parti direction Mocoa, au sud-ouest du pays. Pour s’y rendre, il faut emprunter une piste bien périlleuse et escarpée à laquelle s’ajoutent plusieurs passages de rivières à traverser. Nous sommes ici au coeur de la Colombie telle que l’on se la représente. Des hectares et des hectares de jungle tropicale s’étendent à perte de vue.
Arrivés à Mocoa, nous stationnons près de la cascade “fin del mundo” où nous voulions nous rendre le lendemain. Des pluies diluviennes tombent malheureusement toute la nuit rendant le sentier impraticable. Nous prenons conscience que nous arrivons en pleine saison des pluies ce qui rendra notre découverte de la Colombie un peu compliquée à notre plus grand regret.
Au petit matin, il pleut toujours et les infiltrations sont nombreuses dans Big Mama. Le toit n’est pas étanche à certains endroits nous obligeant à étaler des serviettes un peu partout pour éponger les flaques. De mon côté, j’ai eu le droit à quelques gouttes qui me sont tombées sur la tête pendant la nuit.
Pour couronner le tout ce matin-là, la clef du capot se casse dans la serrure. Bien sûr, il s’agit également de la clef qui ouvre le réservoir d’essence. Ceci dit, comme souvent, il faut avouer que l’on a de la chance dans notre galère, puisqu’un serrurier de la ville réussira à récupérer la clef et à fabriquer un double dans la matinée. On quitte la ville sous la pluie, dès notre mésaventure réparée, pour se rendre à San Augustin.
Parcourir cette route aurait été dangereuse il y a quelques années à cause de la présence des FARC dans la région. Aujourd’hui, les FARC ont baissé les armes, l’accord de paix est signé et nous pouvons rouler sans crainte pour explorer l’ouest de la Colombie. L’armée et les forces de police sont extrêmement déployées tout au long de la voie. On prend la mesure de l’insécurité qui existait dans le pays auparavant.
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San Augustin est le site archéologique par excellence de la Colombie. Il abrite en effet de curieuses statues précolombiennes disposées majoritairement derrière des dolmens et des tombes funéraires.
On profite de quelques éclaircies pour visiter les sites et se promener dans la campagne. Au camping de San Augustin, un enseignant et son groupe d’élèves nous abordent pour converser en anglais. On se prête au jeu de cette sympathique classe d’anglais.
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“T’as de beaux yeux tu sais!!!”
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San Augustin est aussi le lieu de paysages magnifiques, comme d’ailleurs partout en Colombie.
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Nous prenons ensuite la direction du désert de la Tatacoa. On se dit qu’ici nous devrions être protégés de la pluie pendant quelques jours. Il fait une chaleur étouffante, mais chaque nuit, nous avons le droit à des pluies d’orages et à nos fidèles infiltrations!!!
Pendant la journée, on se balade dans le canyon de Cusco jusqu’à ce que la chaleur nous ramène bien vite, à l’ombre, à déguster un bon verre de jus de canne bien glacé.
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Le lendemain matin, un petit plongeon dans la piscine d’eau minérale assurera notre salut. Elle est implantée au coeur de la forêt sèche dans un magnifique décor.
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Lisa, le cachalot!!!
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On quitte cette région pour aller explorer Salento et la vallée de Cocora. Pour s’y rendre, nous empruntons une route de montagnes qui traverse le centre du pays d’est en ouest. Un vrai cauchemar. Cette route est la voie empruntée par les camions chargés de conteneurs qui relient Carthagène à Bogota. La route est sinueuse et il faut régulièrement s’arrêter dans les lacets pour laisser les poids lourds passés. Bien sûr, il  pleut toute la journée ce qui n’arrange rien. Nous arrivons de nuit complètement crevés (surtout le chauffeur) à Salento.
Le lendemain, nous partons pour une journée de randonnée dans cet endroit splendide composé de collines aux nuances de vert de toute beauté presque fluo parfois avec ces palmiers de cire sous lesquels pâturent les vaches.
Le sentier est énormément boueux, on zigzague comme on peut pour éviter de revenir couvert de boue. Sans bottes, la tâche s’avère impossible.
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Cette région est également la région de production du café. Sur les conseils d’un voyageur, nous nous rendons à la Hacienda Venezia, une belle exploitation ouverte également au tourisme. Nicolas reste avec les filles pendant que je réalise la visite du café pendant deux heures et demi. Nous avons le droit à une présentation complète, de l’histoire du café en passant par la production jusqu’à la torréfaction.
Le soir, on discute avec les autres voyageurs ou woofeurs. Il y règne un petit air d’auberge espagnole à l’ambiance très sympathique.
Le lendemain, au moment de partir, Nicolas est inquiet à l’idée de traverser la rivière. Le niveau de l’eau a augmenté deux jours plus tôt à cause de pluies d’orages importantes. Finalement, on se sera inquiété pour rien car Big Mama franchira le cours d’eau très facilement.
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Plantation de bananiers
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Plantation de caféiers
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Depuis quelques jours, nous surveillons nos mails quotidiennement. Nous apprenons que le départ du bateau du mois de décembre est repoussé au 17 décembre. Nous attendons donc le feu vert pour prendre celui de fin novembre. Une fois la décision validée par la compagnie, cap nord vers la ville de Carthagène des indes. Et quelle route!!! Les premiers 300 km sont compliqués. Nous devons faire face à une circulation importante de camions containers, de routes de montagnes avec son lot de lacets et de virages. Nous roulons toute la journée pendant trois jours. Nous n’avons pas le choix, nous avons rendez-vous dans trois jours à Carthagène pour organiser le shipping de Big Mama.
Au départ, parcourir 700 km en trois jours nous semblait raisonnable. C’était sans compter la circulation de poids lourds, les accidents, les trous dans la chaussée, les travaux. Il faut être extrêmement vigilant sur la route. Le troisième jour, nous arrivons dans la banlieue de Carthagène de nuit. Et là, c’est le drame. Exténué, Nicolas, en se garant, ne voit pas un cable d’acier qui soutient un poteau électrique. Le pare-brise est cassé. Big Mama pourra-t-il prendre tout de même le bateau prévu dans quelques jours? Ce soir là, le niveau d’énervement et de tension est au sommet dans le camion. On se couche pour oublier et envisager les solutions possibles seulement à notre réveil.
Le lendemain, nous sommes soulagés en apprenant que Big Mama pourra tout de même partir à condition de bien sécuriser la partie abîmée. On campe sur le parking de l’hôtel Bellavista où nous resterons pendant les six prochains jours.
Avec Big mama dans cet état, il est impossible de parcourir trop de kilomètres. Nous sommes à Carthagène, aux portes des Caraïbes. C’est un peu frustrant de s’arrêter là sans pouvoir aller explorer quelques endroits paradisiaques. Par ailleurs, il faut être réaliste et penser au retour et à notre réinstallation en France. Le temps des cigales est révolu…
En attendant le jour des fourmis, nous profitons de nos derniers instants au sein de la belle ville coloniale de Carthagène, à déambuler dans les rues et places colorées du centre ville, à se promener le long de la plage, à profiter de la sympathie du pays et des colombiens. J’aime l’ambiance de la ville et sa chaleur qui nous fera tant défaut dans les prochains mois. Nous aimons aussi beaucoup l’ambiance vintage de l’hôtel.
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Test approuvé du yogurtbar
Nous faisons également sécuriser le pare-brise. Dans cet hôtel et comme souvent en Colombie, tout le monde connaît toujours quelqu’un pour réparer ou dépanner à moindre coût.
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Avant/après
Nous préparons le camion le dernier jour. Les températures continuent de grimper pour atteindre les 40°, nous faisant perdre des litres d’eau au moindre mouvement.
Et voilà, toutes nos affaires sont rangées dans la chambre des filles, le cadenas est posé à la porte. Terminus, tout le monde descend!!! On regagne notre chambre d’hôtel avec tous nos souvenirs accumulés depuis 13 mois. Les filles sont contentes de rentrer en France. De notre côté, sous sommes à la fois heureux de retrouver notre famille et nos amis, et un peu plus sceptiques quant à la reprise d’une vie routinière…Affaire à suivre…
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Petit déjeuner à l’hôtel Bellavista avant de s’envoler vers la France
Conseils aux voyageurs:
-Pour les voyageurs appréciant l’ambiance roots et vintage : hôtel Bellavista à Carthagène des indes (Marbella, Carrera 1 #46-50) : camping un peu cher (50 000 pesos avec électricité), chambres et restaurant à bon prix
-Pour les baroudeurs cherchant un shipping Carthagène/Anvers ou Le Havre:  contacter Stéphane CF Bergius de la société allemande BKB globe. Il est pro et réactif : sbergius@bk-group.de
Ils ont un contact sur Carthagène qui vous assistera dans les démarches douanières : Luis Ernesto de la Rota : gerencia@enlacecaribe.com

Colombie: terminus, tout le monde descend!!!

Equateur #2: 30 millions d’amis en Equateur
Du 19 au 29 octobre 2016
Nous voilà arrivés sur la côte pacifique où nos journées alternent entre beau soleil et brouillard. A Puerto Lopez, une petite ville vivant de la pêche et du tourisme, nous rencontrons une famille marseillaise, les Dalton en balade, qui bivouaque à nos côtés sur la plage.
Chaque matin, c’est l’effervescence sur une partie de la plage. Plusieurs stands vendent la pêche du matin pendant que les pêcheurs replient leurs filets. Ici ou là, les pélicans et les frégates survolent la zone espérant sans doute une part du gâteau. Un petit air des Galapagos…on imagine…
On se laissera tenter par un thon et des crevettes pour  un total de 10 US$, cool.
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Happy Clémentine
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“Il est frais, il est frais mon poisson”
Sur le marché, les Dalton nous annoncent qu’un bateau se prépare pour une sortie observation des baleines à bosse. Nous pensions que la saison était terminée mais quelques-unes paressent encore dans le coin. Nous sommes de la partie!!!
Sur le bateau, on s’accroche fortement car il poursuit sa course en transperçant les vagues, et ça secoue!!! Assez rapidement, nous rencontrons une famille de baleines que nous suivrons pendant une bonne heure. Quel spectacle fascinant!!! Nous avons vu beaucoup d’animaux cette année, mais, contempler ce monstre marin de près de 16 mètres et 40 tonnes, aller et venir et entendre son souffle est un moment inoubliable. Son immensité prend tout son sens lorsqu’on le compare à la taille du bateau. On se sent tout petit à côté.
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A quelques kilomètres de Puerto Lopez, se trouve la communauté Agua Blanca dont le territoire abrite une lagune d’eau sulfureuse aux eaux boueuses pleines de vertus d’après Chantal des Dalton.
Nous sommes un peu déçus par le lieu. En effet, nous nous attendions  à un cadre plus naturel en accès libre, alors qu’en réalité, on y accède à l’issue d’une visite guidée de 1h30. Passé ce détail, puisque l’on est ici, on se prête volontiers au jeu de la baignade. Je m’offre un massage corporel de boue, puis, j’applique un masque aux filles. Après le séchage, on plonge dans la piscine naturelle à l’odeur de souffre. Nicolas n’a pas voulu se couvrir de boue. Bouhhhhh!!!
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Fous rires des filles à ma découverte
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L’après-midi, nous nous baladons dans le parc Machalilla avec sa belle plage de Los Frailes. Le soleil a dû mal à percer ce jour là, c’est vraiment dommage car l’endroit aurait été idyllique.
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Toujours sur les conseils des Dalton, nous cheminons vers la plage de San Lorenzo située un peu plus au nord dans le but d’observer les tortues qui viennent y pondre d’août à décembre chaque nuit. A notre arrivée, on découvre effectivement une cinquantaine de nids balisés sur la plage avec les dates de pontes. La tortue de mer est une espèce protégée. Le Ministère de l’Environnement a mis en place un programme de préservation de l’espèce depuis quelques années.
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Les agents du  Ministère ne sont pas présents les nuits de week-end, alors nous nous débrouillons seuls les deux premières nuits. Notre savoir se résume au visionnage d’un “C’est pas sorcier” qui nous apprend que les tortues pondent à marée haute. Par ailleurs, l’éclosion a lieu entre 60 à 65 jours après la ponte.
La première nuit, nous ne sommes pas bien préparés et nous ne découvrons aucune tortue
Alors, le dimanche, on se retrousse les manches. On sort le grand jeu, du grand Javaudin. La plage est grande. Il faut élaborer une stratégie pour quadriller au mieux la zone. Je réalise un plan de la plage avec la position des nids susceptibles d’éclore et Nicolas sort le vélo pour faire des rondes rapidement. Puis, à la nuit tombée, on met en place des tours de garde.
Vers 23h , alors que tout le monde dort à poings fermés, Nicolas arrive en courant : “Levez-vous : alerte rouge, il y a une tortue en train de pondre”. On sort en hâte avec notre lampe frontale en position rouge. Nous assistons à un documentaire animalier dans la pure intimité possible. La tortue a déjà creusé son trou. Elle pond désormais ses oeufs, puis elle rebouchera son nid et repartira en mer. Nous sommes fascinés.
Je monterais ensuite la garde pour surveiller une éventuelle éclosion des oeufs. A 2h35, je suis crevée, aucune action ne se présume. Je décide donc d’aller me coucher. Réveillée à 6h, je me lève en hâte pour inspecter les nids en espérant qu’aucune éclosion n’a eu lieu devant le nid tant chaperonné pendant la nuit. Je vous laisse imaginer ma déception quand j’ai découvert le nid ouvert avec des coquilles d’oeufs éparpillés partout. Grrr!!!
Nous aurons tout de même une belle consolation le matin puisque l’équipe du Ministère passera en revue tous les nids et ouvrira ceux qui sont en retard d’éclosion. Dans deux d’entre eux, les petites tortues essaient de sortir en vain. Ils les aideront à sortir de leurs coquilles et les metteront à l’eau.
Seulement 1% d’entre elles atteindront l’âge adulte. Bon courage les filles!!!
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En fin d’après-midi, Les Content, une autre famille française envoyée par les Dalton, arrive sur la plage. Ils sont entre de bonnes mains avec nous. Nous leur racontons tout de notre humble savoir sur les tortues de mer acquis depuis deux jours.
Nicolas commence son tour de garde avec Benoit. Deux agents du Ministère de l’Environnement sont également présents. La plage est bien surveillée .
Cette nuit sera un festival puisque l’on assistera à la ponte de trois tortues en VIP. Nous serons aux premières loges en jouant les assistants des agents du Ministère de l’Environnement:  à l’arrière de la tortue à compter les oeufs pondus (de 80 à 100 en moyenne). Pendant ce temps, ils les baguent et les mesurent. Quelle nuit! On se couchera à 5 h du matin après avoir dégusté un petit verre de Pisco.
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Quelques jours plus tard, nous arrivons à Mindo, un petit village près de Quito d’une riche biodiversité. On s’offre le luxe de bivouaquer dans le lodge tenu par deux français originaires de Vannes, anciens voyageurs ayant posé définitivement leurs valises ici. Sébastien a construit un véritable paradis. Au programme, farniente sur la terrasse où on admire le vol des colibris et plongeon dans la piscine.
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Puis, nous irons visiter la ferme des papillons qui explique tout leur processus de reproduction. Les filles sont ravies car les papillons se posent sur leurs mains (on les a aidé avec un peu de bananes dont ils raffolent).
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Nous filons ensuite à Otavalo réputée pour son marché artisanal. Je le parcours en duo avec Charlotte. Clémentine est malade depuis la veille et je laisse volontiers Lisa en compagnie de Nicolas.
Le marché est immense. Il présente toute une partie “nourriture à consommer sur place” comme en Bolivie avec toutes les bonnes odeurs qui accompagnent ces stands. Puis, arrive la partie fruits et légumes aux couleurs chatoyantes, et enfin, les innombrables allées d’artisanat. Comme en Bolivie et au Pérou, l’envie d’acheter est forte. Lorsque l’on apprécie les tissus et les objets colorés, il est difficile de résister. On achètera quelques souvenirs au meilleur prix. Je suis très contente de mes négociations lors de ce marché. N’ayant pas à dire toutes les minutes “Ne touche pas à ça”, j’avais l’esprit au clair pour obtenir le meilleur prix.
En conclusion, nous aurons passé un mois en Equateur. C’est un pays d’une incroyable diversité que ce soit au niveau des paysages (montagnes, volcans, forêts, plages, îles…) qu’au niveau de la faune. On ne peut que vous inviter à y aller!!!
De son côté, Nicolas gardera en souvenir les nombreuses routes sinueuses à fort relief. Au bout de 12 mois de conduite dans les Andes, il commence sérieusement à se fatiguer et on peut le comprendre.
Conseils aux voyageurs:
-observation des baleines de juin à octobre à Puerto Lopez : nombreuses agences sur le port (prix normal 26 US$/personne. En basse saison, nous avons négocié à 15 US$/personne)
-la plage de San Lorenzo: ceci n’est pas un endroit touristique, les tortues viennent y pondre car c’est un lieu paisible. On peut y observer la ponte des tortues d’août à décembre la nuit. SVP, ne pas les déranger (lampe frontale  lumière rouge) et respecter le travail de protection du Ministère de l’Environnement. Bref, soyez discrets et respectueux. Si vous n’êtes pas un amoureux de la nature et espérez seulement un selfie, passez votre chemin.
-La Bicoq à Mindo est un endroit très agréable. En revanche, leurs prix sont élevés en comparaison des prix pratiqués dans le reste de l’Equateur. Camping: 7 US$/personne si on reste deux nuits. Le prix pour les enfants est de 5$!!! Ils ont des cabanes à 29 US$.

Equateur #2: 30 millions d’amis en Equateur

Equateur #1: c’est le bonheur !

Du 29 septembre au 18 octobre 2016
Que connaissons-nous de l’Equateur, ce petit pays andin coincé entre le Pérou et la Colombie? Pas grand chose, il faut bien l’avouer. Si son célèbre voisin le Pérou lui a volé la vedette sur le plan touristique, il n’a pourtant rien à lui envier.
Le pays nous a surpris par son niveau de développement. Le réseau routier est en très bon état y compris dans les provinces les plus reculées ce qui nous a ravi puisque nous avons pu nous aventurer facilement jusqu’en Amazonie, un de mes coups de coeur du voyage.
Aussi bien les habitations privées que les bâtiments publics respirent la vie et l’envie. L’envie d’avancer, l’envie de créer, l’envie d’imaginer un monde meilleur. Toute une campagne de communication du gouvernement le rappelle d’ailleurs sur la route. Le tourisme en Equateur rime avec splendeur, saveur et senteur. Bref, la recette du bonheur.
La nature est omniprésente dans ce pays et nous ne nous sommes pas fait prier pour l’apprécier. Nous avons commencé notre découverte par le parc national de Podocarpus. La saison des pluies s’est installée doucement, et chaque jour qui passe, nous avons eu le droit à notre déluge quotidien. Néanmoins, nous avons profité d’une accalmie pour effectuer un sentier de 5 km que l’on pensait facile. La balade a finalement plus relevé de l’escalade à certains moments, et à une randonnée dans la gadoue à d’autres. Un orage s’est brusquement levé lorsque nous étions au sommet pour marquer le bouquet final. Toutefois, le moral était au beau fixe, heureux d’être de nouveau au milieu d’une végétation verdoyante.
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L’Equateur, c’est comme la région parisienne mais pour d’autres raisons. Ici, on évalue les distances en temps au lieu de les compter en km. La faute aux innombrables volcans et montagnes qui s’étendent au centre du pays. On tourne, on monte, on tourne, on monte, de haut en bas, de gauche à droite, et on remonte…et ainsi de suite. Pendant ce temps, les vaches qui broûtent les verts pâturages nous regardent passer avec leur flegme habituel.
Il nous faudra un jour et demi pour rejoindre Cuenca, une très belle ville coloniale située au centre du pays. Cuenca s’est avérée une belle surprise. Mise à part une ou deux avenues un peu bruyantes à cause de la circulation, les rues sont calmes et agréables. La circulation est fluide, oublié le trafic compliqué et dense du Pérou accompagné de son lot de klaxons incessants.
On flânne dans les rues et sur la place centrale. On lève les yeux vers la Cathédrale, les corniches peintes, les balcons, les boiseries et les façades colorées.
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Nous passons le jour suivant à la Laguna Lliavuco dans le parc national Cajas. Cette fois-ci, on se divise et je pars en duo avec Charlotte pour un tour du lac. On s’allonge sur le ponton, serrées l’une contre l’autre, et on laisse la chaleur du soleil nous réchauffer la peau ainsi que le chant des oiseaux et le bruit du vent nous caresser les oreilles. On est tellement bien. Plus loin, un troupeau de chevaux et de lamas pâturent dans le champ au milieu des collines. L’endroit est reposant.
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Puis, on repart pour une journée de routes sinueuses afin d’arriver au parc national Sangay à 3500 m d’altitude. Le lendemain, au petit matin, le ciel est toujours aussi chargé de nuages et la bruine est également de la partie. Nous décidons finalement de partir vers l’Amazonie dans la journée.
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Comme cela avait été le cas au Pérou pour aller au Macchu Picchu, il nous a suffi de descendre le col, et une trentaine de km plus loin, les températures ont bien remontées. L’accès a été facile même si parfois, le long de la route, on a deviné la violence de certains torrents qui se déversent pendant la saison des pluies. A quelques endroits, la route est abîmée par les éboulements voire des pans entiers se sont effondrés. Nous sommes satisfaits de retrouver la végétation luxuriante de la jungle, les palmiers et les bananiers. J’ai hâte de m’y enfoncer un peu plus. Nicolas, lui, n’est pas très enthousiaste, il sait qu’il lui faudra endurer la chaleur, les moustiques, les bestioles…
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Premier bivouac en Amazonie à Macas
Nous commençons notre aventure en Amazonie par la visite du refuge des singes à Puyo. Les petits singes sont curieux et viennent nous quémander à manger.
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Nous nous installons ensuite à Puerto Misahualli dans les jardins du lodge tenu par les femmes de la communauté Sinchi Warmi. Un endroit magnifique construit par 13 femmes “vaillantes” et 3 hommes de cette communauté pour prendre les choses en mains et apporter des ressources nouvelles à leur communauté et familles. L’initiative est plus que réussie. Un vrai havre de paix.
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Là-bas, j’apprends à confectionner un bracelet artisanal. L’activité commence dans le jardin où nous allons récupérer la fibre d’une plante “Pita” que nous colorons ensuite avec une autre plante. Encore quelques minutes de travail et notre fil pour réaliser le bracelet est prêt.
Le lendemain,  nous participons à l’atelier de découverte du chocolat avec une autre famille. L’ensemble des participants est plus qu’attentif et motivé. Comme la veille, l’atelier commence à la plantation de cacao où nous récupérons les fèves. Elles doivent sécher ensuite pendant trois jours. Puis, elles sont grillées pendant 1/2 heure. Après les avoir écossées, les hommes s’activeront au broyeur pour les moudre à plusieurs reprises. Il faut avoir de bons biceps pour la dernière mouture. On a ajouté ensuite du lait en poudre, du sucre de canne, un peu de vanille. La poudre de cacao est enfin prête. Nous l’avons mélangée avec du lait et le temps de la dégustation était enfin arrivé. La fondue de chocolat avec l’ananas et la papaye n’a pas fait long feu.
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Méliza nous appliquera ensuite un masque au chocolat ce qui ne manquera pas de faire rire les enfants.
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Nous avons passé le reste du temps soit à nous baigner dans le bassin soit à se reposer dans les hamacs situés dans l’espace détente à l’étage. Le paradis.
Le lendemain matin, nous nous baignons dans les eaux de la cascade Latas. L’eau rafraîchissante est bien appréciable pour combattre la chaleur. Les rives du rio sont le refuge des papillons qui s’en donnent à coeur joie autour de nous. Notre préféré est un gros papillon bleu. On découvre aussi un énorme mille-pattes noir et orange. Ici, les insectes se parent de leurs plus belles couleurs. Nicolas s’est même laissé piquer par un moustique tellement il était beau.
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Plus tard dans l’après-midi, sur la route de Coca, Big Mama fait des siennes. La pédale de l’accélérateur est de plus en plus dure et le ralenti ne fonctionne plus. Big mama qui reste en sur-régime fait un boucan d’enfer. La nuit tombe, et on finit par bivouaquer sur le parking d’un poste de santé d’une communauté. Nicolas est obligé de le faire caler pour arrêter le moteur. L’ambiance est maussade ce soir là.
Le lendemain, dès le petit déjeuner terminé, Nicolas a les mains dans le cambouis. Ni connaissant pas grand chose, il décide de commencer par nettoyer tout le système lié à la pédale, puis de le graisser. Et ça marche, la pédale et le ralenti fonctionne correctement. C’est un Nicolas d’excellente d’humeur qui sera à nos côtés ce jour-là fier de sa victoire. Bravo!!! Il s’offrira même le luxe de prendre une petite douche avec l’eau d’une cascade le long de la route.
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Nous arrivons à Coca, dernière ville avant l’immensité de la forêt qui se déploie devant nous. Je rêve de m’y enfoncer  en suivant le rio Napo. Malheureusement, le prix pratiqué par les agences est extrêmement élevé. On se consolera par une activité de deux heures en compagnie d’Henrique, un chaman (docteur de la forêt) de la région et de sa femme. Ils nous parleront de leurs cultures Kichwa et Waorani dont ils sont originaires. Henrique nous présentera les plantes médicinales et culinaires de la forêt et leur utilisation. Il affirme qu’elles peuvent soigner 95% des maladies y compris certains cancers. Les plus sceptiques seront étonnés. Moi, j’y crois. Je suis impressionnée par tout ce savoir qui lui a été transmis par ses ancêtres. Nicolas aura même le droit à une cérémonie de lavage pour purifier son corps et son esprit. Les effets n’ont pas été spectaculaires les jours suivants. Comme je lui ai dit: “vu ton état de stress chronique, il te faudrait au moins une séance par jour pendant un mois!!!”.
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J’ai un petit pincement au coeur en quittant l’Amazonie car c’est une région que j’ai beaucoup aimé tant par la tranquillité et la beauté de la province que par la sympathie et la paisibilité qui se dégagent de ses habitants. Mais, il nous faut avancer, la fin de l’année approche.
On passe rapidement dans la région de Banos où nous nous arrêtons à la cascade “Pailon del Diablo”, une cascade impressionnante par son débit d’eau et sa taille. Un passage est aménagé sous la roche pour s’approcher au plus près d’elle et s’offrir le luxe d’une bonne douche froide. On s’est bien amusé.
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Le même jour, nous parcourons une centaine de km pour arriver à la laguna del Quilotoa à 3800 m d’altitude. Nous avons encore nos maillots de bain, gardés du matin. Dehors, les locaux sont en châle et en bonnets. Nous avons perdu beaucoup de degrés et nous ressortons les gilets et les couettes. La nuit s’annonce fraîche.
Le lendemain, Nicolas accomplit seul le tour de la laguna pendant 4h30. Avec les filles, on se contente d’une légère balade, elles sont en mode repos depuis leurs derniers efforts au Pérou.

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Conseils aux voyageurs:
-lodge communidad Sinchi Warmi à Puerto Misahualli : nuit en camping pour 2 personnes : 10 US dollars
Nombreuses activités à prix correct et équipe très sympa

Equateur #1: c’est le bonheur !

Pérou #5 : entre désert, mer et montagnes
 
Du 15 au 28 septembre 2016
Après Nasca, nous poursuivons notre traversée de la côte péruvienne complètement désertique. Aussi étrange que cela puisse paraître,  c’est au milieu de ce désert, que se trouvent également plusieurs zones de culture (grâce à l’irrigation) dont les vignes qui produisent le Pisco. Nous avions déjà goûté la précieuse boisson au Chili, mais il est, parait-il, meilleur au Pérou. Nous faisons donc un arrêt à la cave El Catador pour une présentation de la méthode traditionnelle suivie d’une dégustation. Comme nous l’avions fait au Chili à la cave Concha y Toro, les filles regardent un dessin animé pendant que l’on s’attarde au bar devant un pisco sour. Tout le monde est satisfait!!!

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Joël et Sofia, tous les deux guides à la cave, nous invitent à dîner chez eux. Après le repas, ils viennent visiter Big Mama. Sofia est surprise du niveau de confort que nous avons dans un tel espace. Notre mode de fonctionnement quotidien est finalement similaire. En effet, il n’y a pas l’eau courante dans leur ville. Un camion citerne passe chaque matin pendant deux heures.  Chacun apporte ses tanks et ses bidons à remplir. Ils sont habitués ainsi et personne ne semble rien avoir à redire (on se dit que certains français devraient passer des vacances ici, histoire d’arrêter de se plaindre pour tout et n’importe quoi…)
La nuit dans leur rue aura été sommaire. Il y a beaucoup de coqs au Pérou, et ils sont particulièrement nombreux et insomniaques dans le voisinage de Sofia et Joël. Leurs horloges internes sont dérèglées et on a subi le rock and roll des gallinacés pendant une bonne partie de la nuit.  J’en aurais bien guillotiné un ou deux cette nuit là. Pour clôre le tableau, il y a une voiture qui fait une marche arrière à 6 heures du matin avec en bonus, le must du tunning, la Lambada comme alarme de recul. On ne l’avait pas encore entendue, la version la plus courante étant une sorte de cuccaracha. Cultissime…
Après un petit déjeuner copieux, nous quittons Joël, Sofia et Emilio qui nous avaient ouvert la porte de leur maison si généreusement la veille.
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C’est avec les traits tirés que nous entrons dans la péninsule de Paracas. Je ne sais pas si c’est à cause de notre humeur, ou bien si c’est à cause des chantiers en construction à chaque point de vue, mais, elle ne nous laissera pas un souvenir impérissable.
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Nous quittons la côte masquée par un brouillard hivernal pour nous rendre dans la Cordillère blanche. Habituellement, les voyageurs y viennent pour visiter des lagunes en altitude ou faire du trekking. De notre côté, nous poserons Big Mama au camping Guadalupe à Caraz.
Nous nous sentirons si bien dans cet havre de paix que nous n’aurons envie de ne rien faire si ce n’est nous reposer et profiter des joies du wi-fi rapide. Nous sommes contents d’être au calme et à l’abri du regard des péruviens. Il faut dire qu’ils sont parfois pénibles et envahissants. J’avais lu sur plusieurs blogs que les enfants blonds aux yeux bleus faisaient l’objet d’une attention particulière avec des demandes fréquentes de photos. Je vous laisse imaginer quand vous avez un enfant répondant à cette description accompagné de deux enfants noirs. Ils sont dingues. Nous sommes montrés du doigt, photographiés et soumis à de nombreuses questions. A un moment donné, j’ai pensé à leur mettre des masques comme faisait Mickaël Jackson avec ses enfants (ce qui, par ailleurs, aurait été tout à fait crédible puisque Nicolas fait très bien le Moonwalk).
Bref, 4 nuits se passent sans que nous n’arrivions à décoller. Nous naviguons sur le web à outrance,  nous n’avons pas à vider la boîte à caca, nous prenons des douches tous les jours. Des vacances, en somme.  Heureusement, la corvée de lessive est là pour nous remettre dans le droit chemin.
Le dernier soir, nous avons la surprise de voir nos amis belges, Valérie et Thomas, rencontrés déjà à deux autres reprises, nous rejoindre ainsi que deux autres français, Coraline et William, qui eux, voyagent à moto. Une bonne soirée bière s’annonce.
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Ensuite, nous campons dans le canyon del Pato, réputé pour ses nombreux tunnels creusés dans la roche et sa route qui longe les parois abruptes des montagnes. Nicolas est presque déçu car les sensations sont moins impressionnantes du fait que la route est désormais asphaltée. Monsieur aurait préféré une bonne vieille piste!!!
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Ce détour rafraîchissant par les montagnes est terminé. Il est temps de retourner dans le désert, et plus précisément sur le site archéologique  de Chan Chan qui abrite la plus grande cité précolombienne en adobe (terre) d’Amérique du Sud.
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Après cette visite, nos pensées sont désormais tournées vers l’Equateur, pays qui fait l’unanimité auprès de la communité de voyageurs. Mais avant, il nous reste à accomplir les derniers centaines de km le long de la panaméricaine.
Dans notre imaginaire, lorsque l’on pense au désert, on se représente ce paysage comme la nuit où nous avons bivouaqué dans le désert, cachés de la route par une dune de sable.
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Malheureusement, la réalité au Pérou est aussi toute autre. Le long de la panaméricaine, ce sont des tonnes de déchets qui sont éparpillés sur le bas côté voire des décharges à ciel ouvert en plein désert. Le Pérou est, dans certaines provinces, un pays sale où la population jette quotidiennement ses détritus et ses gravas à même le sol. Je me souviens d’un dimanche où j’avais voulu me promener sur une plage. La balade avait été de courte durée. Des milliers de crabes déambulaient entre deux cadavres de lions de mer et des tas de déchets présents sur la plage (barquettes et autres déchets en plastique). Ils jouaient leur rôle de charognes. Le tableau était écoeurant, l’odeur encore plus. Avec la marée, une partie de ces déchets étaient emportés vers la mer. C’est pas le Pérou!!!
 
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Espérons que le gouvernement péruvien se donnera les moyens de mettre en place une politique active de gestion des déchets. C’est le souhait de Gonzalo, le propriétaire du camping où nous avons passé notre dernière nuit au Pérou. Nous sommes seuls à profiter des bienfaits de la piscine située au milieu d’un superbe parc arboré et décoré des oeuvres de Gonzalo fabriquées à partir de matériaux récupérés bien sûr!!!
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Conseils aux voyageurs:
– Bodega El Catador (Fundo 3 esquinas #104, Ica) : visite et dégustation gratuite (anglais et un peu français). Aucune pression d’achat.
Camping Guadalupe à Caraz (à l’entrée de la ville en arrivant du sud) : 15 soles/personne
– Camping Porta verde à Piura (secteur université S05.152507 W080.611195 ) : 10 soles/personne

Pérou #5 : entre désert, mer et montagnes

Pérou #4: vol au-dessus des lignes de Nasca

Pérou #4: vol au-dessus des lignes de Nasca

Du 13 au 14 septembre 2016
Ce matin-là, nous sommes arrivés de bonne heure au petit aéroport de Nasca pour utiliser le wi-fi, et éventuellement, négocier les prix de vol. Les choses se sont bien déroulées et nous avons embarqué à bord d’un Cesna à 16h. Nous n’étions encore jamais montés dans un aussi petit appareil. Il n’y avait pas de vent ce jour là heureusement pour nous. En effet, les guides de voyage recommandent de ne pas trop manger avant car le vol dans un petit avion peut-être secouant s’il y a des turbulences. De même, l’avion se penche régulièrement à droite et à gauche pour que nous puissions bien admirer les lignes et les géoglyphes. Sensations fortes garanties!!!
Nous avons vécu une expérience inoubliable tant par le vol qui est spectaculaire que par les lignes et les géoglyphes tracés au milieu de la pampa. Un autre mystère d’Amérique du Sud…
Les lignes et les figures sont situées sur un plateau désertique. Elles ont été dessinées sur le sol ou gravées sur la roche entre l’an 300 et l’an 900 après JC par la “civilisation de Nasca” en utilisant des cordes, des piquets et l’avant-bras comme unité de mesure. Du ciel, nous apercevons ces tracés qui se chevauchent, ces formes géométriques et ces dessins qui atteignent parfois une centaine de mètres.
C’est toute une carte, qui se présente sous nos yeux, n’ayant pas encore révélé tous ses secrets. Maria Reiche, une mathématicienne allemande, a étudié ces figures pendant toute sa vie. Selon elle, il s’agissait d’un calendrier astronomique permettant d’enregister le mouvement des astres et de repérer les alignements du soleil et de la lune pour calculer les saisons.
Allez, on vous emmène avec nous!!!
La vidéo n’est pas d’excellente qualité à cause de la vitre de l’appareil. Néanmoins, elle donne un bon aperçu des sensations vécues pendant le vol. Il faudra se reporter sur les photos pour apprécier les géoglyphes à leur juste valeur. 
Près de Nasca, nous avons également visité le cimetière de Chauchilla qui comprend douze tombes avec plusieurs momies et squelettes. Nicolas y tenait beaucoup.
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Un dernier petit tour aux miradors et au musée Maria Reiche, puis, nous empruntons cette fameuse panaméricaine qui traverse le désert.

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Carte des lignes et géoglyphes établie par Maria Reiche

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Le bus de Maria Reiche
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Pérou #3: en route pour le Machu Picchu

Du 1er au 7 septembre 2016
 
La Vallée Sacrée des Incas
Nous n’avons pas chômé durant cette semaine. Avant de nous diriger vers le Machu Picchu, nous avons entamé la visite de la Vallée Sacrée des Incas. Le billet touristique, qui permet l’entrée sur 4 sites, est valable deux jours. A cela, nous avons ajouté la visite du site des Salinas autant dire que les levers ont été matinaux.
Nous commençons par le site de Pisac et ses magnifiques terrasses. Les incas avaient le don de choisir les plus beaux endroits pour y construire leurs cités.

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Puis, nous enchaînons avec le village de Chinchero. On monte, on descend et ainsi de suite…
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Les terrasses en amphithéâtre de Moray sont également splendides. On ne se lasse pas de les contempler.
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A seulement quelques kilomètres de Moray, se trouve une montagne bien atypique avec ses 4000 bassins permettant l’exploitation du sel. On regarde les ouvriers travailler du haut de notre point de vue. La blancheur de la montagne est éblouissante.
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Allez, on garde le rythme, il nous reste à découvrir la forteresse de Ollantaytambo. Une fois encore, la vue sur la vallée est splendide. C’est ici que Manco Capac, le chef Inca, remporta sa dernière bataille contres les espagnols avant de battre en retraite dans la jungle à l’issue d’une deuxième bataille. Que de sang coulé pour de l’or et des territoires!!!
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De retour à Big Mama, nous fêtons l’anniversaire de Lisa. 6 ans d’énergie diabolique, ça se fête!!!
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A la question: est-elle timbrée? La réponse est oui.

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Machu Picchu 1-Machu Picsou 0
Nous commençons notre périple vers le Machu Picchu. Il existe plusieurs moyens de s’y rendre dont le plus répandu est le train. Le hic est que le billet coûte 120€ par personne, la ligne la plus chère au monde. Pas fous ces péruviens. Business is business.
Nous choisissons donc une voie alternative plus longue, plus sportive, mais beaucoup plus sympathique. L’étape n°1 consiste à se rendre jusqu’au village de Santa Teresa avec Big Mama. La route traverse des paysages fascinants avec le passage d’un col à 4350m. Au sommet, le brouillard domine et la neige recouvre le sol. Nous passons ensuite du pic enneigé à la végétation tropicale quelques kilomètres plus loin dans la vallée. De Santa Maria à Santa Teresa, Big mama  a fait sa chevauchée fantastique pendant 25 km sur une piste défoncée mais praticable.
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Pause déjeuner pendant que Big Mama se repose
 
Arrivés à Santa Teresa, nous nous installons dans un camping où nous laisserons Big Mama pendant notre visite du Machu Picchu.
Le lendemain, nous entamons notre trek jusqu’à Aguas Calientes ou Machu Picchu pueblo. Cette fois, aucune mule ne portera nos affaires. Ce sont Nico et moi qui nous y collons. Les filles porteront chacune leur sac de couchage. En route!!! Déterminés et sûrement aussi parce que nous sommes des grands malades (dixit Cyriac), notre objectif est de parcourir 10 km pour arriver à l’usine Hydroelectrica puis 9.5 km le long de la voie ferrée jusqu’à Aguas Calientes. Nous sommes nombreux à privilégier ce chemin. Le garde nous indique que ce sont 400 personnes qui passent ici chaque jour. D’ailleurs, la balade est plutôt sympathique au coeur des bananiers et de la végétation tropicale. Nous contournons la montagne et le fleuve Urubamba. Chaque marcheur se presse le long de cette mythique voie ferrée.
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Nous avons choisi de camper au camping municipal qui accueille un repère de voyageurs en sacs à dos. Un endroit idéal pour écouter les récits de voyage de chacun.
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Charlotte qui nous raconte l’histoire de Roule galette
 
Le lendemain au lever, il pleut et le Machu Picchu est complètement caché par le brouillard. On part tranquillement à 8h pour les 1h de grimpette. Une fois de plus, nous avons choisi la marche plutôt que le bus pour des raisons budgétaires (45 US$ tout de même), mais également parce que nous avons envie de prendre notre temps. Le Machu Picchu est un site mythique qu’on a rêvé, imaginé. Au delà de la cité inca, c’est tout une chaîne de montagnes au coeur de la jungle tropicale qui est impressionnante et magnifique. Il est nécessaire de s’en imprégner, de digérer cet environnement. Personnellement, si nous étions arrivés par le train et le bus, puis visités le site en 3h et repartis, nous aurions été déçus parce que nous aurions consommé trop rapidement.
La montée des marches nous a semblé facile après Choquequirao excepté pour Clémentine qui n’était pas très motivée ce matin là. Nous resterons 5h sur le site à déambuler parmi les ruines et à les contempler. Que de mieux à faire dans cette cité grandiose…
Je garderai tout de même une préférence pour Choquequirao. En effet, Machu Picchu avec ces milliers de touristes sur l’IKEA trail (c’est le nom qu’on lui a donné car il n’y a qu’un seul sens de visite ce qui nous a énervé plus d’une fois), ce va et vient incessant des bus, je n’ai pas retrouvé ce côté mystique de la cité perdue qui m’avait tant plus à Choquequirao.
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Le soir, nous partageons un bon moment autour d’un feu avec d’autres campeurs français.
Pour le retour, nous serons un peu moins téméraires. Nous ferons à nouveau les 9.5 km qui mènent à Hydroelectrica, puis, nous prendrons un taxi pour retourner à Santa Teresa. Il fait chaud et nous avons hâte de nous prélasser au camping!!!
Avec tous ces petits sous sous qui ne sont pas allés au Machu Picsou, on s’est offert un petit plaisir depuis. Vous le découvrirez  dans le prochain épisode!!!

 
Conseils aux voyageurs:
-Camping municipal d’Aguas Calientes: 15 soles/tente
-Taxi Santa Teresa/Hydroelectrica: 5 soles/pers
-Entrée au Machu Picchu: 128 soles/pers (Gratuit pour les moins de 8 ans)
-Camping La Hacienda à Santa Teresa (10 soles/véhicule camping sans électricité, sans wi-fi et douches froides mais propre et bien tenu)
Pour rejoindre Santa Teresa, la route est asphaltée et neuve jusqu’à Santa Maria. Il faut ensuite parcourir 25 km de piste jusqu’à Santa Teresa (défoncée mais praticable, peut-être périlleuse en saison des pluies). On peut laisser son véhicule au camping La Hacienda (10 soles/jour) ou continuer jusqu’à Hydroelectrica. Il y a un parking près d’un restaurant où il est possible de le laisser (15 soles/jour).

Pérou #3: en route pour le Machu Picchu

Pérou #2: Le trek de Choquequirao: “Si ta volonté te dépasse, dépasse ta volonté”

Du 26 au 30 août 2016
 
Ce sont les “Happy six en Amérique”, une famille ch’tis rencontrée sur la Carretera austral au Chili qui nous avait parlé de ce trek. Leurs quatre enfants avaient parcouru les innombrables kilomètres pour découvrir la cité inca de Choquequirao. L’envie était née. Nous nous étions alors dit: “Por qué no?”
Pour les non-initiés, Choquequirao est “la soeur du Machu Picchu”. Ces ruines sont situées à 3 100m d’altitude, à flanc de montagne, au-dessus des gorges du fleuve Apurimac. Cette cité est beaucoup moins populaire que sa grande soeur. La raison: pour y monter, il n’existe qu’un seul moyen, la marche à pied pendant deux jours. Les moins téméraires seront calmés d’office!!!
En effet, depuis le village de Cachora, il convient de parcourir 31 km dont la descente d’un canyon et la remontée avec un dénivelé de 1500m. Une fois la visite réalisée le troisième jour, il faut mobiliser ses derniers efforts pour accomplir les 31 km en sens inverse. Un régal…
1er jour:
Nous commençons le trek le 26 août, jour de l’anniversaire de Nicolas. Nous nous levons aux aurores pour préparer notre matériel de camping et la nourriture pour les cinq prochains jours. Nous avons rendez-vous à 8h chez Celestino, qui tient une petite entreprise de muletiers. Il est, d’après ses dires, le pionnier du trek de Choquequirao. Nous faisons la connaissance de Vicente, le muletier qui nous accompagnera pendant ces 5 jours de randonnée. En effet, une mule portera tout notre équipement et deux chevaux seront la monture des filles.
Vicente, quant à lui, part avec un simple sac à dos qui semble bien vide. Nicolas est un peu en stress: “J’espère qu’il ne fallait pas lui prévoir une tente. Il ne va pas dormir avec nous?”.
Je demande à Vicente s’il a tout ce qui lui faut pour la nuit: “Oui, m’assure-t-il”. Etrange, nous verrons bien plus tard. Il est pieds nus dans ses sandales ce qui détonne avec nos chaussures de randonnée.
Une fois l’équipage prêt vers 9h, nous commençons à parcourir les 11 km qui nous séparent du mirador de Capuliyoc. Les filles sont enchantées de monter sur les chevaux.
 
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Vue sur les montagnes depuis Cachora
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Préparation des chevaux et de la mule
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Le grand départ
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Pause sur le mirador de Capuliyoc
 
Après une rapide pause déjeuner, nous entamons la descente du canyon jusqu’au fleuve Apurimac. Les filles doivent marcher car la descente est périlleuse à cheval. Il est vrai que le sentier est caillouteux et escarpé.
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A 4 h de l’après-midi et plus de 20 km de marche, nous arrivons enfin au fleuve. La fatigue s’installe. Nos jambes tremblent. Nous avons mal aux genoux à forcer sur nos appuis depuis plusieurs heures d’autant plus que nous avons retenu les filles pendant toute la descente pour éviter qu’elles ne glissent sur les cailloux.
Il y a un camping à cet emplacement et nous savons qu’il est de coutume de dormir ici le premier soir.
Malheureusement, Vicente nous annonce qu’il n’y a pas de nourriture pour les mules à cet endroit. Nous devons commencer l’ascension du canyon (50 virages!!!) jusqu’au camping de santa Rosa baja. Malgré la fatigue, nous n’avons pas de temps à perdre. Le soleil se couche dans deux heures soit le temps imparti pour réaliser la montée.
Les filles montent sur les chevaux. Je prends un cheval, Vicente l’autre et nous entamons l’infernale montée. Nicolas reste en arrière pour digérer l’annonce de Vicente et contrôler sa haine de l’instant…
Au bout de 2 km, je m’arrête quelques secondes, à chaque virage, pour reprendre mon souffle. J’ai des crampes. Qu’importe, je sais que le camping est à la cime de la première montagne. Il n’y a pas le choix, il faut avancer avant que la nuit tombe.
Puis, la délivrance arrive à la vue du camping. Nous sommes soulagés. On monte les tentes, on mange et on se couche.
J’ai dû mal à trouver le sommeil pendant cette première nuit. Le sol est dur et nos matelas ne sont pas très épais. Je suis aussi un peu inquiète pour le lendemain. Aurions-nous surévalué nos capacités physiques?
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Campement à Santa Rosa baja
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2ème jour:
Nous quittons le camping vers 7h. Les 41 virages de grimpette se succèdent. Cette fois-ci, le physique et le souffle sont bien meilleurs que la veille. Le rythme est bon. Nous arrivons au camping de Marampata en 2h.  Au programme, repos pour le reste de la journée.
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Nous plaisantons avec Nicolas car les campings où Vicente nous emmène sont rudimentaires.
Le matin, la gérante du camping de Santa Rosa m’avait annoncé que le camping de Marampata était idéal pour se reposer: “Il y a des espaces verts, des toilettes et une douche”. On se dit: “Chouette, une douche au bout de deux jours de marche nous fera le plus grand bien”. La déception est grande lorsque nous arrivons. La pomme de douche est installée dans des anciennes toilettes turques. Inédit comme système, si tu tires la chasse, tu peux te laver les pieds. Il faudrait peut-être déposer un brevet!!!
Quoiqu’il en soit, la robinetterie est défectueuse. Bref, nous nous contenterons du tuyau d’eau extérieur. Se brosser les dents et se laver les pieds au milieu des poules est une expérience inédite.
Après dîner, je demande à Vicente où il dormira car nous ne l’avons pas vu monter sa tente la veille. Cette question continue de nous tarauder.
Tel Lucky Lucke, il dort à même le sol de la salle commune (grange). Les couvertures et l’attelage des mules constituent son lit. C’est le cas de la plupart des muletiers qui sillonnent ces montagnes.
Quelle vie! Dans ces villages ou hameaux reculés au fond des montagnes,  les habitations sont sommaires. Le sol est en terre battue et le feu est allumé dès le matin pour préparer le petit déjeuner. Les cochons d’inde vivent dans les maisons. Les muletiers se lèvent à des heures incroyables et se relayent sur ces sentiers abruptes pour approvisionner la population. La vie est rude. C’est une vie de cowboy, de liberté totale sans le rêve américain. Respect…
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3ème jour:
Vicente reste au camping à s’occuper des chevaux. Quant à nous, ce sont encore deux heures de marche dans des montagnes russes qui nous attendent pour enfin arriver à la cité de Choquequirao. Les filles sont motivées car nous leur avons dit que la ville contenait un trésor caché. A peine arrivées, elles déambulent dans les ruines à la recherche du fameux trésor.  En effet, trois médaillons du soleil y sont présents. Ils n’ont jamais été découverts…
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Départ matinal pour Choquequirao
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Vue depuis notre campement à Marampata
 
Nous avons la journée pour découvrir la ville. Heureusement, car le site est grand. Une nouvelle fois, c’est grimpette and co qui nous attend, notamment, pour contempler les terrasses lamas. Ces terrasses construites à flanc de montagne sont incroyables. La vue sur le fleuve est spectaculaire. On peut dire que les incas avaient une maîtrise de la montagne, des cuisses en béton, et en aucun cas le vertige.
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Plus tard, nous prenons notre temps, assis sur la place principale à apprécier ce lieu, à absorber sa spiritualité. De toute la journée, nous avons seulement croisé 6 personnes. C’est notre récompense. Choquequirao, ça se mérite!!!
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4ème jour:
Le lever à 5h du matin pique. La nuit a été froide, trop froide pour que je trouve le sommeil. Nicolas démonte les tentes pendant que nous prenons le petit déjeuner dans la grange. Une longue journée de marche nous attend. A 6h, nous commençons le chemin en sens inverse.
A 10h, nous arrivons près du fleuve. Le soleil chauffe. Nous traversons le pont pour commencer l’ascension. Elle fait peur cette ascension. De l’autre côté du canyon, nous avons observé pendant toute la matinée le sentier en lacets.
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Un tronçon du sentier
Les filles montent sur les chevaux et c’est parti. Je tiens le cheval de Charlotte. Le chemin est escarpé et rocheux. A plusieurs reprises, j’ai des sueurs froides. Pourquoi faut-il que les chevaux et les mules choisissent toujours le chemin le plus près du précipice? Je dois tenir le rythme pour rester devant mon cheval. Nicolas a préféré garder sa place en arrière.
Je tiens le coup. La difficulté du premier jour est dépassée. Nous arrivons au campement dans l’après-midi bien en avance. Nous sommes fiers de nous.
Cette fois-ci, la douche au fond du jardin est correcte. Froide certes, mais salvatrice après 4 jours de randonnée. Un cochon gratte le sol à côté de moi pendant que je prends ma douche. Rien d’anormal jusque là.
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Pause au dernier campement
 
5ème jour:
Lever à 5h. Ces réveils matinaux sont difficiles. Toutefois, chaque lever de soleil est une récompense. Par ailleurs, la motivation est là car nous savons que nous devons remonter au mirador de Capuliyoc avant que la chaleur ne s’installe. Vicente ne déjeune pas ce matin. Il m’annonce qu’il n’a pas dormi de la nuit à cause d’une rage de dent. Je lui donne un doliprane. Dans mes pensées, je me dis que ce serait bien qu’il se brosse les dents de temps en temps tout de même.
Le doliprane doit lui faire du bien car il avance comme un lapin aujourd’hui. Nous traînons derrière. Arrivés au mirador, c’est la délivrance. Les 11 km restants pour arriver à Cachora nous semblent une broutille par rapport à ce que l’on vient d’accomplir.
Nous en avons bavé à certains moments. Toutefois, ce trek restera un souvenir inoubliable. Choquequirao est une cité mystique réellement perdue au milieu des montagnes.
Les filles ont  assuré car elles ont descendu les pentes à pied et n’ont pas eu peur à cheval. Elles ont adoré dormir dans les tentes et ont gardé leur bonne humeur même lorsqu’il fallait se lever à 5h. Lisa n’ayant ni le physique ni le mental d’un sportif a traîné, a râlé mais a fini par avancer n’ayant pas vraiment le choix de toute façon.
Vicente se sera très bien occupé de nous. Sans lui, l’épreuve aurait été impossible.
Bilan sportif:
Environ 65 km réalisés et deux fois 1500 m de dénivelé.
Bilan humain:
Nicolas: mal de dos
Vicente: mal de dent et orteil blessé
Moi: ampoule géante et multiples piqûres de moustiques

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Le moral des troupes est toujours présent pour fêter l’anniversaire de Clémentine.

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Conseils aux voyageurs:
Cachora est à environ 4h de route de Cusco vers l’Ouest. Il est possible de laisser son véhicule en toute sécurité sur la place du village devant le commissariat. Une autre option consiste à aller en véhicule jusqu’au mirador de Capuliyoc. En échange de quelques soles, vous pouvez le laisser devant le petit magasin. Un gain de 22 km aller-retour!!!
Au village, il y a de nombreux muletiers qui vous proposeront leurs services. A vous de voir. Vous pouvez également louer du matériel de camping et réaliser vos derniers achats de nourriture. Dans chaque camping, on pourra vous préparer des repas et des boissons. Les prix sont bien sûrs plus élevés qu’aileurs eu égard à l’éloignement.
Le trek est bien balisé. Il est possible de le réaliser avec ou sans muletier. Il continue ensuite jusqu’au Machu Picchu (7 jours au total).
Coût:
-entrée de Choquequirao: 55 soles/pers. Ils ont voulu faire payer les enfants mais nous avons négocié la gratuité.
(gratuité au Machu Picchu jusqu’à 8 ans)
-muletier et 3 chevaux pendant 5 jours: 600 soles (prix négocié)
-camping: 5 soles/tente soit 40 pour l’ensemble du trek
Soit 202€

Pérou #2: Le trek de Choquequirao: “Si ta volonté te dépasse, dépasse ta volonté”

Pérou #1: Nos premiers pas de Puno à Cusco

Du 16 au 24 août 2016
Puno, la ville la plus antipathique d’Amérique du Sud
Après un passage rapide à la frontière, c’est au tour du Pérou de s’ouvrir à nous. Nous prenons la direction de Puno, la ville la plus proche. En effet, comme à chaque arrivée dans un nouveau pays, il nous faut nous procurer la monnaie nationale. Nous devons également souscrire une nouvelle assurance pour Big Mama.
La ville de Puno n’est pas attrayante. Elle a pour seul intérêt d’être au bord du lac Titicaca. C’est d’ici que partent tous les tours sur les différentes îles du lac. Nous garderons un mauvais souvenir de cette ville bondée de touristes en plein mois d’août, où chaque péruvien essaie d’obtenir sa part du gâteau en grappillant quelques billets aux gringos.
De notre côté, nous ferons l’objet d’une demande de contribution financière d’un pseudo chef de village originaire en contrepartie du bivouac. Le lieu ressemblait davantage à un affreux village en périphérie de Puno. De même, la police de la ville nous demandera une contribution pour manger en échange de nous avoir escortés sur le parking sécurisé de la ville. Dans les deux cas, comme dirait un de nos copains: “négatif”. Etrangers, oui. Pigeons, non.
Une grande envie de quitter la ville au plus vite nous parcourt alors. Néanmoins, j’ai promis aux filles d’aller visiter les îles Uros construites uniquement en roseaux. Je pars donc avec Clémentine et Charlotte pour la matinée tandis que Lisa et Nicolas restent au camion. Un intermédiaire essaiera de m’extorquer une contribution lors de l’achat du ticket pour le bâteau. Décidément, la moutarde me monte au nez.
Les filles sont comblées par cette visite. Quant à moi, je la qualifierais de “Disneyland sur les îles Uros” tant la visite est une mascarade dont le seul objectif est de nous vendre de l’artisanat hors de prix. La communauté vivant sur ces îles se décrédibilise totalement dans sa façon de gérer le tourisme et dans son manque d’authenticité. Heureusement, les îles en roseaux sont jolies et la lumière sur le lac est toujours aussi sublime. Une drôle de sensation de douceur nous parcourt lorsque nous nous déplaçons sur ce sol de “totora”.
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Puno
Après une rapide visite aux ruines de Sillustani, nous faisons une dernière halte salutaire sur les berges du lac Titicaca dans la péninsule de Capachica.
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Vue depuis les ruines de Sillustani
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Plage de la péninsule de Capachica
Le canyon de Tinajani
Il y a des endroits incontournables, inscrits sur notre parcours depuis longtemps. Puis, il y a les autres, que nous découvrons au détour d’un chemin. Ce fut le cas du canyon de Tinajani où nous avons passé deux agréables journées à nous balader et à admirer la vue spectaculaire.
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Bivouac au canyon de Tinajani
Le temple de Wiracocha à Raqchi
Nous arrivons au Pérou avec la ferme intention de percer tous les mystères de la civilisation des Incas. Nous commençons par la découverte du temple de Wiracocha à Raqchi, de très bonne heure pour être seuls sur le site.
La veille au soir, nous avons dévoré les fromages achetés plus tôt dans une fromagerie. Nous commencions à être furieusement en manque à tel point que notre pensée favorite au cours de la journée était de rêver d’une bonne raclette. C’est toujours le cas, mais l’envie est  devenue un peu moins oppressante!!!
 
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Le temple de Wiracocha (Dieu du soleil)
Cusco, le nombril du monde
Nous y voici, Cusco, ancienne capitale de l’empire Inca. Nous élisons domicile au camping de la ville où nous retrouvons nombre de voyageurs européens motorisés comme nous. Un vrai salon du véhicule d’aventures est installé à nos côtés.
Le lendemain, nous déambulons dans la ville entre ruines Incas et monuments à la gloire des conquistadores.
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La plaza de Armas, the place to be
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Vue depuis les jardins du monastère de Santo Domingo
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Tetris chez les incas
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Plaza San Blas
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Vue générale de Cusco
Nous profitons également de la ville pour effectuer un énorme ravitaillement au supermarché et réaliser nos derniers achats de camping. Prochain objectif: le trek de Choquequirao!!!

Pérou #1: Nos premiers pas de Puno à Cusco